«Je transforme mes machines des années 50»
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«Je transforme mes machines des années 50»

Son défi Sur un secteur du textile sinistré, René Giroud, fondateur de la Société Tararienne de Rasage, modifie son outil de production pour séduire des marchés de niche.

«STR, installée à Pontcharra-sur-Turdine, a été labellisée Entreprise du patrimoine vivant en août2009. Ce fut un vrai soutien psychologique dans un marché du textile sinistré. Nous sommes passés de 450.000€ de chiffre d'affaires à la fin des années 90 à 170.000€ en 2010. Cette reconnaissance m'a incitée à mettre en valeur les savoir-faire de mon entreprise et surtout à impulser une démarche d'innovation. «Nous disposons d'une quinzaine de machines de rasage textile, dont certaines datent des années 50. Entretenues, toutes ces machines sont en parfait état de fonctionnement. Le rasage classique que nous effectuions autrefois est désormais parti dans les pays asiatiques. Pour créer de nouveaux débouchés, j'ai travaillé avec des mécaniciens et des électroniciens pour passer d'un rasage classique à un rasage à géométrie variable. «Le cahier des charges défini, nous avons fait des essais, avec des techniciens indépendants qui ont signé un contrat de confidentialité. Un ordinateur pour piloter des effets de hauteur dans le rasage des velours assiste une nouvelle motorisation conçue spécifiquement pour cette machine. Les dépenses ont été maîtrisées: 36.000€ ont été investis dont une partie financée par Oséo. «Nous avons fait connaître cette nouvelle technologie auprès de nos clients, des soyeux principalement, qui traitent avec le prêt-à-porter et les grandes maisons de luxe françaises. Le velours revient à la mode et cette technique de rasage à géométrie variable offre des possibilités d'effets que nos clients semblent apprécier. «Devant le succès de cette première transformation, je me suis penché sur d'autres évolutions. Dans la foulée, début 2010, j'ai modifié une raseuse des années 60, qui n'était plus en production, en déflotteuse. Cette technique consiste à prendre un tissu par l'envers, à en tirer les petits fils en les arrachant sans les couper. Nous avons été confrontés à des problèmes de lames en acier qui se cassaient. Le parallélisme de la machine a été remis en cause. L'obtention de la bonne technologie a été plus difficile que pour la première machine. Près de 64.000€ ont été investis, avec le soutien d'Oséo. «Je suis actuellement en train de transformer une troisième machine, toujours pour le rasage des velours. Les développements restent confidentiels. «Ces évolutions nous ont permis d'accroître notre chiffre d'affaires de 4% en 2010 en nous positionnant sur des marchés de niche et en séduisant des marques comme Chanel, via nos clients soyeux. «Et puis j'ai souhaité rendre l'outil de production de STR innovant pour la valoriser quand l'heure de la transmission sera venue. J'ai initié des contacts avec des groupes textiles régionaux qui pourraient prochainement reprendre nos savoir-faire, nos machines et nos innovations.»

STR



(Pontcharra-sur-Turdine) Gérant: René Giroud Chiffre d'affaires 2010: 170.000euros 2 salariés @email

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