Le ciel s’assombrit pour l’aéroport Saint-Etienne Loire. Le Département de la Loire, premier actionnaire du Smasel (40 %), le syndicat mixte exploitant l’équipement situé à Andrézieux-Bouthéon, a entériné, à l’occasion du vote de son budget, le 27 mars dernier, la baisse de 15 % de sa subvention octroyée à l’aéroport. Cette dernière va ainsi passer d’environ 620 000 euros en 2024 à 527 000 euros en 2025. Une réduction de la voilure que les élus expliquent par un contexte budgétaire marqué par "une baisse des recettes et une hausse des dépenses" du Département.
Une baisse mécanique des subventions
Problème, cette baisse de 15 % de la subvention du Département va avoir des répercussions en cascade pour l’aéroport. "Les contributions des différents membres du Smasel sont définies par les statuts avec des pourcentages de contributions respectifs. Si l’un d’eux baisse sa contribution, cela diminue mécaniquement le montant de participation des autres membres", explique Pierrick Courbon, député de la Loire et élu de l’opposition au Département.
Résultat, le budget 2025 de l’aéroport, qui sera voté le 11 avril, devrait être significativement impacté. Le syndicat mixte qui percevait annuellement 1,4 million d’euros de subvention d’équilibre de ses membres devra composer avec une baisse de 210 000 euros cette année. Un manque à gagner non négligeable pour un équipement qui a bouclé l’exercice 2024 avec un déficit d’exploitation d’un peu plus de 541 000 euros (contre près de 684 000 euros de déficit en 2023).
Des compensations à l’étude
"Saint-Etienne Métropole, la CCI et la communauté de communes de Forez Est ont fait savoir qu’elles n’avaient pas la volonté de baisser leur contribution. Loire Forez Agglomération est, en revanche, sur la même ligne que le Département. Ces deux collectivités pèsent suffisamment au sein du Smasel pour imposer une baisse mécanique de 15 % lors du vote", explique Pierrick Courbon.
Si aucune des parties prenantes ne semble vouloir aller au rapport de force dans ce dossier, l’idée d’éventuelles compensations financières est à l’étude. "Il faut regarder juridiquement comment les collectivités qui ne souhaitent pas baisser leur contribution peuvent éventuellement apporter une compensation via une dotation exceptionnelle ou un fonds de concours", confie le député de la Loire. Ce sera sans doute l’un des enjeux des mois à venir.
À plus long terme, et dans l’optique du budget 2026, l’idée d’une modification des statuts du Smasel est aussi sur la table pour potentiellement revoir la ventilation des contributions de chacun des membres et aussi envisager de faire entrer de nouveaux partenaires financiers, publics ou privés.
La Région invitée à entrer au capital ?
Déjà présente dans les syndicats mixtes des aéroports de Clermont-Ferrand Auvergne (40 %) et du Puy-en-Velay-Loudes (1er contributeur), la Région Auvergne-Rhône-Alpes fait partie des pistes envisagées. "Les regards se tournent effectivement vers la Région. Depuis la loi NOTRE, les départements ont perdu la compétence économique et non donc plus vocation à continuer à financer des outils de développement économique comme les aéroports", estime Pierrick Courbon. Contrairement aux Régions qui, elles, ont dans leur portefeuille de compétences la définition d’une stratégie et d’un maillage aéroportuaire visant notamment à désenclaver certains territoires.
"C’est en cours. Une demande a d’ailleurs été faite à la Région par l’intermédiaire de Sylvie Bonnet (conseillère départementale et députée de la Loire, NDLR) mais compte tenu des rapports tendus entre le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau et Laurent Wauquiez (ancien président de Région qui a laissé sa place à Fabrice Pannekoucke, NDLR), je serais surpris que la Région vienne en aide à l’aéroport dans les mois qui viennent", tacle au passage Pierrick Courbon.
Un coup de frein au redécollage ?
En attendant, la baisse de la contribution des collectivités au budget de l’aéroport Saint-Etienne Loire pourrait bien marquer un coup d’arrêt pour l’équipement qui avait amorcé en 2024 son redécollage avec une fréquentation en hausse de 47 % à 6 521 passagers exactement. "Cela va impacter notre capacité d’investissement alors que nous sommes en plein redécollage. On a doublé la fréquentation depuis 2021. On est passé de 3 283 passagers à plus de 6 500 et les perspectives pour 2025 nous amènent à plus de 10 000 passagers", s’enthousiasme Delphine Marnat, la responsable du développement de l’aéroport.
10 000 passagers, cela peut paraître ridicule au regard des plus de 100 000 passagers affichés les meilleures années (en 2005, 2011 et 2017) mais ce chiffre colle avec la feuille de route déployée depuis 2021 par la nouvelle direction, avec l’aval des collectivités partenaires.
À l’époque, le Smasel passe du statut de simple propriétaire à celui de propriétaire exploitant. "Jusqu’en 2021, c’était la CCI qui exploitait avec un projet qui ne correspondait plus aux ambitions et à la volonté de la gouvernance du Smasel", rappelle Stéphanie Manuguerra, la directrice de l’aéroport. Une façon polie de souligner l’échec de la politique de développement menée pendant près de 20 ans par la chambre consulaire. Une politique axée sur la capacité à attirer sur le tarmac stéphanois des compagnies low cost à grands coups de subvention.
"Il y a 15 ans, l’aéroport, c’était effectivement plus de 100 000 passagers mais à quel prix ! Plus le nombre de passagers augmentait, plus le déficit d’exploitation se creusait", rappellent de concert Stéphanie Manuguerra et Delphine Marnat. Et les chiffres leur donnent raison. En 2016, la perte de l’aéroport avait atteint 2,4 millions d’euros alors que ce dernier tournait à plein régime.
La fin du modèle low cost
C’est ce qui avait d’ailleurs incité les élus de l’époque à ne pas renouveler, en octobre 2017 et juin 2018, les contrats avec les compagnies low cost Ryanair (vols réguliers vers Fès et Porto) et Pegasus (Vols réguliers vers Istanbul). Entraînant, l’année suivante, avec pour seule activité commerciale quelques vols charters, une chute de la fréquentation à moins de 4 200 passagers, pour arriver deux ans plus tard, en 2020, au chiffre de 3 387.
Depuis, l’aéroport a pris une autre direction. "Tout a été remis à plat. On ne refera plus du Ryanair ! En revanche, les élus locaux ont réaffirmé l’intérêt et la nécessité d’avoir un accès aérien sur un département comme la Loire et une métropole comme Saint-Etienne", rappelle Stéphanie Manuguerra. Cette dernière ne comprend pas qu’aujourd’hui, certains de ces élus s’interrogent sur la pertinence de maintenir "cet outil d’attractivité, de développement économique et d’aménagement du territoire".
Parmi les élus qui plaident pour la fermeture de l’aéroport, on trouve Pierrick Courbon. "Même si je suis dans l’opposition, je soutiens l’initiative du Département de diminuer de 15 % sa subvention. À titre personnel, j’estime que cet outil n’a pas de viabilité économique sans subventions publiques. Je ne remets pas en cause l’engagement et le professionnalisme de l’équipe en place mais dans le plan de développement qui nous a été présenté, même si l’aéroport se redéveloppe, il n’atteindra en aucun cas une autonomie financière et un équilibre budgétaire. Dans un contexte de difficultés financières des collectivités locales et compte tenu de la question de la soutenabilité environnementale des vols intérieurs ou de petites distances, j’estime que les collectivités ont d’autres priorités que de maintenir sous perfusion, ad vitam aeternam, cet aéroport", plaide l’élu également membre du comité syndical de l’aéroport.
Un modèle basé sur la diversification
La direction de l’aéroport ne conteste pas cet état de fait. "L’aéroport coûtera toujours de l’argent. Si vous voulez un aéroport qui gagne de l’argent, les statistiques montrent qu’il faut entre 800 000 et 1 million de passagers par an. Ce n’est pas la vocation de l’aéroport de Saint-Etienne qui est à la dimension de son territoire. Notre objectif est de diminuer le déficit et la contribution publique autant que possible pour maintenir un équipement public au service de notre territoire, que ce soit en termes d’attractivité, de développement économique, de sécurité incendie au travers de sa labellisation Pelicandrome (base pour le ravitaillement des Canadairs lors des incendies de forêt, NDLR) ou pour les vols sanitaires", développe Stéphanie Manuguerra.
"Le premier volet du projet concerne la relance de l’aviation commerciale avec la reprise des vols charters"
Pour atteindre cet objectif, "le projet sur lequel on travaille consiste à diversifier les activités et les ressources de l’aéroport pour limiter les risques", explique Delphine Marnat. Le premier volet de ce projet concerne la relance de l’aviation commerciale avec notamment la reprise des vols charters qui s’étaient brutalement arrêtés en 2018, au lendemain du départ des compagnies low cost. "Les gens ont cru à l’époque que l’aéroport s’arrêtait et les vols charters se sont assez rapidement tournés vers Lyon Saint-Exupéry", se rappelle Philippe Gaillard, président de Vitamines Vacances (SAS Emisphair, 6 salariés), agence stéphanoise de voyages sur-mesure, implantée depuis 15 ans à l’aéroport de Saint-Etienne Loire.
Vers une relance des vols charters
Depuis 2022, la direction de l’aéroport, en lien étroit avec Vitamines Vacances notamment, a cherché à réamorcer la pompe. "Nous avons travaillé en lien avec toutes les agences de voyages du territoire pour construire une offre au départ de l’aéroport. L’idée était de faire en sorte de coordonner les départs pour ne pas avoir de doublons et pour que l’on puisse avoir un panel de destinations intéressantes pour la population et qui changent chaque année", explique Delphine Marnat.
Un pari en passe d’être réussi. En 2023, 3 vols charters ont décollé du tarmac stéphanois, 9 l’année suivante et une quinzaine de vols sont d’ores et déjà programmés pour 2025. "Les vols appellent les vols. Les gros aéroports comme Lyon Saint-Exupéry vont être saturés à un moment donné. On le voit déjà, il y a de moins en moins de place et de créneaux pour des vols charters. Il y a donc une carte à jouer pour Saint-Etienne sur ce volet", estime Philippe Gaillard.
La direction de l’aéroport de son côté joue la carte de la prudence. "L’objectif est d’atteindre une maturité sur les vols charters. Cette maturité, on l’estime par rapport à notre territoire autour d’une vingtaine de vols par an", confie Delphine Marnat.
Une ligne vers l’Algérie et des contacts avec Air Arabia et EasyJet
En parallèle, la direction de l’aéroport tente aussi de redévelopper des lignes régulières. "On a fait faire des études pour connaître les besoins professionnels, de loisirs et de rapprochements familiaux de la population du territoire. Ces études ont fait ressortir un certain nombre de destinations que l’on essaie de défendre devant les compagnies aériennes lors de salons", explique la responsable du développement de l’aéroport.
Un travail de longue haleine qui a porté ses premiers fruits, le 16 janvier dernier, avec l’annonce par ASL Airlines France de l’ouverture cet été d’une ligne aérienne régulière entre l’aéroport de Saint-Etienne Loire et Béjaïa, en Algérie. Les vols seront opérés pendant les vacances scolaires d’été avec une rotation chaque dimanche, du 6 juillet au 7 septembre 2025. "C’est une première marche, il faut la franchir. Si le remplissage est au rendez-vous, on augmentera la cadence. On est aussi en contact avec d’autres compagnies pour d’autres destinations", confie Stéphanie Manuguerra.
Selon nos informations, la direction de l’aéroport se serait rapprochée de la compagnie Air Arabia pour l’ouverture d’une ligne régulière vers le Magrheb. La destination privilégiée pourrait être Fès au Maroc. Des contacts ont aussi été noués avec EasyJet pour les convaincre d’ouvrir une ligne vers le Portugal. Mais en l’état et compte tenu du triplement de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), le dossier est loin d’être une priorité pour EasyJet.
"En Auvergne-Rhône-Alpes, notre objectif c’est de poursuivre notre développement sur Lyon (EasyJet vient d’annoncer l’ouverture de six nouvelles destinations au départ de Saint-Exupéry, NDLR). Dans la mesure où les taxes augmentent, on ne va pas aller investir dans d’autres aéroports. Après, on regarde toujours les opportunités y compris sur des petits aéroports… s’il y a un marché de niche. Mais en général, on ne se lance pas sur une seule ligne. C’est minimum deux. Il faudrait que Saint-Etienne soit intéressante pour ouvrir une ligne vers Porto et une autre vers Lisbonne ou une autre destination. Mais en l’état, ce n’est pas d’actualité", assure Reginald Otten, directeur général adjoint d’EasyJet France.
Développer l’aviation d’affaires
La diversification des ressources de l’aéroport Saint-Etienne Loire passera aussi par l’aviation d’affaires. Depuis septembre 2024, la compagnie annécienne Avialpes (25 salariés ; 4 M€ de CA) a posté un DA62 et un pilote sur le tarmac stéphanois pour proposer un service d’avion-taxi aux entrepreneurs du bassin stéphanois. L’achat de l’avion (un peu plus d’un million d’euros) a été financé par un GIE d’entrepreneurs locaux qui n’ont pas souhaité se faire connaître. "Avec le plane bashing, on décrit souvent l’aviation d’affaires comme un transport pour starlette. Ce qui explique que ces entreprises sont assez discrètes mais l’aviation d’affaires est un vrai outil de développement économique et de productivité", assure Stéphanie Manuguerra.
Contrairement à la croyance collective, l’aviation d’affaires depuis l’aéroport Saint-Etienne Loire n’est pas réservée aux géants comme Casino. "Casino avait effectivement un hangar avec des avions sur place mais cela fait très longtemps qu’ils n’y sont plus. Et depuis notre arrivée en 2021, je n’ai pas vu un avion décoller pour le compte de Casino", assure la directrice de l’aéroport.
Depuis septembre 2024, le pilote d’Avialpes Thomas Faye, intervient presque exclusivement pour les sociétés du GIE. "J’effectue en moyenne un vol aller-retour par mois pour des sociétés extérieures au GIE qui louent nos services. Les entreprises qui ont investi dans l’avion l’utilisent, elles, en moyenne trois par semaine, pour faire des visites de sites chez des clients, des fournisseurs, pour aller signer des contrats mais aussi pour envoyer des techniciens rapidement chez leurs clients pour les dépanner un peu partout en France. Les interventions peuvent être faites dans la journée. C’est un gain de temps et cela fait économiser aux entreprises les frais d’hébergement et de bouche occasionnés par des déplacements en train ou en voiture", explique Thomas Faye.
Développer les activités bord de piste
"Et puis, on peut transporter n’importe qui au départ de Saint-Etienne, n’importe où. On peut aussi aller récupérer quelqu’un à l’aéroport de Lyon-Bron car il n’y a pas d’offre d'aviation d'affaires là-bas. Lyon est à 15 minutes, cela nous ouvre aussi ce marché-là", assure Emmanuel Rétigny, dirigeant associé d’Avialpes, qui envisage l’installation d’un second avion à Saint-Etienne. "Un avion plus grand, avec d’autres investisseurs, pour aller vers des destinations un peu plus lointaines en Europe".
Si l’aviation commerciale et l’avion d’affaires font partie des axes de développement de l’aéroport, le salut de l’équipement devrait aussi passer par un troisième volet : les activités dites bord de piste. Un temps envisagé, la construction d’un hangar pour accueillir une pépinière d’entreprises a été abandonnée faute de moyens. "Les collectivités ne nous ont pas suivis sur ce projet mais nous nous sommes adaptés. Comme le hangar locatif actuel ne nous permettait plus d’accueillir de nouvelles activités, nous avons proposé aux entreprises de construire leurs propres locaux", explique Stéphanie Manuguerra. Une proposition qui a séduit certains acteurs. "Un premier permis de construire a été déposé et les travaux ont commencé", abonde Delphine Marnat.
Une société de maintenance aéronautique arrive
Ce permis a été déposé par une société en cours de création, Loire Aéro Maintenance. Porté par Bruno Touche, ingénieur aéronautique et naval de formation, et son amie Sophie Gonzales, dirigeante de l’école de pilotage Avnir Aviation, installée à Lyon-Bron, le projet consiste à créer un atelier de maintenance, d’entretien et de dépannage pour l’aviation générale.
Cet atelier ouvrira ses portes courant octobre. "Nous avons investi 960 000 euros pour construire un bâtiment de 1 000 m² qui hébergera Loire Aéro Maintenance et trois écoles de pilotage à qui nous louerons des bureaux", confie Bruno Touche, qui vise "600 000 euros de chiffre d’affaires la première année et entre 800 000 et 900 000 euros à trois ans en étant pessimiste".
Dans les trois écoles hébergées, on trouve Avnir Aviation, qui a ouvert récemment une antenne à Saint-Etienne ; Aérospeed, une école basée à l’origine à Valence, qui est en train de rapatrier son activité sur le tarmac stéphanois ; et une école de pilotage d’hélicoptères en cours de création, Hélicoptère France. "Ces trois écoles sont hébergées pour l’instant dans notre hangar locatif. Le projet porté par Aéro Loire Maintenance va nous permettre de libérer de la place pour accueillir de nouvelles activités", se réjouit Delphine Marnat.
Une petite soufflerie en cours d’installation
Parmi les activités de bord de piste, l’aéroport devrait accueillir prochainement une petite soufflerie dédiée à la simulation de chute libre et à l’entraînement des parachutistes. "Le permis de construire est déposé et la société Sainté Fly a été créée l’an passé", précise la responsable du développement.
Selon nos informations, un troisième projet d’installation est en cours de discussion. Il pourrait concerner la société Fly for you. Spécialisée à l’origine dans les baptêmes et vols touristiques en hélicoptère, la PME familiale d’Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, a obtenu en 2024 son agrément d’école de pilotage, délivré par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Une localisation au sein même de l’aéroport Saint-Etienne Loire pourrait marquer une nouvelle étape de croissance pour la PME qui fait désormais partie des cinq écoles en France habilitées à former des pilotes professionnels.
4 hectares encore à commercialiser
D’autres projets pourraient également voir le jour dans les mois qui viennent. "Nous avons encore 4 hectares de foncier à commercialiser avec accès piste pour des projets d’envergure. Et on n’a pas encore commencé", confie Stéphanie Manuguerra.
Parmi les projets d’envergure, on pense à celui porté par la start-up Eenuee qui ambitionne de réinventer le transport aérien régional en construisant un avion électrique capable de transporter 19 passagers. Dans ce cadre, le dirigeant Erick Herzberger se verrait bien poser ses valises sur le tarmac stéphanois. Mais sa belle ambition se heurte à une réalité financière : trouver des investisseurs pour lever les 20 millions d’euros nécessaires à la construction d’un prototype.
Autre option à explorer celle des drones. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a annoncé vouloir faire des drones l’un des piliers du réarmement de la France. Peu équipée en drones (5 000 en 2024), l’Armée de Terre française a prévu, dans le cadre du réarmement de la France, de mettre les moyens pour rectifier le tir. Cinq milliards d’euros ont d’ailleurs été fléchés pour les drones et robots dans la Loi de Programmation militaire 2024-2030. L’aéroport Saint-Etienne Loire pourrait parfaitement se positionner sur ce volet d’autant qu’à quelques kilomètres à vol d’oiseau de l’aéroport, le distributeur d’armes Rivolier nourrit de grandes ambitions dans ce secteur. Le groupe de Saint-Just-Saint-Rambert, qui vient de racheter la société Hexadrone, entend multiplier le chiffre d’affaires du fabricant de drones altiligérien par 10 sous 10 ans.
"L’intérêt d’un aéroport comme celui de Saint-Etienne c’est qu’il a une activité commerciale suffisamment lâche et flexible pour permettre de la mixité. Il est certain que ce n’est pas à Lyon Saint-Exupéry que vous pourrez accueillir des activités liées aux drones ou à la formation", conclut Stéphanie Manuguerra.