La légère décrue enregistrée en 2025 ne suffit pas à rassurer. 4 542 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi dans les Hauts-de-France, soit plus de 12 dirigeants par jour. Ce sont les chiffres dévoilés par l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, publiés par l’association GSC, qui propose une assurance perte d’emploi aux dirigeants, et l’expert de la donnée économique Altares. Si le chiffre recule de 2,2 % sur un an, il reste à un niveau historiquement élevé, au-dessus du seuil des 4 500 pertes d’emploi pour la deuxième année consécutive.
Des dynamiques départementales contrastées
Le Nord concentre 2 233 pertes d’emploi, soit près de la moitié du total régional, malgré un léger recul de 3,5 %. Le Pas-de-Calais suit avec 964 dirigeants touchés (- 4,6 %), devant l’Oise, avec 566 dirigeants (- 5,8 %). Dans l’Aisne, la situation apparaît quasi stable, avec 340 pertes d’emploi contre 338 en 2024 (+ 0,6 %). La Somme constitue en revanche le principal signal d’alerte, avec une hausse de 14,9 %, à 439 dirigeants concernés. Pour Hervé Kermarrec, président de la GSC, "cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial".
Construction, commerce et restauration sous tension
Les difficultés restent concentrées dans la construction (1 021 pertes d’emploi) et le commerce (1 039), malgré des replis respectifs de 10 % et 8 %. Le secteur de l’hébergement-restauration se dégrade nettement, avec 851 entrepreneurs touchés (+ 18,7 %), dont 682 restaurateurs. Les services aux entreprises progressent également de 10,1 %, avec 502 dirigeants, illustrant la contagion des tensions économiques entre filières. À l’inverse, le transport-logistique fait preuve d’une meilleure résistance, avec un recul de 19,8 %, pour 178 dirigeants.
Les TPE en première ligne
Le principal point noir reste la fragilité des plus petites structures. Plus de sept dirigeants sur dix concernés pilotaient une entreprise de moins de trois salariés, soit 3 127 cas. "Les dirigeants de TPE sont particulièrement exposés", souligne Thierry Millon, directeur des études Altares. Entre tensions de trésorerie, impayés et recul de l’activité, ces structures disposent de marges de manœuvre limitées pour absorber les chocs, dans un environnement économique qui demeure incertain en 2026.