Garniel : Se faufiler dans les brèches de la récession
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Garniel : Se faufiler dans les brèches de la récession

L'entreprise de gros oeuvre Garniel adapte son outil et ses méthodes de travail à des appels d'offres en dents de scie.

Garniel s'équipe pour faire face à de plus petits chantiers. L'entreprise de gros oeuvre vient ainsi d'investir 40.000€ dans une mini-pelle et un compacteur. Basée à Plouay mais dotée d'une agence commerciale à Quiberon, l'entreprise de BTP entend bien se rééquilibrer vers le privé et le tertiaire. Même si elle réalise encore 70% de son chiffre d'affaires avec les appels d'offres publics.




«Baisse des prix de 10%»

«Actuellement, on doit répondre à dix devis pour en obtenir un alors qu'auparavant, la proportion était plutôt de trois pour un», souligne Albert Garniel, président de la SAS Garniel. «Alors on s'adapte : nous avons baissé nos prix de 10%. Mais les conséquences de cette chute des prix seront graves. On trouve actuellement des différences de 20 à 30% sur les marchés publics. Il est dangereux de travailler en-dessous du prix de revient. Si notre marge était de 30%, ça se saurait!» Garniel va également chercher ses marchés de plus en plus loin, au-delà de son rayonnement habituel de 70-80 kilomètres autour de Plouay. «On serre les boulons un peu partout», poursuit l'entrepreneur, qui avait débuté en tant qu'artisan en 1980. «On tâche de limiter le gaspillage en étant très à cheval sur le petit outillage, en s'organisant mieux pour moins faire rouler les camions à vide.» La flotte de Garniel est constituée de quatre gros camions et d'une vingtaine de petits utilitaires.




Quatre grues à 250.000 €

En 2008, 250.000 € avaient été consacrés à l'achat de quatre grues. Garniel réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires avec le gros oeuvre, un peu plus de 30% avec l'enduit de façade et environ 10% avec le terrassement. Le 9octobre, dans le cadre des ?Coulisses du Bâtiment?, l'entreprise faisait découvrir à un groupe de jeunes encadrés par la Mission locale de Lorient un de ses chantiers rue de Belgique, où Lorient Habitat est maître d'ouvrage. Un budget de 442.000 €, tous corps d'états confondus. «Ce chantier très confiné, avec aucun espace en face avant, a demandé une organisation de travail particulière», explique Cédric Tréhin, conducteur de travaux, qui supervise ici un chef d'équipe et trois ouvriers. «Nous n'avons pas de place pour le stockage, il a fallu installer la grue et les locaux de chantier à l'arrière.» Albert Garniel a ouvert ses portes car «il est important de faire connaître le métier. Il faut former des jeunes. Nous prenons régulièrement des apprentis, des contrats de professionnalisation. N'oublions pas que dans dix ans, 40% de nos salariés seront à la retraite.» Le dirigeant espère bien préparer ainsi la relève.

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