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GT Solutions cherche à doper son efficacité pour traverser un contexte incertain
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GT Solutions cherche à doper son efficacité pour traverser un contexte incertain

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Sortie d’une période de turbulence entamée en 2018 et aggravée par le Covid, l’ETI girondine du transport fait face à des vents contraires mais maintient sa trajectoire de croissance. Elle poursuit sa consolidation avec un rachat effectif cette année et travaille sur une trajectoire de consolidation, maître mot de son futur plan stratégique à horizon 2030.

Matthieu Sarrat, directeur général de GT Solutions — Photo : Romain Béteille

Un contexte économique tendu mais sans effondrement, avec une croissance toujours présente, de l’ordre d’environ 4 à 5 % sur 2025. C’est le cap qui se dessine actuellement pour GT Solutions (2 100 salariés, 239 M€ de CA en 2024), spécialiste girondin du transport et de la location de poids lourds avec conducteurs. Sorti des turbulences des années Covid, le transporteur est "retourné à une forme d’incertitude normale", dixit son directeur général, Matthieu Sarrat.

Le constat général est "plutôt morose", de l’aveu même du dirigeant, avec des bilans en dégradation pour le secteur. "C’est moins difficile de recruter des conducteurs, mais c’est un indicateur de moindre tension lié à une réduction des besoins, donc pas forcément une bonne nouvelle", précise-t-il encore. Baisse des volumes transportés, report vers l’e-commerce et inflation avec augmentation des coûts (salaires, coût des camions, taux d’intérêt) sont décrits comme autant de facteurs aggravants.

Santé hétérogène

GT, qui réalise 50 % de son activité en location de véhicule et le reste en tant que distributeur spécialisé pour l’automobile, le médical et l’industrie, fait face à des mouvements fluctuants. L’agitation permet de maintenir la croissance : "avec la conjoncture, les donneurs d’ordres font plus d’appels d’offres que d’habitude. On en gagne plus qu’on en perd".

Ainsi, la livraison de produits automobiles (principalement des pneus pour les garages), qui pèse environ 30 % du chiffre d’affaires, "vit des tendances plutôt baissières sur les volumes depuis quelques années. Les manufacturiers historiques se concentrent de plus en plus sur des pneus à haute valeur ajoutée", continue le dirigeant. Les travaux du bâtiment (25 % du CA) souffrent d’une réduction d’activité "assez sensible, avec un marché en forte décroissance, notamment sur le gros œuvre". "Nous sommes à 5 à 7 % de baisse sur ce segment".

L’activité frigo et livraison de produits alimentaires pour la restauration commerciale et collective (12 % du CA) est bien aidée par un nouveau contrat cette année avec Metro (5,2 Md€ de CA), spécialiste du commerce de gros alimentaire, qui développe la livraison directe et a ouvert en mai 2025 une plateforme logistique dédiée à La Brède (Gironde). Le transport de volailles (8 % du CA), lui, est "en reprise post-grippe aviaire".

Consolidation lente

GT Solutions, peu friand de rachats réguliers, continue pourtant de s’en servir pour grandir. En avril dernier, il a repris le fonds de commerce de DDS Méditerranée (15 M€ de CA, 40 salariés), transporteur (colis et pneus) des Bouches-du-Rhône dont il est actionnaire depuis 2018, année de rachats successifs. "Le transport routier est en consolidation lente. Si on arrive à intégrer cette entreprise en PACA, qui est un secteur géographique difficile à adresser, ça renforcera d’autant les liens avec les clients". Si sa filiale GT Logistics a recentré sa stratégie vers des secteurs clés et une "croissance raisonnée", la maison mère ne compte pas tout bouleverser, sans s’interdire de nouveaux rachats si l’opportunité se présente.

En attendant, elle est en train de construire un plan stratégique à horizon 2030 dont le maître mot est "l’efficacité opérationnelle". Autrement dit : consolider le mur pour qu’il résiste mieux aux vents contraires.

Cap sur l’électrification

L’entreprise teste en conditions réelles une trentaine de véhicules électriques, dont le surcoût de 10 à 15 % est assumé par les entreprises clientes, sachant qu’un camion électrique coûte environ 250 000 euros. Souhaitant réduire de 15 % ses émissions de CO2 entre 2024 et 2030, GT estime qu’il faut encore convaincre de la pertinence technique de ce nouveau matériel, notamment en termes d’autonomie.

"Le GNV a mis 20 ans pour être aussi compétitif que le diesel, tout l’enjeu est d’arriver à ce que cette courbe d’industrialisation qui fait baisser le prix du camion soit plus rapide. Pour nous, l’enjeu est d’expérimenter pour rentrer dans le cercle vertueux de la démocratisation", confie Matthieu Sarrat. La suite de sa flotte électrique, l’entreprise la voit plutôt pour équiper ses clients que ses propres sites.

"On est dans le cas d’usage, on livre à 200 km en moyenne. Si on n’y va pas, ce sera compliqué pour les autres". Sur les 1 900 véhicules de la flotte de GT, 12 % sont à énergies alternatives : 127 roulent au GNC (gaz naturel comprimé), 15 au B100 (carburant végétal) et 32 à l’électrique dont deux dépanneuses pour sa filiale de réparation, une première en France.

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