Depuis Albi (Tarn), le mandataire et négociant Debard Automobiles (300 collaborateurs, CA : 300 M€) tisse sa toile pour couvrir le sol français de ses agences de vente de véhicules d’occasion ou zéro kilomètre. En 2026, il passe le turbo pour implanter huit nouvelles agences et atteindre 24 établissements d’ici la mi-2027. Le groupe créé en 1996 avec une première agence à Albi, a attendu 2004 pour ouvrir à Toulouse, puis 2012 au Mans (Sarthe). Il s’est étoffé depuis et compte désormais 16 agences locales, principalement dans le Sud-Ouest.
Angoulême ouvre en mars 2026, Laval en septembre
Première ouverture attendue cette année : Angoulême (Charente) démarrera son activité dès mars 2026 dans des locaux provisoires, en attendant un bâtiment neuf d’ici un an. L'agence de Laval (Mayenne) se construit et va ouvrir en septembre prochain. Suivront Trignac Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Châteauroux (Indre), Orléans (Loiret). Début 2027, le groupe posera ses voitures à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Carcassonne et Narbonne (Aude).
10 millions d’euros par agence
On ne parle pas ici de louer une baraque à frites, mais bien d’investissements lourds : pour chaque site, Debard Automobiles engage environ 5 millions d’euros pour l’immobilier et 5 millions pour le stock de véhicules, soit 10 millions d’euros. Ces huit agences nécessiteront donc de mobiliser 80 millions d'euros. Cela s’accompagne à chaque fois de l’embauche de 10 à 12 personnes sur place.
"J’ai commencé en 1996 avec rien, mais aujourd’hui, l’entreprise est riche. Cela convainc nos banquiers de nous accompagner. Nous avons trouvé un créneau porteur, malgré un marché difficile", commente le PDG fondateur, Eric Debard. Le groupe a vendu 16 000 véhicules à des particuliers en 2025, enregistrant une croissance de 15 % quand le marché s’est replié de 7 %.
La force du groupe : un stock de 4 000 véhicules
Ce succès commercial tient au positionnement choisi par Eric Debard : son groupe vend tout type de véhicules (voitures, vans aménagés et utilitaires) multimarques, issus d’achats en lots importés (à des constructeurs via leurs filiales) ou issus du marché national à l'unité (reprises de particuliers). "Contrairement à des concessions classiques, nous pouvons afficher des prix accessibles et nous avons du stock : 4 000 véhicules ", assure-t-il.
C'est l'achat en lots des véhicules, avec options et couleurs identiques, qui crée la différence de prix sur le neuf, par rapport au prix catalogue pour un concessionnaire vendant une voiture sur mesure. Quant au stock, "il est utile aujourd’hui puisque les gens achètent dans l’urgence, quand ils ont besoin d’une nouvelle voiture. C’est rarement un achat programmé", explique le dirigeant.
Avec cette autonomie, le groupe propose "ce que le client veut et non ce que les constructeurs imposent". Les centres sont dotés d’ateliers afin "d’accompagner le client même après l’achat du véhicule pour l’entretien".
À terme, une cinquantaine d’agences en France
La stratégie derrière cette opération de déploiement sort des sentiers battus. "Nous nous sommes fait connaître par des publicités nationales notamment avec l’ancien rugbyman William Servat pendant le tournoi des Six Nations. À la suite de cette publicité, les gens nous appelaient parce qu’il n’y avait pas d’agence chez eux. Alors, nous venons à eux, sourit-il. Bien sûr, cela se fait en fonction d’opportunités". Avant d'ajouter : "[Si l’on regarde la carte], on va finir la couverture du côté ouest de la France et à terme, nous pourrions quadriller tout le pays, soit une cinquantaine d’agences".
"Je mène des projets parce que ça m'amuse."
Autre argument pour poursuivre l'expansion : "Quand il y a des projets, cela tire tout le monde vers le haut", constate le dirigeant. Le dirigeant évoque aussi le plaisir d'entreprendre... "Je mène des projets parce que ça m'amuse", confie-t-il également.
C’est ainsi qu’Eric Debard s’est aussi associé aux Hôtels Saint-Louis via la holding du groupe. Cette branche hôtellerie compte cinq hôtels dans le centre de Paris, dont trois achetés cette année, et un à Miami Beach. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe (avec les filiales immobilières et hôtellerie) avoisine les 400 millions d’euros.