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Enéad, Gazotech, Expliseat : les start-up ligériennes à suivre en 2026
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Enéad, Gazotech, Expliseat : les start-up ligériennes à suivre en 2026

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Énergie, transport et santé. Voici le podium des marchés sur lesquels les start-up des Pays de la Loire rayonnent. Et il y en a dans chaque département. Pour plusieurs d’entre elles qui ont levé des fonds récemment, comme Expliseat, Pony, ou encore Lhyfe. Pour d’autres, 2026 sera l’année du développement et de la mise en place de business plan, parfois aussi ambitieux que prometteurs.

Marc Travers, cofondateur et codirigeant d’Imagin VR, la start-up lavalloise qui se fait connaître pour ses cubes de réalité vituelle — Photo : Frédéric Gérard

Lhyfe a décroché 150 millions d’euros de subvention pour une usine d’hydrogène en Normandie

En avril dernier, la start-up nantaise Lhyfe a décroché par l’État français une subvention record de 149 millions d’euros. Elle est destinée à financer la construction de sa future usine de production d’hydrogène vert en Normandie, qui contribuera à décarboner la zone industrialo-portuaire du Havre. La somme sera versée par tranche, sur une durée de quatre ans, en fonction de l’avancée des travaux. Sur le site, qui devrait ouvrir en 2029, Lhyfe souhaite produire jusqu’à 34 tonnes d’hydrogène vert par jour. En parallèle, le producteur nantais va construire un autre site dans la Somme, qui sera opérationnel dès 2026. Ce dernier sera capable de produire jusqu’à 2 tonnes d’hydrogène par jour, notamment pour les transports et l’industrie des Hauts-de-France. La start-up nantaise compte aujourd’hui plusieurs sites de production répartis en France et en Allemagne, ainsi que de nombreux projets d’usines en Europe, comme en Espagne ou au Royaume-Uni.

Le producteur d’hydrogène vert Lhyfe, lance la constructiin d’un tout premier site de production dans les Hauts-de-France, pour une mise en service en 2026 — Photo : © OHÉ William JEZEQUEL

Le fabricant de sièges d’avions Expliseat lève 36 millions d’euros

Entreprise parisienne qui a ouvert en 2024 sa première usine à Avrillé, en périphérie d’Angers, Expliseat est spécialisée dans la conception et la fabrication de sièges de transport. Elle a mis au point un siège d’avion 30 % plus léger qu’un siège traditionnel, allégeant la masse des appareils pour réduire les émissions de CO2 par passager jusqu’à 6 %. Après une première levée de fonds de 17 millions d’euros en avril 2023, la start-up a bouclé un second tour de table, à hauteur de 36 millions d’euros. L’été dernier, elle disposait déjà d’un carnet de commandes de 50 millions d’euros, grâce à des clients comme Air France, Air Canada, ou Jazeera Airlines. À l’avenir, la start-up veut s’étendre à d’autres secteurs de la mobilité, comme le ferroviaire et les bus électriques.

Amaury Barberot, président d’Expliseat — Photo : Benjamin Robert

Green Impulse prévoit une levée de fonds pour 2026

Aller jusqu’à réduire l’usage de fongicide de 80 %, voire de les remplacer, c’est l’objectif que s’est fixé la start-up angevine Green Impulse. Brevetée en 2012 par une unité de recherche de l’Université d’Angers, sa technologie consiste à fragiliser les champignons pathogènes des plantes. Elle permet de diminuer fortement, voire de supprimer, l’usage de produits chimiques pour traiter les maladies des plantes. "Ce même principe est déjà utilisé en médecine, notamment pour le traitement des cancers où l’on vient fragiliser les cellules malades, indique Philippe Hervé, président de Green Impulse. Cela permet de réduire les doses de médicaments anticancéreux et d’éviter les effets secondaires." La start-up de 10 personnes, qui a levé 5 millions d’euros en 2022, prévoit un nouveau tour de table pour 2026, qu’elle envisage entre 5 et 15 millions d’euros. En parallèle, elle est à la recherche de partenaires industriels, notamment pour amener son produit sur le marché. Green Impulse envisage la commercialisation de sa solution pour 2030.

Green Impulse souhaite mettre sur le marché le premier synergiste au monde alternative aux produits phytosanitaires — Photo : Green Impulse

Gazotech s’allie avec Stellantis et l’ancienne centrale à charbon de Gardanne

Fondée en 2019, la start-up nantaise Gazotech a fait de la pyrogazéification son cheval de bataille. Il s’agit d’un procédé thermochimique qui fonctionne à plus de 800 degrés, et qui convertit des résidus forestiers ou des résidus agricoles secs, comme du marc de raisins épuisé, en un gaz de synthèse. Avec des industriels comme Cristal Union et la Florentaise au capital, la start-up collabore aujourd’hui avec Stellantis, afin d’installer une unité de production de gaz sur un site de l’industriel pour sa propre consommation. En parallèle, Gazotech travaille autour de l’ancienne Centrale à charbon de Gardanne, près de Marseille, pour y installer une centrale de production de gaz qui sera injecté directement dans le réseau gazier. "Nous devons lever entre 40 et 50 millions d’euros pour financer ce projet. La production de gaz devrait y être lancée courant 2028", souligne Maël Disa-Vingataramin, fondateur et dirigeant de Gazotech. L’entreprise souhaite multiplier les installations de pyrogazéification en France, soit directement sur les sites des industriels, soit pour les relier au réseau de gaz. Si elle installe déjà des unités de pyrogazéification, issues d’autres entreprises étrangères, Gazotech mène des recherches pour développer son propre gazogène. "D’ici 4 à 5 ans, nous pourrons l’industrialiser et le commercialiser", espère Maël Disa-Vingataramin.

Gazotech veut installer des unités de pyrogazéification pour des sites industriels en France — Photo : Gazotech

Enéad mise sur une immersion liquide pour refroidir les data-centers.

La deeptech mancelle a mis au point un nouveau processus de refroidissement des data centers.

Au lieu d’un refroidissement par air utilisé traditionnellement, Enéad propose une immersion dans un liquide des composants du datacenter, un système qui permettrait d’améliorer l’efficience et la durée de vie des machines. La start-up, qui mène actuellement une levée de fonds de 3 millions d’euros, commercialisera sa solution auprès des développeurs de data centers, des ETI, ou encore des consortiums industriels. "Il y a énormément d’acteurs, et de tailles très différentes. Ce qui est sûr, c’est que nous serons immédiatement sur un marché international. Ce dernier représentera 6 milliards d’euros en 2030, contre un milliard d’euros aujourd’hui. Nous devrons donc être prêts", explique le dirigeant Jean-Baptiste Bracq. Une seconde levée de fonds, quatre à cinq fois supérieure, est déjà prévue à l’horizon 2027, avec une vingtaine d’emplois à la clé.

Enéad veut se positionner sur un marché en demande de solutions d’économie d’énergie dans l’industrie du numérique. Ici, un serveur plongé dans un liquide diélectrique avec deux points chauds, lesquels sont refroidis avec une technologie d’injection de microbulles mise au point par la deeptech mancelle — Photo : Enead

Le vendéen Anod veut devenir un fournisseur pour d’autres marques de vélo

La start-up parisiano-vendéenne Anod a mis au point une technologie de vélo électrique hybride, capable de se recharger lors du freinage. Pour ce faire, le moteur se transforme en dynamo capable de générer de l’énergie. L’électricité est ensuite stockée par des supercondensateurs, qui la restituent lors du redémarrage. Le moteur est fabriqué dans l’atelier en Vendée, l’électronique dans les Pays de la Loire, et la batterie en Auvergne. Anod a bouclé en 2025 un tour de table de 320 000 euros, en plus d’une levée via le crowdfunding, et d’un soutien de 1,7 million d’euros via France 2030. Elle veut aujourd’hui industrialiser sa technologie de chaîne de traction pour vélo électrique. Mais son objectif n’est pas de seulement vendre ses vélos. Le modèle économique d’Anod repose sur le fait de devenir également un fournisseur de systèmes complets pour d’autres marques de vélo, comme Bosch ou Shimano le font aujourd’hui. "D’ailleurs, Bosch détient 70 % du marché européen des chaînes de traction pour vélos. Nous voulons chasser Bosch sur ses terres", nous confiait Arnaud Malrin, dirigeant et fondateur d’Anod.

Si l’entreprise est basée à Paris, elle a installé son usine de production à Fontenay-le-Comte, en Vendée — Photo : Anod

Depuis Le Mans, Maagm vise la Lune et les sous-sols marins

Installée à Le Mans Innovation depuis deux ans, Maagm évalue et développe des instruments de mesure géophysique, basés sur l’optique. Cette deeptech mancelle, qui compte une dizaine de personnes, a d’abord fait parler d’elle, fin 2024, en décrochant un contrat auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA) : elle est chargée de mener une étude pour évaluer les futurs gyroscopes pour des satellites ou de futures missions spatiales. Elle a également signé un contrat avec le Cnes, afin de développer la mesure optique d’un sismomètre destiné à être installé sur la Lune. Fin 2026, la start-up saura si ses capteurs pourront être intégrés à l’étape finale de développement, vers les missions lunaires à l’horizon 2030. Mais les instruments de Maagm pourrait aussi servir l’environnement. "Dès qu’il y a de grandes catastrophes naturelles, on constate des déblocages de crédits, par les États notamment, pour acheter des outils de mesure de l’activité terrestre. Et sous l’effet du réchauffement climatique, la dilatation de la croûte terrestre amplifie les phénomènes", lâche le dirigeant Frédéric Guattari. Leur répétition devrait donc avoir une incidence sur la demande des solutions de Maagm, qui pourront être installées jusque dans les sous-sols marins.

Installée au Mans, la start-up de la deeptech Maagm conçoit des outils de mesure optique de haute précision pour observer les mouvements de la Terre — Photo : Maagm

Imagin-VR fait entrer la réalité virtuelle dans le monde médical

L’entreprise créée en 2018 propose des solutions en réalité virtuelle sans casque, via un "cube", une pièce immersive et démontable où sont projetées des images à 180°. Ces équipements sont déployés dans trois grands domaines d’application : la formation, l’industrie et la santé. Dans ce dernier domaine, les patients sont immergés dans des univers définis pour le traitement des phobies, addictologies ou encore de la schizophrénie. L’entreprise a par exemple mis au point pour Sanofi des formats sur-mesure de ses cubes immersifs, pouvant aller jusqu’à 4 mètres de long par 3 mètres de hauteur. "C’est environ deux fois plus grand que nos cubes VR classiques. Le but du laboratoire est de pouvoir y accueillir des groupes plus importants, jusqu’à une quinzaine de personnes à la fois", notait Marc Travers, cofondateur de la start-up. Ces cubes serviront pour la formation et les visites virtuelles de personnes extérieures, pour faire découvrir la production des vaccins par exemple. "Nous allons participer à la création du Campus Numerica au Futuroscope de Poitiers", annonçait le fondateur.

CR Industry a recolté 750 000 euros pour faciliter les déplacements des agriculteurs

La jeune start-up vendéenne CR Industry a mis au point un support, pour porter un vélo, une moto ou un quad sur un tracteur. L’objectif est de faciliter les déplacements des exploitants agricoles, et de permettre des économiqes de carburants. "Entre deux pôles d’activités de son exploitation, un agriculteur parcourt entre 5 et 7 km en moyenne. Il s’agit de distance relativement courte, mais trop longue pour seulement marcher, et le tracteur est utilisé par défaut", notait, fin 2024, Clovis Richard, cofondateur et président de CR Industry. Avec aujourd’hui quatre personnes à bord, l’entreprise prévoit sept nouveaux postes dans les trois prochaines années. En mars dernier, la start-up a levé 750 000 euros afin de renforcer son réseau de distribution en France et d’étendre son activité à l’étranger, notamment l’Allemagne, la Suisse et le Benelux.

Clovis Richard et Baptiste Cormerais, respectivement président et directeur général de CR Industry, veulent devenir leader des mobilités agricoles en Europe — Photo : Benjamin Robert

Fairmat a obtenu 51 millions d’euros pour recycler les fibres de carbone

En avril 2025, la start-up parisienne Fairmat, dont l’usine est basé près de Nantes, à Bouguenais, a obtenu 51 millions d’euros. L’objectif est d’augmenter ses capacités de recyclage des fibres de carbone, afin de produire un matériau de haute qualité, qui se veut plus léger que l’aluminium. Avec aujourd’hui une centaine de salariés, Fairmat avait déjà deux levées de fonds à son actif, avec un premier tour de table de 8,6 millions d’euros en 2021, suivi d’un second de 34 millions d’euros en novembre 2022.

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