L’ETI toulousaine Actia Group (4 000 collaborateurs, CA 2023 : 579,30 M€), spécialiste de l’électronique embarquée, achève la première phase de la transformation de son usine historique de Colomiers (300 salariés), afin d’améliorer sa performance. Engagé depuis janvier 2023 sous la houlette d’Olivier Miquel, le directeur du site (6 000 m2 de surface de production), ce plan mobilise un investissement de 5 à 7 millions d’euros sur 3 ans. À Colomiers, l’entreprise produit des calculateurs et des ensembles électroniques, notamment pour les camions, bus et cars, à partir de composants qu’elle achète.
Donner du sens aux salariés
La première étape de cette transformation consistait à réunir la production en un seul flux mettant en œuvre une succession d’opérations unitaires. Auparavant, elle était répartie par taille de séries et types de marchés autour de deux grands ateliers. “La crise des composants a été très difficile pour l’industrie électronique et, en matière de supply chain, nous avons souhaité évoluer pour avoir plus d’agilité, plus de maîtrise et de flexibilité, explique Jean-Louis Pech, le président d’Actia. Cela a été le premier moteur dans cette volonté de transformation. Cette réorganisation géographique de l’usine par métiers vise aussi à donner du sens à chacun de nos salariés. En tant qu’ETI, nous cherchons toujours à mettre l’humanité au cœur de l’entreprise. Depuis cinq ans, les crises se succèdent de façon dramatique dans le monde et, pour y faire face, la première ressource d’Actia, c’est la mobilisation de ses salariés, leur capacité à s’adapter et à trouver des solutions.”
La digitalisation au service de l’humain
La deuxième étape de la transformation de l’usine, programmée en 2025, va passer par l’optimisation de sa digitalisation et la robotisation des flux. “Souvent, la digitalisation est au service d’une vision process globale et non pas au service du métier, poursuit le dirigeant. Nous allons faire en sorte qu’elle soit au service de l’humain et pas l’inverse, afin que l’homme ne devienne pas le robot de la machine. Grâce à elle, chacun des salariés pourra bien définir les datas dont il a besoin pour améliorer sa performance métier.” La troisième phase, elle, donnera lieu au rapatriement de la logistique, actuellement assurée depuis un entrepôt qu’Actia loue dans la zone industrielle de Fondeyre à Toulouse.
À la clé, la construction d’un nouveau bâtiment industriel de 4 000 m² sur le site de Colomiers (26 000 m² de terrain). “Nous disposons aujourd’hui sur ce terrain d’un local de stockage qui n’est plus tout à fait pertinent et d’une maison qui a été transformée en atelier de réparation, indique Catherine Mallet, directrice générale déléguée d’Actia. Nous allons tout raser et construire un bâtiment industriel adapté à notre usage. Nous procédons étape par étape parce que nous ne pouvons pas tout porter en même temps. L’objectif est d’être dans un rythme constant d’investissement pour ne jamais perdre le fil de la technologie.”
Un contrat majeur avec Traton
L’ETI entend ainsi se donner les moyens d’accompagner la croissance du secteur spatial (elle conçoit et fabrique en particulier de complètes solutions intégrées pour les télécommunications par satellite) et d’absorber la mise en production, en 2028, d’un contrat majeur récemment remporté dans le “software defined vehicle” (SDV) pour les poids lourds du groupe Traton (Scania, MAN…). “Il s’agit de répondre aux nouvelles architectures électroniques des camions de demain, qui serviront à mettre à jour les véhicules”, précise Jean-Louis Pech.
Impactée au premier semestre 2024 par la baisse d’activités de ses clients “grandes séries” (engins agricoles, engins de chantier, poids lourds), Actia enregistre un recul de 3,2 % de son chiffre d’affaires (279,50 M€ vs 288,70 M€ au premier semestre 2023) mais maintient sa feuille de route à moyen terme, à savoir atteindre 800 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027.