« L'entreprise est souvent questionnée sur son obligation d'emploi des travailleurs handicapés. Et vous, vous en êtes où ? Vous faites quoi ? Des prestataires nous sollicitent régulièrement. On essaye de rendre coupable l'entreprise. Comme beaucoup, j'ai payé ma contribution... Et puis, j'ai rencontré le club Osons l'égalité porté par Bénédicte Sauer. C'était une découverte pour moi. Un club proche des jeunes en situation de handicap qu'il accompagne : 166 en Bretagne, de 26 à 30 ans.
Un besoin de compétences
Toutes les entreprises, surtout quand elles grandissent, peuvent se retrouver "confrontées", même si je n'aime pas ce terme, à la personne en situation de handicap. C'est un vrai sujet et c'est l'une de nos responsabilités de dirigeants d'y être sensibles. J'ai d'ailleurs moins envie de parler de handicap que d'une entreprise qui a des besoins de compétences et de ressources adaptées. Nous sommes dans le rapprochement d'une compétence au besoin d'une entreprise et pas dans la culpabilité !
Gain de temps
Depuis sa création en 1996, notre société de services informatiques est en mode développement. L'arrivée du cloud est aujourd'hui un vrai relais de croissance. Nous embauchons fréquemment selon une politique de recrutement assez opportuniste, dans le bon sens du terme. A2Com a embauché Matthieu Méquignon, 26 ans, en apprentissage pour un poste de technicien de réseaux et systèmes. Nous nous sommes rencontrés par l'intermédiaire d'Osons qui nous a fait gagner du temps. À aucun moment, je n'ai entendu "obligation d'emploi" ! C'était à Matthieu de me convaincre. Nous avons parlé de projet professionnel, d'attentes de l'entreprise par rapport à son professionnalisme... Son recrutement s'est fait sur une culture et des valeurs communes, sans complaisance. Nous n'avons même pas parlé de son handicap, lié à un accident de moto.
Dédramatiser et s'adapter
Il faut dédramatiser ; l'entreprise s'adapte, par rapport au port de charges par exemple. Le cercle de l'entreprise s'adapte aussi. Il y a beaucoup d'a priori mais ce n'est pas insurmontable. Pour l'intégration de Matthieu, je n'ai pas fait de communication particulière. Il a eu le même protocole que les autres. Par contre, nous avons construit un livret d'accueil depuis, dans lequel il me semblait intéressant d'aborder ce partenariat avec le club Osons, qui nous a aidés à répondre avec audace à cette situation. Chez A2Com, nous avons une sensibilité importante à la relation humaine. En interne, cela est ressenti de manière très positive.
À refaire, sans modération !
A2Com est une PME qui a besoin de ressources, dans un secteur en pénurie. Nous sommes tout le temps en veille de nouvelles rencontres. Si nous pouvons coupler une compétence, une envie et une motivation à un besoin de l'entreprise, et que cela favorise en plus une situation particulière, alors cette équation me convient. À refaire, sans modération ! »
Propos recueillis par G.B.