Guillaume Tondeur : Le guide des pros de l'enseigne
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Guillaume Tondeur : Le guide des pros de l'enseigne

À 45 ans, Guillaume Tondeur a été, le mois dernier, porté à la tête du Synafel, le syndicat national des professionnels de l'enseigne et de la signalétique. Leader régional du secteur, implanté à Dourges, le P-dg de DT Signs entend profiter de son nouveau statut pour défendre une profession qu'il juge menacée.

Allure élancée, regard droit, main ferme. Guillaume Tondeur affiche le profil du dirigeant au sommet de son métier. De fait, sa désignation à la présidence du Synafel représente une consécration, mais qui n'est pas exempte de responsabilités. Le syndicat national des professionnels de l'enseigne commerciale et de la signalétique compte en effet 430 adhérents, soit 10.000 salariés pour un CA global d'1Md€. Au-delà des responsabilités que suppose la direction de la structure, c'est également une conjoncture délicate à laquelle Guillaume Tondeur doit faire face, tant économiquement que politiquement.




Le désir de se faire voir

Avec sa formation de commercial et une expérience outre-Atlantique, Guillaume Tondeur s'est toujours efforcé d'insuffler un élan d'ouverture et de modernité au secteur relativement technique et cloisonné de la signalétique. La mort brutale de son père, Daniel Tondeur, le propulse à 32 ans à la tête d'une entreprise familiale qu'il rebaptise DT Signs 5ans plus tard en mémoire de son fondateur. Le dirigeant intègre rapidement le Synafel où il voit une opportunité de défendre sa profession et d'accroître sa visibilité. Il en devient rapidement vice-président et responsable de la communication après avoir imaginé le concours des Icona d'Or, qui récompense chaque année à Paris les plus belles réalisations de la profession. «Il s'agit surtout d'un événement pour se faire voir», résume Guillaume Tondeur dont l'entreprise a été distinguée de nombreuses fois à cette occasion.




Une diminution d'activité

Malgré la conjoncture, «la rentabilité de DT Signs demeure très bonne», assure Guillaume Tondeur. Avec ses 85 salariés (une rareté dans le milieu), la société assure 80% de son CA grâce à des contrats passés avec des réseaux enseignes d'envergure nationale comme Orange, AG2R, ou encore Casino. Cependant, «notre activité a baissé sensiblement en 2009, reconnaît l'entrepreneur. On est passé d'un CA de 11M€ à 9M€.» Un reflux conséquent au tarissement des commandes lié à la crise économique et à la fin de gros marché qui avait fait bondir les résultats de DTSigns les années précédentes.




Le choix de l'innovation

«Le secteur évolue de façon considérable, note Guillaume Tondeur. Après la course au gigantisme et au clinquant, la sobriété visuelle et énergétique s'impose partout.» Le dirigeant entend garder une longueur d'avance en la matière. Après la sortie l'an dernier de la Luxiol, une lettre ultrafine à led qui permet de diviser par 10 l'énergie que consomme le néon, DTSigns prépare le lancement de Coméol, une enseigne directement alimentée par le vent. «Nous devons innover constamment pour rester dans la course, poursuit Guillaume Tondeur. Cela passe nécessairement par le développement durable.» De fait, son entreprise s'applique à passer au management environnemental pour valider une certification Iso14001 actuellement en cours.




Une taxe décriée

Le contexte politique actuel amène Guillaume Tondeur à lancer également un département dédié à la décoration de véhicules avec des bandes adhésives. La législation pourrait amener les entreprises à limiter leur communication visuelle. En effet, l'application de la taxe locale sur les publicités extérieures (TLPE) inquiète sérieusement le nouveau président du Synafel. Elle est censée, selon lui, compenser en partie la disparition de la taxe professionnelle, «au mépris de notre profession et de nos emplois», souligne-t-il.

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