"J’ai repris un fournisseur et préservé son savoir-faire"

"J’ai repris un fournisseur et préservé son savoir-faire"

SON DÉFI Afin d’éviter la perte d’un fournisseur, Fabrice Rivière a repris la Chapellerie du Loir. Sur un marché du chapeau tendu, il entend développer l’export.

Mamori, une entreprise spécialisée dans la confection d’uniformes et de vêtements de travail. Nous avons repris la Chapellerie du Loir, aujourd’hui Kanopi, en juillet 2009. À l’époque, nous avions un marché potentiel pour la réalisation d’uniformes pour la compagnie aérienne Qatar Airways. Notre fournisseur en coiffes, la Chapellerie du Loir avait réalisé des prototypes, mais son propriétaire partait en retraite, sans repreneur. Nous perdions un prestataire et un savoir-faire. Or, cette entreprise a une vraie richesse avec des salariés qui ont en moyenne trente ans d’ancienneté. Ils ont de l’or dans les doigts. Aujourd’hui, l’entreprise possède deux segments d’activité : le feutre pour les coiffures dédiées à l’administration, à l’armée ou aux compagnies aériennes, et la cérémonie, où nous réalisons des chapeaux de mariée et de cocktails. Cette activité représente 80% du chiffre d’affaires de l’entreprise. C’est un secteur où nous ne connaissions rien lors de la reprise mais que nous allons travailler davantage. »

Des marchés difficiles
« Pour les coiffures administratives, nous dépendons des appels d’offres. Ce qui rend le marché aléatoire, d’autant que le regroupement des achats de l’Armée diminue nos chances d’obtenir un marché avec au moins l’une des trois armes. On se diversifie donc sur les appels d’offres internationaux. Reste le marché des compagnies aériennes du Moyen- Orient. Un marché intéressant vu que ce sont les derniers pays où les hôtesses portent quelque chose sur la tête pour des questions religieuses. Ce sont aussi des pays où les compagnies sont en développement et qui ont les moyens d’acheter français. Côté mariage, nous sommes sur un marché très concentré et très tendu. De 250.000 mariages en 2009, nous sommes aujourd’hui à 220.000. De plus, nous devons rester compétitifs face à la Chine, ce qui s’avère compliqué lorsque le coût d’un chapeau représente 80% de maind’oeuvre et seulement 20% de matière ».

Développer l’export
« Kanopi tire aujourd’hui son épingle du jeu sur la création. Nous créons chaque année une centaine de nouveaux chapeaux tout en réactualisant une cinquantaine de modèles. Actuellement, nous exportons 5% de nos produits. Je voudrais monter à 50% pour compenser les faiblesses du marché français, en nous tournant principalement vers la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Scandinavie, des pays à tradition chapeaux. Prochainement nous allons tester le marché anglais, avec notre identité, sans réaliser ce qui se fait sur place. Aujourd’hui, Mamori supporte Kanopi mais il y a des passerelles entre les deux sociétés avec des marchés ramenés par l’une et l’autre. Nous devons remettre l’entreprise sur les rails, la dépoussiérer et ouvrir la gamme ».

Propos recueillis par Cédric Menuet

KANOPI (Flée)
Dirigeant : Fabrice Rivière
CA 2010: 450 k€
8 salariés
02 43 44 37 37