Immobilier : Sortir des sentiers battus?
# Conjoncture

Immobilier : Sortir des sentiers battus?

La pierre est traditionnellement la valeur-refuge des Français. Mais face à l'amoncellement des nuages tous azimuts, peut-être convient-il d'explorer des pistes novatrices ou peu connues.

Dans leur note de conjoncture de janvier, les Notaires de France préviennent que «2012 ne devrait pas être un bon cru», évoquant même un «tournant», clôturant une décennie euphorique. Ils tablent sur 700.000 à 740.000 transactions contre 880.000 espérées en 2011, avec une certaine résistance des prix attendus à Paris et sa couronne la plus proche ainsi que dans les villes les plus dynamiques de province et du littoral atlantique et méditerranéen. Pour le reste, l'évolution devrait être plutôt négative.




Se tourner vers l'immobilier commercial?

La promotion immobilière devrait subir les conséquences de la disparition du dispositif Scellier... à moins que le PTZ+prenne la relève en attendant éventuellement de nouvelles incitations fiscales de la prochaine législature. En contrepartie, les prix dans le neuf pourraient être à la baisse pour attirer les primo accédants. Le ralentissement économique a aussi des conséquences depuis septembre sur le marché locatif de bureaux avec des entreprises de plus en plus exigeantes vis-à-vis des bailleurs. Dans ce contexte, certains gestionnaires privilégient l'investissement dans l'immobilier commercial, un secteur toujours très prisé pour les emplacements de premier choix qui correspondent à l'évolution du comportement des consommateurs: centres commerciaux novateurs et centres-villes dans les villes phares. Reste qu'il n'est pas facile pour un particulier de se positionner en direct auprès d'investisseurs institutionnels au regard du ticket d'entrée qui se chiffre en centaines, voire en millions d'euros. D'où le recours à la pierre-papier, sous forme de parts de SCPI, par exemple. À cet égard, Cyril Lureau, P-dg de la plateforme sicavonline.fr, conseille de financer ce papier par l'emprunt compte tenu des taux bancaire encore très raisonnables.




Achat de la nue-propriété

Frédéric Chazal, enseignant à l'IUP de Caen, propose de son côté une piste originale dans un objectif de long terme en vue, par exemple, de compléter ses revenus à la retraite: l'achat de la nue-propriété d'immeubles "décotés" dont l'usufruit est confié à des bailleurs sociaux. Avantage: des prix très en dessous du marché (près de 40%) et un retour sur investissement garanti au terme d'une période d'indisponibilité sur 15 ans en général. Avec deux avantages fiscaux à la clef: la nue-propriété n'entre pas dans l'assiette du calcul de l'ISF - l'acquisition crée du passif mais pas d'actif -, et les intérêts de l'éventuel emprunt s'imputent sur les revenus fonciers.

# Conjoncture