France
François Bayrou confie la réforme des retraites aux partenaires sociaux
France # Social

François Bayrou confie la réforme des retraites aux partenaires sociaux

Lors de son discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale, le Premier ministre François Bayrou a appelé les partenaires sociaux à redéfinir la réforme des retraites. Les annonces concernant les entreprises ont, elles, été beaucoup plus vagues.

Lors de son discours de politique générale, François Bayrou a demandé aux partenaires sociaux de rediscuter de la réforme des retraites — Photo : DR

Devant le chahut d’une Assemblée Nationale dissipée, François Bayrou a fait de la question des retraites sa "première urgence". Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a longuement abordé ce sujet. C’est d’ailleurs le seul qu’il a véritablement abordé en profondeur, définissant un objectif, une méthode et un calendrier. La réforme de 2023 ne sera pas suspendue, mais le sujet est remis en chantier.

Retraites : renouer avec l’équilibre financier

Cap fixé par le premier ministre : que le système de retraite retrouve l’équilibre financier. Le contraire serait "un problème moral" et "une faute impardonnable contre notre pays", déclare-t-il. "La dette est injuste et insupportable si elle met à la charge de nos enfants nos dépenses courantes de la vie quotidienne d’aujourd’hui", précise François Bayrou. Le Béarnais a assuré qu’en 2021 le système de retraite affichait un déficit annuel de 55 milliards d’euros. Ce chiffre est bien plus élevé que celui avancé par le Conseil d'orientation des retraites. Mais il tient compte des subventions des pouvoirs publics.

Trois mois de négociations "sans aucun tabou"

Pour ce qui est de la méthode, le Premier ministre va s’y prendre en deux temps. Il confie d’abord une mission de quelques semaines à la Cour des comptes qui sera chargée de dresser un constat et de donner "des chiffres indiscutables" sur le système actuel et son mode de financement. Il s’en remet ensuite aux partenaires sociaux pour négocier une réforme "socialement plus juste", devant respecter cet équilibre financier. Pour le Béarnais, "toutes les pistes méritent d’être explorées". Les négociations devront se dérouler durant trois mois "sans aucun totem, sans aucun tabou", y compris en ce qui concerne l’âge de départ à la retraite.

S’il n’y a pas d’accord, la réforme actuelle des retraites sera appliquée

Si les partenaires sociaux finissent par trouver un accord, le texte sera examiné au Parlement à l’automne prochain, durant l’adoption du projet de loi de finances de la sécurité sociale. Si les partenaires sociaux ne se mettent pas d’accord, la réforme actuelle, mise en place par Élisabeth Borne à coup de 49.3, sera appliquée.

5,4 % de déficit public visé en 2025

Pour le reste, le premier ministre s’est montré beaucoup plus évasif. Il a rappelé l’importance de l’adoption d’un budget pour la France et les objectifs qu’il avait fixés avant les fêtes de fin d’année. Le déficit public devra être ramené à 5,4 % du PIB dès cette année et à 3 % en 2029. Pour bâtir ce budget, le gouvernement tablera en 2025 sur une croissance de 0,9 % du PIB, suivant les prévisions de la Banque de France. Elles restent inférieures à celles établies avant la motion de censure qui a renversé le gouvernement Barnier (qui tablait sur 1,1 % de croissance en 2025).

Vers des coupes claires dans les agences étatiques

Le Premier ministre a appelé à un "mouvement puissant de réforme de l’action publique" pour faire "des économies importantes". "Est-il nécessaire que plus de 1 000 agences, organes ou opérateurs exercent l’action publique ?", s’interroge le Premier ministre. Avant de lui-même répondre : "Un pays rigoureux et sérieux peut difficilement se satisfaire d’un tel labyrinthe". Des coupes claires sont donc à venir dans les agences d’États. Lesquelles ? Encore trop tôt pour le dire.

Pour se moderniser, l'État va se doter d’un fonds spécial. La vente d’actifs – immobiliers notamment – devra permettre de donner les moyens à l’État de mettre en place de nouvelles organisations, en investissant notamment dans de nouvelles technologies, dont l’IA.

Bayrou déclare sa flamme aux multinationales

Pour les entreprises, le Premier ministre a encore été moins précis. Mais l’intention y est. François Bayrou a déclaré sa flamme aux multinationales qui "font honneur à la France et contribuent à sa richesse". "Nous devons leur faciliter la tâche", assure-t-il. Comment ? D’une part, en les prémunissant contre des "augmentations exponentielles d’impôts et de charges".

D’autre part, en enlevant de la bureaucratie. "Le projet de loi de simplification de la vie économique qui a commencé à être examiné devra être adopté rapidement", fixe le Béarnais. Au-delà de ce texte dont l’examen parlementaire a été stoppé suite à la dissolution, il faut pour le gouvernement agir plus en profondeur, en "rendant du pouvoir au terrain". Les acteurs de terrain, dont font partie les entreprises, "devront redéfinir eux-mêmes avec l'État les simplifications, suppressions et allègements d’obligations utiles".

France # Social