Haute-Loire
Hexadrone : "Nous allons sortir de l'artisanat pour entrer dans l'industrie"
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Alexandre Labesse PDG et fondateur d'Hexadrone "Nous allons sortir de l'artisanat pour entrer dans l'industrie"

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Le fabricant de drones Hexadrone vient de lancer la construction de son centre de production et siège social à Saint-Férréol-d'Auroure, en Haute-Loire. Un investissement de près de 1,5 million d'euros qui devrait lui permettre d'enfin décoller.

Alexandre Labesse va investir 1,5 million d'euros dans la construction du bâtiment qui va lui permettre de lancer la production de son drone. — Photo : Audrey Henrion

Vous venez de lancer la construction de votre site de production, un projet que vous portez depuis 2018. Comment se fait-il que vous ayez mis près de trois ans pour le faire aboutir ?

Alexandre Labesse : C’est bien beau d’avoir un bâtiment industriel mais s’il n’y a rien dedans à produire, cela ne sert pas à grand-chose. Nous avons préféré nous concentrer d’abord sur le développement et la mise au point de notre drone Tundra, grâce notamment aux 800 000 euros que nous avons levés. Nous sommes passés par plusieurs versions bêta qui présentaient toutes quelques problèmes, avant finalement de profiter du premier confinement pour repartir d’une feuille blanche et aboutir au Tundra nouvelle génération, que nous présenterons en avril.

Ce bâtiment industriel sera-t-il dédié à la fabrication du Tundra ?

Pas uniquement ! Nos compétences en mécatronique peuvent aussi servir dans la robotique. Avec ce bâtiment de près de 1 000 m² sur deux niveaux, nous allons sortir de l’artisanat pour entrer dans l’industrie en devenant un constructeur… mais pas uniquement de drones. Actuellement, nous faisons sous-traiter pas mal de nos pièces. Avec cet organe industriel, nous serons en capacité d’internaliser petit à petit nos process avec notre propre atelier de production de pièces d’usinage et de fabrication additive.

Nous aurons aussi une zone dédiée à l’assemblage du Tundra, qui pourra aussi faire de la sous-traitance pour des bureaux d’études extérieurs. Le bâtiment accueillera également notre propre bureau d’études avec des compétences variées : mécatronique, électronique, systèmes embarqués et un peu d’intelligence artificielle. Nous avons actuellement une personne qui réalise une thèse sur la maintenance prédictive que l'on aimerait déployer à terme sur des flottes de drones pour connaître leur état de santé.Sans oublier le pôle de gestion de notre boutique en ligne avec un espace de stockage qui va devenir plus important. Nous vendons très peu de drones prêts à voler mais plutôt des pièces détachées : moteurs, batteries, chargeurs, ESC (contrôleurs de vitesse électronique). Nous avons à ce jour près de 3 500 produits en magasin.

Avec ce nouvel outil de travail, quels sont désormais vos objectifs ?

Atteindre la rentabilité le plus rapidement possible. Aujourd’hui, nous investissons sur du matériel que l’on doit financer avec un produit qui n’est pas encore sur le marché. Notre boutique en ligne et notre bureau d’études nous permettent de faire entrer de l’argent et de fidéliser des clients grands comptes mais, pour arriver à l’équilibre, il va falloir vendre une centaine de Tundra par an. Et c’est ce que nous pourrons faire à partir de septembre avec notre nouveau bâtiment. Un bâtiment qui a aussi vocation à être un lieu ouvert et fédérateur pour la filière drone en Auvergne Rhône-Alpes. Nous avons d’ailleurs prévu un espace dédié à de l’open innovation qui accueillera des sociétés pour travailler en mode hackathon (marathon pour développeurs informatiques, NDLR). En termes de chiffre d’affaires, ce projet devrait nous permettre de passer de 1,2 million d'euros en 2020 à près de 2,3 millions d'euros en 2021 et 4,2 millions d'euros en 2022 avec pour perspective de passer de 15 à 30 salariés.

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