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Julien Lemarchand, un business man à l'âme de compétiteur
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Julien Lemarchand, un business man à l'âme de compétiteur

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Compétiteur dans l'âme, l'entrepreneur Julien Lemarchand s'entraîne au quotidien en vue de réaliser un triathlon par an. En 2024, il s'est lancé dans les Swimrun, des manifestations comprenant course à pied et nage en eau froide. Il s'inspire volontiers de ces compétitions, mêlant endurance physique et mentale, pour répondre à ses objectifs professionnels.

Julien Lemarchand, entrepreneur lillois, a participé en octobre 2024 à la Gravity Race, une compétition mêlant course à pied et nage — Photo : Gravity Race

Startuper, sportif et père de famille. Julien Lemarchand s’attache à maintenir un équilibre entre ces trois piliers. "C’est la bonne alliance entre la vie professionnelle, personnelle et sportive qui me permet de rester serein", constate-t-il. Dans le quotidien de cet entrepreneur quadragénaire, ex- fondateur et dirigeant de Saveur Bière et aujourd’hui à la tête de la start-up lilloise MobiusPack (5 salariés), cela se traduit par la pratique très régulière de différents sports. Avec une règle : ne pas y déroger. "Je n’accepte jamais d’invitation à déjeuner le mardi ou le jeudi, prévient-il, le mardi midi je rencontre ma coach sportive et le jeudi midi, je pratique le tennis durant deux heures".

À cela s’ajoute une séance de squash le vendredi, une séance de piscine en semaine, de course à pied le week-end ou de vélo, mais uniquement quand il fait beau. "Je considère que le sport doit rester un plaisir", sourit l'homme qui place pourtant la barre assez haut. Outre le fait d’évacuer le stress, ces sessions sportives constituent un programme d’entraînement pour ce dirigeant qui réalise un triathlon par an.

Une course en eau glacée

Chaque année depuis 2016, Julien Lemarchand se fixe un objectif ambitieux à la fois dans sa vie professionnelle, personnelle et sportive. Si l’objectif sportif est généralement un triathlon, l’entrepreneur s’est lancé cette année dans les Swimrun, des manifestations sportives durant lesquelles les participants enchaînent des parcours de natation et de course à pied répétés, avec un minimum de trois segments. "Je me suis inscrit à deux courses de ce type, la Swimrun des Gorges du Verdon, en juin dernier, et celle du Lac d’Annecy, baptisée Gravity Race, en octobre. Je pensais que l’eau ne serait pas tellement froide sur ces périodes, je me suis trompé, sourit-il. Elle était à 13 degrés en juin et à 15 degrés en octobre".

Cette dernière épreuve l’a particulièrement marqué. "C’était très mental. Il y avait au total 5,5 kilomètres de nage et 22 km de course à pied". Il se rappelle tout particulièrement un tronçon de nage de 3 km dans cette eau à basse température, dont il est sorti frigorifié. "Après ce tronçon, il a fallu enchaîner avec 200 mètres de course, avant de retourner dans l’eau pour 200 autres mètres, sans avoir eu le temps de sécher ni de se réchauffer, c’était vraiment difficile de trouver la volonté d’y entrer…" À l’issue de cette épreuve sportive, qui se réalise en combinaison de nage du départ à l’arrivée, Julien Lemarchand termine trentième sur 120, complètement engourdi par le froid. "Du thé chaud nous a été offert, je l’ai versé dans ma combinaison pour tenter de me réchauffer plus rapidement".

En 2024, Julien Lemarchand a nagé par deux fois dans une eau à la température inférieure à 15 degrés — Photo : Julien Lemarchand

Un travail sur le mental

Pour tenir sur ce genre d’épreuves, très mentales, Julien Lemarchand a quelques techniques bien rodées, développées avec l’accompagnement de coachs, qui s’apparentent presque à de la méditation. Au moment de les confier, il crayonne quelques croquis et dessine ici une boîte, là une sorte de crochet et enfin, deux petits points. Autant d’astuces qui lui permettent de tenir et d’oublier la souffrance du moment, quand le corps arrive au bout de ses limites. "Les deux points, dessinés sur le pouce et le petit doigt, me rappellent de faire un mouvement de pince quand je suis épuisée : si j’y parviens, c’est que je suis encore lucide. Le crochet me permet d’imaginer que j’harponne le coureur devant moi et que je me laisse traîner par lui, pour récupérer. La boîte de confiance contient des photos de moments d’extrêmes plaisirs sportifs, pour me motiver". À cela s’ajoute de l’autohypnose, sur des tronçons plats. "Je ferme à moitié les yeux, je déconnecte mon cerveau et je réalise une micro sieste".

Des compétions appliquées à l'entrepreneuriat

"Je suis très compétiteur de nature, poursuit-il, mes performances sont toujours meilleures en compétition que durant les entraînements. J’associe le sport à l’atteinte d’un objectif et à la réalisation d’une performance", analyse Julien Lemarchand, ce qui n’est pas sans parallèles avec sa vie d’entrepreneur. Ainsi, quand il a revendu en 2016 la société Saveur Bière, l’entrepreneur a mené les négociations comme une compétition sportive. "J’ai beaucoup travaillé à dépasser mes objectifs sur cette revente et j’y suis parvenu". Aujourd’hui, son challenge professionnel est de boucler la levée de fonds en cours pour Mobiuspack, qui développe une gamme d’emballages réutilisables en BtoB.

Julien Lemarchand et Victor Lescure développent MobiusPack, qui propose une gamme d'emballages réutilisables en BtoB — Photo : MobiusPack

Les challenges visés

Le sport, c’est aussi une coupure nécessaire dans une vie bien rythmée de chef d’entreprise, qui permet de lever le nez du guidon. "Le sport libère la pensée. J’ai pris mes meilleures décisions en regardant le carrelage de la piscine, durant les entraînements", lance-t-il sur un ton amusé. Parmi les prochains challenges sportifs qu’il aimerait relever, figure l’Ottilo Swimrun, une course qui démarre à l’arrière d’un bateau, les participants se jetant à l’eau en pleine nuit. Quant au challenge ultime, ce serait une participation à l’Iron Man, freinée pour l’heure par cette poursuite d’un équilibre entre vie sportive, professionnelle et de famille. Sans oublier le risque de blessure, qui viendrait rompre le charme. "Disons qu’en dessous de 6 heures d’efforts, une compétition reste drôle", conclut-il.

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