2.000 tonnes par an d'ailes, de filets et d'aiguillettes de poulets découpées par la coopérative Gastronome à Luché-Pringé trouveront chaque année le chemin des cuisines des restaurants de KFC France. C'est le sens de l'accord signé, en présence du ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot, le 19septembre dernier dans un restaurant parisien de la chaîne. KFC France, filiale du groupe américain Yum! Brands qui possède également Pizza Hut et Taco Bell, compte en effet doubler le nombre de ses restaurants dans l'Hexagone d'ici à 2017 pour atteindre 310 points de vente et impose des cahiers des charges très stricts pour les ingrédients qu'elle met en oeuvre par point de vente. L'accord, signé dans un premier temps pour deux ans ne se substitue pas à ses approvisionnements chez un autre volailler français, Doux, mais doit soutenir cette croissance du nombre de restaurants. Entre 45 et 50 éleveurs bretons seront dans un premier temps mobilisés pour ce nouveau marché. Les volailles sont abattues dans le site morbihannais de Gastronome à Languidic (Socalys) qui compte 390 salariés, puis transportées dans l'atelier de découpe de Luché-Pringé qui livre les trois plateformes françaises de KFC. Avec 190 salariés dont une cinquantaine dédiée à ce nouveau client et de nouvelles lignes consacrées à ce segment de marché, le site sarthois consolide ainsi son activité. « Gastronome Professionnel, marque créée il y a trois ans, regroupe les activités destinées aux professionnels de la restauration hors foyer (RHF) et représente désormais 20 % du chiffre d'affaires de Gastronome », explique Christophe Laederich, directeur de Gastronome.
Stratégie BtoB
Dans un marché français de la volaille souffrant de la montée des importations (plus de 45 % du poulet consommé en France a été abattu ailleurs, surtout dans la restauration hors-foyer), la coopérative veut afficher son optimisme. « Nous avons inscrit le marché BtoB dans notre stratégie : il représente actuellement 30.000 tonnes par an et le chiffre d'affaires de cette activité a triplé ces cinq dernières années. Notre ambition est de proposer une solution volaille pour chaque modèle de restauration. » L'équilibre matière (KFC n'achète que certaines pièces, il reste notamment des cuisses à commercialiser car la capacité à valoriser toutes les pièces d'une volaille constitue un des points clés de la compétitivité sur les marchés de la découpe) est trouvé sur l'ensemble de son marché soit vers la restauration hors foyer, soit vers le segment des produits alimentaires intermédiaires (PAI), mis en oeuvre dans l'industrie des plats préparés.
10millions d'euros d'investissement
« La volaille trouve bien sa place sur les marchés de la RHF, pour toutes les espèces et toutes les formes de préparation. Nous devons en effet être capable de livrer tant la restauration à la place que l'hôpital, la restauration rapide comme la restauration scolaire. Répondre aux demandes de segments de marché aussi hétérogènes demande une grande capacité d'adaptation. Nous avons prévu des investissements de 10millions d'euros pour nos deux sites de Languidic et de Luché-Pringé sur les deux ans à venir et notre R & D planche en continu sur l'adaptation de nos outils de production. » Pour le dirigeant, si l'accord signé ce mois-ci porte sur les restaurants français, KFC représente également d'autres intérêts : le cahier des charges est par exemple identique dans d'autres pays d'Europe et sa maison mère Terrena lorgne donc sur les marchés exports dont la filière aurait bien besoin.
Gastronome
(Luché-Pringé) Dirigeant : Christope Laederich 190 salariés CA 2012 : 11,3M€ 02 43 48 12 12