«Je mène un projet social: celui de prouver qu'en France on peut bosser dans la sous-traitance avec des gens motivés. Ici, nous ne réalisons pas de produits propres. Nous sommes soumis à la conception des produits de nos clients, qu'il faut aller chercher. «Pour dépasser le risque fort encouru par EIA, dont l'activité dépendait étroitement de trois gros clients, une personne a été entièrement dédiée au développement commercial. J'ai pour objectif de diversifier le portefeuille en passant de 30 à 60 petits clients. Je souhaite travailler de façon encore plus soutenue avec les bureaux d'études qui ont besoin des services de la sous-traitance pour assurer leur production. «Lorsque j'ai repris l'entreprise, en juillet2010, son chiffre d'affaires s'établissait à 850.000€. Pour ce premier exercice, il atteint déjà 1,3M€. Il est vrai que nous avons eu la chance de renouer avec la croissance depuis septembre dernier. Mon objectif n'était pas tant de faire du chiffre d'affaires que de dégager de la rentabilité - autour de 200.00€ de résultat net annuel - en vendant mieux. J'ai donc commencé par recruter pour structurer l'équipe dirigeante, notamment un acheteur et un responsable méthode. Par chance, deux responsables de l'entreprise avaient envie de changement et ont adhéré au projet. Dans ces cas-là, il est essentiel de donner une vision aux salariés et d'impulser une nouvelle dynamique.
Une ligne de production
«Nous sommes fabricant de cartes électroniques. Nous réalisons des petites et moyennes séries. EIA offre des prestations de qualité. Ma première mesure a été d'organiser des réunions hebdomadaires. Puis nous avons entrepris un travail de formalisation de notre savoir-faire et de nos spécificités. Il est important de savoir ce que l'on vend! Il n'y avait pas de site internet, nous l'avons créé pour exister. «Pour gagner en réactivité et respecter nos engagements auprès de nos clients, j'ai ensuite décidé d'investir dans une nouvelle ligne de production. Parmi les autres mesures phares, j'ai mis en place un progiciel de gestion intégré, qui gère toutes les fonctions de l'entreprise, des stocks aux temps de fabrication. Car notre spécificité et notre valeur ajoutée viennent de notre main-d'oeuvre et non de la disponibilité des composants. Puis nous avons réorganisé les 800m² d'atelier et nous sommes passés au travail en équipe en recrutant une dizaine de personnes. C'est un gros changement pour les salariés dans une entreprise qui existe depuis 25 ans! «Il faut gérer la croissance, stabiliser les changements et développer notre valeur ajoutée en test et intégration pour fournir des sous-ensembles complets. Nous nous sommes aussi équipés d'une nouvelle gestion assistée de la production par ordinateur (GPAO) et menons une réflexion sur la redéfinition des processus, de sorte que la prochaine étape passera sûrement par des démarches de certification, notamment pour le médical. Et puis, il nous reste encore des investissements à réaliser! Mais c'est surtout le volet formation qu'il est difficile de tenir en période de croissance.
EIA
(Renage) P-dg: François Laurenceau 18 salariés CA 2010: 1,3M€ 04 76 65 36 15 www.eia-electronique.fr