L’année 2024 aura été bien mouvementée pour l’entreprise brestoise Imeon Energy, qui conçoit des onduleurs intelligents avec batteries de stockage pour la production d’énergie solaire. La conséquence directe d’une crise des stocks qui a secoué toute la filière solaire européenne, et qui a fait chuter son chiffre d’affaires à 1,4 million d’euros, contre 2,7 millions d’euros en 2023. "Après deux années de très forte croissance, la chaîne d’approvisionnement a été déstabilisée par la surabondance de stocks chez les distributeurs. Cela a provoqué des décalages de commandes et une contraction temporaire de l’activité", analyse Christophe Goasguen, son président et fondateur.
Marge brute en hausse sur un marché chahuté
Dans ce contexte difficile, Imeon Energy, qui emploie 17 salariés, a su faire le dos rond. "Nous avons accompagné la reprise du marché dès le second semestre, avec une croissance de 49 % du chiffre d’affaires par rapport au premier semestre ", retrace le dirigeant. Côté finances, Imeon a renforcé sa flexibilité grâce à une levée de fonds lors de son introduction sur Euronext Access l’été dernier, tout en réduisant son endettement brut. Et si la société affiche une perte nette de 87 000 € au 31 décembre 2024, son taux de marge brute progresse pour atteindre 39 %.
Mais l’actualité d’Imeon Energy, c’est surtout le lancement de Neo, sa nouvelle génération d’onduleurs. " Nous avons franchi un cap technologique : le rendement global de la batterie dépasse désormais 97 % contre 90 % auparavant, et la robustesse a été nettement améliorée grâce à un boîtier en aluminium moulé et étanche ", détaille Christophe Goasguen, qui avance un retour sur investissement pour ses clients entre 5 et 10 ans. Une gamme qui permet aussi de doubler la puissance des systèmes et d’allonger la durée de vie des batteries grâce à l’IA, tout en maintenant les prix.
Ambitions à l’international et sur le marché industriel
Un saut technologique dont le développement a bénéficié du soutien de la Région, et qui ouvre de nouveaux horizons pour l’entreprise. " Nous adressons désormais plus de 50 % du marché mondial résidentiel, qui s’est déplacé vers des puissances de 5 à 6 kW. C’est un potentiel de croissance considérable que nous comptons exploiter", annonce le dirigeant. Une conquête commerciale qui passera par une relance de l’international, qui a représenté jusqu’à 70 % de l’activité avant la crise sanitaire, mais a fortement baissé depuis pour se recentrer sur le marché national. " Nous avons les cartes en main pour redevenir un acteur majeur à l’export. La dynamique réglementaire en faveur de l’autoconsommation solaire, notamment en France, nous conforte dans notre stratégie d’innovation ", estime Christophe Goasguen, qui vise l’ouverture de 5 à 10 nouveaux pays d’ici la fin de l’année, notamment en Europe et au Moyen Orient.
Autre levier de croissance : le marché industriel, sur lequel Christophe Goasguen compte accélérer pour passer de 10 % à 50 % de l’activité. "Nous commençons à recevoir des commandes pour équiper des systèmes de plus en plus gros, c’est très prometteur", confie le dirigeant. Pour soutenir cette montée en puissance, Imeon Energy compte quitter ses locaux de 1 200 m2 pour des locaux deux fois plus vastes à l’horizon 2026.