La start-up picarde G-Lyte, basée à Amiens, a mis au point une nouvelle technologie de recharge des objets connectés, à base de cellules photovoltaïques d’intérieur. Celles-ci sont capables de produire de l’électricité à partir de la lumière du soleil ou de lumières artificielles, comme des leds.
Une innovation qui pourrait remplacer les piles et batteries des appareils (télécommandes, périphériques d’ordinateurs, etc.), "sachant que 70 millions de piles sont jetées chaque jour dans le monde et la moitié n’est pas recyclée", souligne Frédéric Sauvage, cofondateur de G-lyte et directeur de recherche au CNRS. Créée en 2019, G-Lyte, compte 19 salariés et ne communique pas son chiffre d’affaires.
15 années de travail
C’est au sein du Hub de l’énergie de l’université Picardie Jules Verne, à Amiens, que Frédéric Sauvage travaille depuis 2010 au développement de ces cellules photovoltaïques d’intérieur, dites à colorant, qui reproduisent le principe de la photosynthèse des plantes. Concrètement, deux plaques de verres enserrent des absorbeurs artificiels, qui captent la lumière. Ils sont eux-mêmes fixés sur des membranes semi-conductrices, qui permettent de créer un courant. "Nous parvenons à récupérer et à transformer environ 30 % de la lumière produite par les éclairages artificiels", se réjouit le dirigeant.
"Nous parvenons à récupérer et à transformer environ 30 % de la lumière produite par les éclairages artificiels"
Frédéric Sauvage a travaillé de longues années pour stabiliser cette technologie, qui affiche une durée de vie moyenne de plus de quinze ans. "Les débouchés sont importants car dans une maison, il y a en moyenne une vingtaine de périphériques sans fil", note le dirigeant.
Une levée de fonds en cours
Avec cette technologie, la start-up investit donc un marché énorme. "30 milliards d’objets connectés sont vendus chaque année dans le monde", souligne encore Frédéric Sauvage. Le laboratoire est capable de produire environ 200 000 cellules par an. "C’est insuffisant, car nous avons de plus en plus de demandes de clients auxquelles nous ne pouvons pas répondre, notamment d’intermédiaires de l’électronique et de grands comptes", affirme Frédéric Sauvage, qui veut donc se doter d’une usine.
"La capacité de production de notre future usine sera de 100 millions d’unités par an"
Pour soutenir l’industrialisation, une levée de fonds est en cours et entre dans sa phase finale. L’objectif est de réunir entre 15 et 25 millions d’euros. "Nous avons déjà le terrain à Amiens, ainsi que le permis de construire pour notre future usine qui fera 3 000 m². La capacité de production sera de 100 millions d’unités par an", détaille le dirigeant.
150 recrutements envisagés
La mise en service est prévue pour 2026, avec d’abord 10 millions d’unités produites par an. La start-up reçoit chaque semaine des demandes de clients, de quoi sécuriser l’activité de l’usine sur 2 à 3 ans, selon le dirigeant. Le recrutement de 150 salariés est prévu durant les prochaines années.
Les cellules seront exportées aux deux tiers vers l’Asie, le reste étant pour les marchés français et européen. Un commercial est également installé aux États-Unis depuis trois mois. "Nous avons peu de concurrents, quatre en Europe et un aux États-Unis, mais le marché est tellement énorme qu’il y en a pour tout le monde", assure Frédéric Sauvage.