Gestionnaire de résidences hôtelières orienté vers le loisir, le groupe alsacien Zénitude a été choisi par le Tribunal de Commerce de Paris à l’automne 2024 pour reprendre une partie des 72 résidences seniors Les Girandières, alors en redressement judiciaire et appartenant au groupe Réside Études. "Zénitude, qui a une parfaite maîtrise de l’immobilier en tant qu’opérateur mais ne dispose pas de la compétence des services à la personne, porte l’intégralité du dossier et est le repreneur officiel, précise Didier Château, fondateur et président de Générale des Services. Pour notre part, nous sommes le prestataire de services à la personne désigné par le Tribunal de Commerce et nous sommes liés par contrat avec Zénitude qui s’était rapproché de nous pour formuler une offre de reprise commune." Lors du jugement, le Tribunal de Commerce a également demandé le maintien de l’emploi des collaborateurs en place, environ 1 200 dont 400 qui travaillaient dans la partie services à la personne au sein des établissements.
Vague de recrutement
Pour Générale des Services, ce partenariat est l’occasion d’accélérer dans son développement. Mais en premier lieu, il a fallu dès la décision du Tribunal de Commerce prendre le relais pour assurer la continuité des prestations auprès des résidents. Ce que le groupe angevin a fait avec ses agences locales réparties sur le territoire national. "Toutes ont adhéré, souligne Didier Château, et elles recrutent fortement."
Générale des Services compte 72 agences en France, qui répondent actuellement aux besoins des deux tiers des 53 établissements. Pour les territoires où le réseau angevin n’est pas présent, il a passé un accord avec deux autres enseignes, qui assurent les prestations pour son compte. "Mais c’est Générale des Services qui pilote, précise Didier Château. Si nous avons une agence à proximité, elle se renforce et réalise les services à la personne. Si nous sommes vraiment trop loin, nous déléguons. Toutefois nous avons une réelle volonté de disposer de nouvelles agences physiques plus près des établissements. On estime que nous en ouvrirons une dizaine dans les deux ans en plus des ouvertures que nous avons déjà prévues sur le territoire. Nous couvrirons alors les besoins des trois quarts des 53 résidences, et le dernier quart sera délégué par contrat."
600 équivalents temps plein
Reste la question des collaborateurs : l’obtention de ce marché nécessite en effet de recruter fortement pour renforcer les agences. Certaines des 400 personnes qui travaillaient auparavant pour la partie services à la personne dans les résidences vont rejoindre la patrie hôtelière de Zénitude et celles qui le souhaitent vont intégrer les agences locales de Générale des Services. "Notre convention collective est d’une part plus intéressante que celle de l’hôtellerie et nous avons par ailleurs une forte politique RH de fidélisation et de qualité de vie au travail, souligne Didier Château. Cela devrait nous permettre de conserver beaucoup de ces 400 personnes. Mais le taux d’occupation des résidences avait fortement chuté et l’objectif est de l’améliorer. Il va donc falloir nous renforcer encore au-delà."
Le taux moyen d’occupation des résidences seniors en France étant de 83 %, le dirigeant angevin estime à 600 équivalents temps plein, soit environ 700 personnes, le nombre de collaborateurs nécessaires pour assurer les prestations. Les recrutements sont en cours et devraient accompagner le retour à un taux d’occupation normal des 53 résidences.
100 agences dans deux ans
Les agences locales de Générales des Services implantées dans le périmètre des résidences seniors reprises vont donc voir leur activité augmenter. D’autres vont se créer pour répondre à la demande, comme ce sera le cas cette année à Laval (Mayenne) ou Vitré (Ille-et-Vilaine). Le groupe angevin, parallèlement, prévoit d’autres ouvertures comme chaque année dans le cadre de son développement. Au total, il devrait atteindre les 100 agences dans les deux ans. "Nous les aurons par croissance organique et avec l’activité liée aux Girandières, assure Didier Château. C’est ce que nous avions prévu il y a quelques années mais la crise du Covid nous a fait perdre deux ans."
Un secteur qui pèse 24 milliards d’euros
Le chiffre d’affaires sous enseigne devrait lui aussi naturellement augmenter, au minimum de 10 à 15 % dès cette année, selon le dirigeant angevin. Il était de 35 millions d’euros l’an passé, dans un marché des services à la personne qui pèse 24 milliards d’euros par an en France avec plus de 2 millions de salariés. Le réseau angevin, qui emploie 2 500 personnes, est aujourd’hui aux portes du top 5 des opérateurs en France. De plus en plus d’adhérents sont multifranchisés, avec plusieurs agences et la tête de réseau possède 7 implantations en propre. "Être le premier franchisé du réseau est essentiel, confie Didier Château, et cela impose de montrer l’exemple. Les services à la personne sont un métier, franchiseur en est un autre. Il faut savoir faire les deux sans s’éloigner de ses fondamentaux qui sont avant tout humains."
Expert de l’accompagnement des seniors
La silver économie, qui concerne les enjeux liés aux personnes âgées, dont ceux liés au maintien à domicile et à la dépendance, qui ne concerne pas les soins et n’entre pas dans le champ médico-social, représente environ 60 % de l’activité de Générale des Services et continue d’augmenter. Le reste des prestations concerne les services classiques comme le ménage, la garde d’enfants ou le jardinage. Tout en les conservant, le réseau angevin aspire à être reconnu comme un expert de l’accompagnement des seniors. Il a par exemple dans ce sens signé fin 2023 un accord partenarial avec le réseau Capvital, spécialisé dans le matériel médical et le maintien à domicile pour enrichir son offre, comme il l’a fait avec plusieurs sociétés d’assistance pour accompagner le retour à domicile après hospitalisation. Son association avec Zénitude dans la reprise des résidences seniors Les Girandières vient renforcer cet objectif.