En ces temps plus compliqués, pour l’économie et le financement des start-ups, Marc Travers l’avoue humblement : "On ne peut pas se plaindre !" Le cofondateur de la start-up lavalloise Imagin-VR se félicite de l’intérêt que suscitent ses solutions en réalité virtuelle. Ses cubes VR (pour réalité virtuelle), des caissons constitués de parois en écran, ou valises VR, un kit contenant un projecteur, le logiciel et des lunettes 3D, séduisent de plus en plus de secteurs d’activités différents, dont des grands donneurs d’ordre.
L’entreprise met au point un logiciel avec ses clients qui permet ensuite de projeter des images filmées ou graphiques. Muni de lunettes, pour les projections en 3D (la 2D est aussi proposée), l’utilisateur est immergé dans l’univers à appréhender ou à repenser. Ces équipements sont déployés dans trois grands domaines d’application : la formation, l’industrie et la santé.
Un levier de développement avec le Futuroscope
"Nous allons participer à la création du Campus Numerica au Futuroscope de Poitiers", annonce Marc Travers. Ce pavillon historique réaménagé du parc d’attractions sera essentiellement réservé aux scolaires et aux professionnels. Cet espace de 2 500 m2 doit favoriser les échanges et la découverte des innovations en matière de technologies de l’information et de la communication. "Nous avons remporté un appel d’offres pour deux Cave (des cubes immersifs en réalité virtuelle, NDLR), poursuit le Lavallois. Ils serviront à réaliser des formations et des interventions professionnelles de sensibilisation dans certains métiers."
Un contrat de trois ans bénéfiques aux deux parties
Il s’agit du plus gros contrat d’Imagin-VR pour 2025, qui court sur trois ans, à plus de 240 000 euros. Une rémunération pourrait s‘y ajouter au titre de mission de conseil. Le parc poitevin, qui ne mettait pas de formations en place jusqu’ici, pourrait s’appuyer sur l’expérience de l’entreprise lavalloise dans ce domaine.
De son côté, la start-up va profiter de cette collaboration pour améliorer encore la définition de l’affichage des images projetées dans ses cubes VR. "Au Futuroscope, nous pourrons tester de nouvelles générations de projecteurs, d’écrans, etc.", explique Marc Travers.
L’installation de deux cubes VR est prévue en octobre-novembre 2025. Soit à la veille de l’ouverture du nouvel espace dédié aux innovations du Futuroscope.
Du sur-mesure pour Sanofi
À Lyon, ce sont les laboratoires Sanofi qui se sont munis des solutions en réalité virtuelle d’Imagin-VR. La livraison est en cours. "Pour cette commande, nous avons fait du sur-mesure avec un grand format, comme nous n’en avions jamais réalisé, de 4 mètres de long par 3 mètres de hauteur. C’est environ deux fois plus grand que nos cubes VR classiques. Le but du laboratoire est de pouvoir y accueillir des groupes plus importants, jusqu’à une quinzaine de personnes à la fois", indique Marc Travers.
Potentiellement, le client pourrait s’en servir pour l’aménagement de ses lignes de production. "Mais nous les fournissons surtout pour la formation des collaborateurs et les visites virtuelles de personnes extérieures. Sur la sensibilisation à la production des vaccins, par exemple", précise le dirigeant lavallois.
Un support pour les ingénieurs d’Orano
Un autre grand nom de l’industrie française va se servir des équipements conçus par la start-up lavalloise : Orano. Le spécialiste en combustible nucléaire a commandé le nouveau modèle développé par la start-up lavalloise. "Grâce à la qualité de nos nouveaux projecteurs, que nous commercialisons depuis début 2025, nous avons développé le Power Wall. C’est un compromis entre nos cubes et nos valises, le modèle plus léger et le plus petit. C’est un système fixe, comme un vidéoprojecteur, qui offre une expérience plus immersive que la valise VR", présente Marc Travers.
Orano s’en est équipé pour l’un de ses sites en Île-de-France. "Il servira d’abord pour de l’ingénierie technique pour une approche de conception" de process et installations industrielles, précise Marc Travers. Le groupe d’expertise nucléaire possède dix-sept sites industriels en France.
Un appel des industriels à l’étranger
Jusqu’ici, Imagin-VR intervenait principalement pour l’adaptation ergonomique des postes de travail ou l’installation de nouvelles machines dans des usines, de l’agroalimentaire notamment. C’est par exemple le cas du groupe laitier Bel, dans ses usines de Sablé-sur-Sarthe, Évron et Vendôme. "Nous pourrions désormais les fournir pour leurs usines en Italie", avance Marc Travers.
D’autres contacts en Europe et jusqu’aux États-Unis sont actifs. La création d’une filiale pour l’export est à l’étude.
Le partenariat diffuse dans la santé
L’activité d’Imagin-VR progresse également dans le secteur de la santé. La start-up a mis au point une démarche avec le CHU de Tours auprès des autistes. Ses solutions en réalité virtuelle mais sans casque peuvent également répondre aux besoins de suivi pour d’autres troubles, comme les phobies et les addictions, ou des problèmes neurologiques. "Huit centres sont actuellement équipés. Et trois nouveaux centres attendent d’être livrés, en région parisienne et en Vendée", indique le chef d’entreprise.
Une réflexion sur l’avenir
Cette dynamique dans le domaine de la santé et les commandes de clients d’envergure amènent les dirigeants à s’interroger sur leur avenir. Portés par les nouvelles demandes, y compris à l’étranger, les dirigeants Marc Travers et Marc Douzon évaluent les priorités en matière de production, d’exportation et de recrutement — l’équipe compte aujourd’hui cinq personnes. Imagin-VR est ainsi en phase de structuration auprès du Réseau Entreprendre Mayenne. L’entreprise devrait en effet connaître une progression de son chiffre d’affaires, de 800 000 euros en 2024.