Les entreprises d'insertion s'inquiètent du Projet de loi de finances 2026
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Les entreprises d'insertion s'inquiètent du Projet de loi de finances 2026

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Le projet de loi de finances 2026 envisage une diminution du budget attribué à l’insertion par l’activité économique, de l’ordre de 20 %. Le secteur compte 55 entreprises en Pays de la Loire et accompagne chaque année 6 000 personnes vers l’emploi. Ses représentants sont inquiets et craignent la perte de 20 000 postes en France et la disparition de 60 000 parcours d’insertion.

Antoine Laurent est le Délégué général de la Fédération des entreprises d’insertion — Photo : Fédération des entreprises d'insertion

Pour Philippe Bioteau, directeur de l’entreprise d’insertion par l’activité économique A Tout Métier, à Saint-Barthélemy-d’Anjou, le calcul est simple : "Pour un euro investi dans l’insertion au retour à l’emploi, on en reverse trois, en charges patronales, en taxes diverses ou encore en TVA, à laquelle nous sommes aussi assujettis. Et nous avons un turn-over de 50 à 60 % par an, ce qui signifie que plus de la moitié des personnes que nous accompagnons retrouvent le chemin de l’emploi."

Un secteur qui insère des salariés dans les métiers en tension

C’est sur la base de cet état des lieux que se mobilisent actuellement les entreprises d’insertion, au nombre de 20169 en France en 2024, qui craignent la disparition de 20 000 emplois et de 60 000 parcours d’insertion en France, avec le Projet de loi de finances (PLF) 2026, qui envisage de diminuer de 20 % le budget attribué par l’État à ce secteur.

"C’est une donnée comptable qui n’est pas un bon calcul sur le long terme, selon Antoine Laurent, délégué général de la FEI, la Fédération des entreprises d’insertion, venu rencontrer des acteurs du secteur en Maine-et-Loire, vendredi 7 novembre. Les 60 000 personnes qui ne suivront pas de parcours d’insertion resteront bloquées au chômage, alors que nous les insérons le plus souvent dans des métiers en tension, non délocalisables, ce qui est aussi un vecteur de développement économique local. La baisse de l’aide de l’État atténuerait fortement cette action."

Un modèle déjà fragilisé

En France, les entreprises d’insertion et entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTi) accompagnent chaque année environ 100 000 personnes vers l’emploi durable. "Le financement public de cette mission, selon la FEI, qui repose sur un système d’aides aux postes au montant variable, ne couvre que très partiellement leur mission d’insertion : 22 % du salaire des intérimaires en ETTi et 61,5 % du salaire en entreprise d’insertion."

Si les entreprises d’insertion ont vu leur chiffre d’affaires augmenter ces dernières années, grâce à une forte politique de soutien gouvernementale qui leur a permis d’investir, leurs marges se sont réduites. "Illustration, toujours selon la FEI, de la fragilisation de leur modèle économique dans un écosystème de plus en plus concurrentiel." Ce qui les fragilise, et leur fait craindre un avenir plutôt sombre, avec le projet de loi de finance 2026. La fédération demande donc au niveau national "un retour au budget au niveau de 2024 et à la préservation des 20 000 emplois menacés."

Un accompagnement jusqu’à 24 mois

En Pays de la Loire, on compte 55 entreprises d’insertion par l’activité économique qui accompagnent chaque année environ 6 000 personnes. À Tout Métier par exemple, propose à Saint-Barthélemy-d’Anjou des parcours d’insertion dans le secteur de la propreté, du bâtiment et des espaces verts. Avec au total 75 salariés.

A Tout Métier, forme des personnes éloignées de l'emploi dans les secteurs du paysage, du bâtiment et de la propreté — Photo : Fédération des entreprises d'insertion

"Nous menons des actions de formation en situation de travail, précise Philippe Bioteau, ce qui permet aux gens de développer des compétences qu’ils utilisent ensuite en entreprise classique. Mais avant de parler métier, nous effectuons aussi un accompagnement personnalisé sur des difficultés sociales à résoudre, qui sont un frein au retour à l’emploi pour des gens qui sont très éloignés du monde du travail." L’accompagnement, en moyenne d’un an à un an et demi, peut durer jusqu’à 24 mois, pour des personnes souvent sans diplôme ou qualification professionnelle initiale.

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