« Je me suis fait escroquer 2 millions d'euros »
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« Je me suis fait escroquer 2 millions d'euros »

Négoce L'une des sociétés de Jérôme de la Rivière a été victime cet été d'une arnaque aux virements bancaires. Des escrocs ont réussi à subtiliser à cet entrepreneur bordelais, 2 millions d'euros en abusant sa comptable et sa banque.

C'est ce qu'on appelle l'arnaque aux virements bancaires ou l'arnaque au président. Son scénario est classique et a déjà touché de nombreuses entreprises françaises depuis 2010 : un faux président qui usurpe l'identité du patron et un faux technicien spécialiste des virements bancaires qui abuse de la confiance d'une personne au sein d'une entreprise qui a accès aux comptes, souvent la comptable. Le tout se passe au téléphone.






Un faux technicien, une usurpation d'identité

C'est ce qui est arrivé cet été à Jérôme de la Rivière. Cet entrepreneur bordelais dirige deux sociétés de négoce, l'une fait commerce de matières premières, l'autre de gros électroménager. Ces deux entreprises travaillent principalement à l'export et utilisent beaucoup les virements internationaux en dollar et en euro.




Lors d'un déplacement en Chine

« Ces escrocs ont réussi à nous piquer 2 millions d'euros en un week-end sans qu'on s'en rende compte », explique médusé Jérôme de La Rivière. Tout a commencé un vendredi matin fin juin. « J'étais en Chine. À Bordeaux, ma comptable reçoit l'appel d'un type qui se fait passer pour un technicien de la banque. Il lui explique qu'il doit faire un test sur le logiciel SEPA. Son discours est cohérent et ma comptable ne s'inquiète pas outre mesure. Une heure après, un autre gars appelle, cette fois pour expliquer le test, et lui dit qu'il rappellera lundi pour qu'ils fassent ensemble l'appel des banques c'est-à-dire le relevé de la situation des comptes. Le lundi, le deuxième homme rappelle ma collaboratrice qu'il appelle par son nom. Il l'embrouille et la convainc d'attendre le mardi pour faire le test. Le mardi, à l'occasion du contre-appel de ma banque suite à un virement que soi disant j'aurais demandé d'effectuer, ma comptable découvre le pot aux roses. La banque a demandé à ma comptable de confirmer un virement demandé par M. Le Proux. Or Le Proux est bien mon nom de famille, je m'appelle Le Proux de la Rivière, seulement je n'utilise jamais ce nom. C'est là qu'avec la banque, elle découvre que l'entreprise a été escroquée. Deux virements de 1 million d'euros chacun ont été effectués vers un compte en Lettonie. Or je n'ai jamais ordonné ces virements. En fait la banque s'est fait avoir par des faux fax qui ont été envoyés par les escrocs. Mais ces escrocs étaient vraiment très bien informés, ils connaissent beaucoup de choses sur l'entreprise notamment les jours où nous effectuons les virements. Je ne sais toujours pas comment ils ont eu ces informations mais je soupçonne fortement une taupe au sein de la banque. »




En litige avec la banque

Mais l'affaire ne s'arrête pas là car si une enquête de police est ouverte pour escroquerie, Jérôme de la Rivière est également en litige avec sa banque. « J'ai demandé à ma banque la restitution des deux millions d'euros virés mais elle refuse car elle estime que je suis en faute. J'ai donc été obligé de les mettre en référé. Je suis victime dans cette histoire et ils me considèrent comme coupable. Mon entreprise n'a rien à se reprocher.

Personne chez moi n'a fait d'erreurs. Personne n'est entré dans mon système informatique. De leur côté Ils ont été abusés et peu sérieux dans leur contrôle. Ils auraient dû être plus vigilants surtout pour ce genre de montant. Ce compte en euros sur lequel le virement a été effectué n'a pas de découvert autorisé et était créditeur de 500.000 €. Comment ont-ils pu laisser faire deux virements de 1 million chacun.» En attendant que l'enquête de police soit close et que le tribunal statut, l'entreprise de Jérôme de la Rivière a donc un trou de 2 millions d'euros dans ses comptes et les escrocs eux courent toujours.

Fraudes et cybercriminalité

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