Loire
Innovation et excellence, les deux ingrédients du succès du fabricant de caramels Nigay
Loire # Agroalimentaire # Innovation

Innovation et excellence, les deux ingrédients du succès du fabricant de caramels Nigay

S'abonner

Depuis sa création en 1855, l’ETI familiale Nigay a toujours fait de l’innovation et de l’excellence les deux ingrédients phares de son succès. Une recette que le fabricant de caramels entend bien poursuivre dans ses nouveaux projets avec l’arrivée à la tête de l’entreprise de la sixième génération.

Yves et Henri Nigay entouré de la cinquième sixième génération composée de Thomas, Agnès et Vincent — Photo : © Nicolas Robin

Innovation et excellence. Depuis 170 ans, le fabricant ligérien de caramels Nigay applique cette même recette. Une recette qui a permis à l’entreprise familiale ligérienne (350 salariés ; 140 M€ de CA) de devenir le leader européen sur son marché et l’un des principaux acteurs mondiaux avec pas moins de 450 références de caramels.

Un budget R & D multiplié par deux d’ici 2030

"Nous créons 20 à 25 nouvelles références par an, nous avons 5 thèses en cours, 10 publications dans des journaux scientifiques internationaux et nous consacrons un million d’euros par an pour soutenir la recherche dans les nouveaux procédés de fabrication, les méthodes d’analyse et la nutrition", détaille Coraline Baudet, responsable marketing et communication du groupe.

D’ici à 2030, l’ETI familiale projette de doubler son budget R & D pour rester compétitif. "Nous avons de plus en plus de concurrents sur le plan international. On se doit de rester innovant, c’est dans notre ADN", justifie Coraline Baudet.

De la féculerie au caramel

Un ADN que la famille Nigay cultive depuis toujours. Féculerie à sa création en 1855 par Jean-Marie Nigay et Antoine Ray, l'entreprise installée à Feurs étend son activité à production de sirop de glucose avec Joseph Nigay en 1910. Après la guerre, Nigay connaît des années fastes grâce au développement des cultures de la pomme de terre dans la Plaine du Forez et dans les Monts du Lyonnais. L’entreprise se tourne ensuite vers la culture intensive de la pomme de terre dans le nord de la France pour pouvoir s’alimenter suffisamment. Cette réorganisation impacte la glucoserie qui s’arrête en 1969.

Cuve pour la fabrication du caramel — Photo : Nigay

En 1973, François Nigay décide de reconvertir l’activité dans la fabrication de caramels en rachetant la société parisienne Mombron et Bon, spécialisée dans les caramels aromatiques et colorants. Un pari risqué qui s’avérera payant.

Chimie et conquête internationale

Diplôme de chimie en poche, Henri Nigay rejoint son père François au sein de l’entreprise en 1984. Son expertise contribue à la montée en puissance du premier laboratoire de recherche (créé en 1976). "J’ai entamé un travail important sur le développement des caramels épaissis. C’est nous qui avons inventé la bonne "dégoulinabilité" du célèbre flan que tout le monde aime renverser. Cela nous a permis de pénétrer le marché de l’industrie laitière", se rappelle avec fierté Henri Nigay.

Pendant qu’Henri gère la recherche, son frère Yves, qui a rejoint l’entreprise dans le milieu des années 80, se charge de développer l’international. "Il a créé un service export et s’est entouré d’agents commerciaux. Aujourd’hui, nous comptons une cinquantaine d’agents et nous livrons dans une centaine de pays", précise Coraline Baudet.

Sous la direction de la cinquième génération, Nigay prend un nouvel essor et voit sa production passer de 3 000 tonnes par an en 1985 à 12 000 tonnes en 1992.

Les années 2000 sont, elles, marquées par le développement et la commercialisation des caramels spécialités qui accompagnent par exemple le beurre salé et que l’on retrouve dans les fourrages de pâtisseries ou autres. L’entreprise accélère aussi son développement dans les "Burn Sugar" que l’on retrouve dans les sauces et l’univers de la Pet Food.

Expansion dans les Hauts-de-France

Poursuivant sa stratégie de développement autour de l’innovation et de l’excellence, Nigay lance en 2004 les éclats de caramels et se dote 10 ans plus tard d’un 4e atelier de production à Feurs, dédié à cette activité. En 2019, l’ETI familiale, qui évolue désormais sur 4 segments (caramels aromatiques, colorants, spécialités et Burn Sugar), construit un deuxième site de production à Nesle, dans la Somme. Reliée par un pipe à une glucoserie de Tereos, cette usine permet à Nigay d’être au plus proche des sucreries. Sa localisation à proximité des ports de la Manche et de la mer du Nord offre aussi un avantage stratégique majeur à l’ETI ligérienne dans la perspective de la poursuite de son développement à l’international.

La future usine de production de Nigay sera implantée sur un site de 3 hectares à Saint-Quentin dans l'Aisne — Photo : Nigay

C’est dans cette même logique que l’entreprise, qui réalise 73 % de son chiffre d’affaires à l’export, a annoncé en janvier dernier la construction d’une troisième usine à Saint-Quentin dans l’Aisne (Hauts-de-France). Un investissement de 30 millions d’euros dont les travaux démarreront début 2026 pour une mise en service attendue en 2027. "L’idée est de nous rapprocher des matières premières mais aussi des axes de communication vers les ports européens et le canal Seine Nord Europe que l’on soutient", commente Henri Nigay.

Vers un modèle d’excellence et un nouvel atelier à Feurs

L’ETI ligérienne projette aussi d'investir sur son site de Feurs avec la construction d’un nouvel atelier dédié à "la spécialisation de certains caramels", indique Henri Nigay, qui prendra sa retraite fin 2025. Pour l’heure, l’entreprise familiale n’a pas communiqué de montant sur cet investissement ni de calendrier. "Nous avons d’abord des travaux de réorganisation des flux de circulation sur notre site et de redimensionnement de notre station de prétraitement", précise Coraline Baudet.

Des travaux qui s’inscriront dans la démarche d’excellence entreprise par le groupe via le modèle EFQM (European Foundation for Quality Management). Lauréat du prix Qualité Loire en 1997 et du prix qualité Rhône-Alpes en 199, Nigay a demandé à l’Afnor une évaluation pour concourir au niveau national. "Ils nous ont envoyé Erick Perruche l’ancien directeur qualité de l’aéroport Lyon Saint-Exupéry qui nous a dit "vous n’êtes pas mauvais mais vous n’êtes pas dans l’excellence". On a pris une sacrée claque ! Nous avons demandé à Erick Perruche de nous coacher sur le modèle EFQM. Nous sommes dans une phase importante de croissance. Ce modèle d’excellence doit nous permettre de nous structurer et de monter en puissance en faisant briller nos pépites", expose Henri Nigay.

Nouveaux indicateurs de performance, nouvelle façon de pousser les projets de l’entreprise vers l’excellence… Cette charge incombera dans l’avenir à la sixième génération, représentée par Agnès et Vincent, les enfants d’Yves Nigay, et de Thomas Nigay, le neveu. Depuis fin 2021, le capital du groupe a été restructuré pour accueillir le trio d’actionnaires actifs amené à poursuivre la saga familiale.

Loire # Agroalimentaire # Innovation # ETI