SPIE Nucléaire (1 800 salariés, siège à Saint-Denis), filiale du groupe SPIE France, a inauguré le 4 juin 2025 un nouveau technocentre de 1 500 m² à Genas (Rhône). Un outil pensé pour répondre à un besoin stratégique : former les techniciens aux métiers clés de l’industrie nucléaire, dans un contexte de relance accélérée de la filière. Soutenu par France Relance, il doit contribuer à " entretenir les savoir-faire et préparer les compétences nécessaires aux futurs chantiers, comme les EPR2 ", souligne SPIE.
Espaces immersifs
Ce centre de formation remplace celui de Béligneux (Ain), ouvert en 2013. " Il s’agit d’une montée en capacité et en qualité, avec des équipements plus modernes, des espaces immersifs et une meilleure convivialité ", explique SPIE. La structure intègre six ateliers reproduisant les conditions réelles du terrain, notamment pour le soudage, l’électricité, la ventilation ou la robinetterie, quatre domaines jugés critiques par l’entreprise.
Déjà 2 000 heures de formation ont déjà été dispensées de janvier à avril, dans une logique de montée en charge progressive. " Nous raisonnons en volume horaire, plus qu’en nombre de stagiaires, car les ateliers sont également utilisés pour des sessions de préfabrication ", précise SPIE.
Féminisation des métiers techniques
Sans établir de partenariats formels avec des écoles ou CFA, le technocentre permet d’accompagner les alternants et les jeunes ingénieurs en graduate program de SPIE. Il sert aussi de support aux actions de sensibilisation. Plusieurs initiatives visent à encourager la féminisation des métiers techniques. En mars dernier, le centre a ainsi accueilli une douzaine de lycéennes dans le cadre d’un partenariat avec le club de football de Lyon La Duchère, engagé sur les questions d’inclusion. SPIE collabore également avec l’association "Elles Bougent" et la fondation CGénial pour faire découvrir les métiers du nucléaire à un public scolaire ou enseignant.
S’ouvrir à d’autres acteurs de la filière
Le centre forme pour l’instant exclusivement des collaborateurs du groupe, mais l’ouverture à des sous-traitants est envisagée dans un second temps.
L’entreprise a accueilli plusieurs industriels du secteur — EDF, Framatome, TechnicAtome, Vinci ou Bouygues — venus découvrir le modèle, sans qu’un projet commun ne soit encore acté. À terme, la structure pourrait servir de point d’ancrage pour des mutualisations de formation au sein de la filière.