C’est une double bonne nouvelle pour le territoire angevin en ce début d’année : la friche Valeo et ses 16.000 m² - inoccupés depuis juillet 2014 - ont trouvé preneur et l’entreprise Intercosmétiques qui s’y installe investit 8,5 M€ sur le site. Ce discret sous-traitant en produits cosmétiques, créé en 1986 avec 13 salariés, emploie actuellement 250 personnes à Beaucouzé et affiche une croissance de 20% sur son dernier exercice clôt à 31,3 M€.
Une antenne aux États-Unis courant 2016
Impossible de révéler les noms des prestigieux clients nationaux et internationaux pour lesquels la PME angevine fabrique crèmes, lotions, shampoings, rouges à lèvres et fonds de teint. L’univers est très concurrentiel et les grandes marques communiquent peu sur le sujet. Mais le secteur de la sous-traitance made in France en cosmétique est porteur et notamment à l’étranger. Intercosmétiques qui réalise plus de 6,2 M€ à l’export - en Europe et Amérique du Nord principalement ainsi qu’en Asie, Amérique du Sud et au Moyen-Orient - affiche de fortes ambitions à l’international. Un des axes stratégiques du groupe cosmétique Alkos (51 M€ de CA, 500 salariés) qui regroupe également les sociétés et unités de production Alkos Cosmétiques à Boulogne-sur-Mer (crayons de maquillage, 110 salariés) et Sagal (savons et déodorants) près de Chartres. Après avoir accéléré son développement sur l’Europe en 2015 à partir d’une équipe basée à Paris, le groupe ouvrira un premier bureau cette année aux États-Unis. Son président, Dominique Vautier, table déjà sur une seconde ouverture en 2017 en Amérique du Sud suivie à plus long terme de la création d’un bureau en Asie. « Nous participons à des salons à l’étranger mais, jusqu’à présent, nous n’avons pas d’implantation hors de France. Pour le groupe, l’export est en forte croissance. Alkos Cosmétiques, qui est le dernier fabricant de crayons de maquillage français y réalise 70% de son chiffre, Intercosmétiques 20%. Le made in France, surtout dans un secteur comme la cosmétique, a une bonne image à l’étranger.Si on veut vendre à l’export, il faut faire la promotion du made in France. Nous, on y croit et on le revendique.»
70% de l’activité sur la création de nouveaux produits
Autre axe stratégique pour Intercosmétiques : la sous-traitance technologique. « Nous n’avons pas de marque, mais nous avons un laboratoire en interne où nous développons des formulations pour de nouveaux produits », explique Franck Dechâtre, directeur de l’usine angevine. Des produits que le fabricant vend comme complément de gamme aux marques et à la MDD. « Avant, on proposait une capacité de production, aujourd’hui on propose des produits », souligne Dominique Vautier. Une activité qui pèse désormais 70% de son chiffre, le reste étant constitué de sous-traitance dite capacitaire, pour absorber les pics d’activités de ses clients. Une croissance de 40% pour le groupe sur les 3 dernières années Ce nouveau virage est pris en 2011 alors que le groupe Alkos - constitué en 2008 - se prend de plein fouet la crise et affiche des pertes de volumes de l’ordre de 20 à 30%. « Entre 2009 et 2012, nous avions des résultats négatifs, jusqu’à -800.000€ en 2012, se souvient le P-dg. Il y a eu un plan de licenciement. Le retournement a eu lieu en 2013. Aujourd’hui, nous dégageons un bon résultat d’exploitation d’environ 3 M€.» Un beau redémarrage qui s’est concrétisé en 2014 avec l’arrivée au capital du fonds parisien MBO Partenaires, devenu majoritaire suite à cette opération. Doté d’une nouvelle direction générale fin 2010, le groupe a structuré ses équipes de direction et commerciale. Il a également investi sur son outil industriel avec notamment l’acquisition d’équipements destinés à la création de produits. En 2012-2013, une nouvelle ligne de rouges à lèvres (NDLR le produit qui tire l’activité de l’entreprise avec les produits de soins) entièrement automatisée a été installée sur le site d’Intercosmétiques. Une stratégie industrielle de modernisation du parc machines qui a « amélioré la productivité », note Dominique Vautier et un investissement de « plusieurs millions » pour le groupe qui affiche une croissance de 40% sur les 3 dernières années et table déjà sur une hausse de 11% de son chiffre sur 2016.
Un nouvel outil industriel pour l’été 2017
Avec son déménagement dans les ex-locaux Valeo de la Roseraie prévu pour l’été 2017, le façonneur angevin se dote d’une nouvelle capacité industrielle et d’une nouvelle image. L’outil actuel, éclaté sur 3 sites à Beaucouzé sur 11.000 m², était devenu trop petit pour accompagner le développement de l’entreprise et aucun agrandissement n’était possible. 8,5 M€ sont investis dans ce projet qui inclut l’achat du site Valeo et sa réhabilitation pour pouvoir accueillir une activité exigeante en terme de normes liées aux bonnes pratiques de fabrication et à la sécurité des consommateurs. « Nous avons l’obligation d’avoir un traitement d’air maîtrisé, mais il existe aussi des réglementations spécifiques sur la qualité de l’eau utilisée. Il faut de la résine sur les sols, plafonds et murs pour qu’ils soient lavables…, détaille Dominique Vautier. Pour l’instant, Valeo est un "grand hall". On va construire une "boîte" à l’intérieur de l’usine. » Les travaux démarrent début 2017, « peut-être plus tôt », espère la direction. Les deux bâtiments (1.700 et 5.400 m²) de Beaucouzé dont le groupe est propriétaire seront cédés. « Valeo, c’est la meilleure solution pour notre activité actuelle et future. Nous partons sur un bâtiment de 16.000 m² qui offre des possibilités d’extension d’au moins 5.000 m² supplémentaires.Et si notre croissance se poursuit, nous aurons des besoins en matière de recrutements.»