Claude Seyrat revient tout juste de Barcelone et du Mobile World Congress, le plus grand salon de l’industrie de la téléphonie mobile. Le PDG et cofondateur de Firecell (20 collaborateurs) en a rapporté des dizaines de contacts prometteurs et un fort enthousiasme. "C’est une des meilleures éditions à laquelle nous soyons allés, assure-t-il. Je pense qu’avec cette fusion, nous sommes passés du stade de petits vendeurs qui proposaient des systèmes complets mais pour des petits réseaux et des petits besoins, à une société qui peut vendre à des gros."
La start-up niçoise a en effet officialisé en Catalogne, sa fusion avec le belge Accelleran. Les deux entités, sans se connaître jusqu’à l’été 2025, œuvraient dans le même but : proposer une solution complète de 5G privée.
Comme un Wi-fi… en mieux
La 5G privée ? "Il faut la voir comme un réseau Wi-Fi mais qui utilise des technologies beaucoup plus puissantes et beaucoup plus sécurisées que le Wi-Fi, avec une carte SIM, résume Claude Seyrat. On a pris de la technologie 5G publique et on l’a fait réduire, pour la mettre à disposition des entreprises, tout simplement." De quoi assurer une connectivité optimale et fiable, peu importe le lieu, indépendamment des réseaux des opérateurs traditionnels accessibles tous les utilisateurs.
De l’armée américaine à TheCamp
La solution de Firecell est opérationnelle depuis près d’un an. La liste de ses clients (via des intégrateurs), qui sont très majoritairement internationaux, ne cesse de s’allonger : l’armée américaine, Numerisat qui déploie le réseau sur 125 km dans la Haute Maurienne, le campus aixois TheCamp, Framatome sur des sites nucléaires ou encore l’aéroport allemand de Paderborn. "Nous discutons avec un fabriquant automobile qui a une usine de 100 000 m2 et qui utilise des robots porteurs pour amener les pièces détachées sur la chaîne de montage, décrit le dirigeant. Aujourd’hui, il y en a 50 et il en veut 500 d’ici trois ans. "
Autant de cas d’usage qui ne pourront que se multiplier au fur et à mesure que les procédés industriels se digitalisent, que les usines se robotisent, que les machines s’autonomisent. Et cela vaut autant pour les grandes entreprises que pour les PME industrielles. C’est d’ailleurs pour démocratiser les réseaux privés auprès des entreprises, quelle que soit leur taille, que Firecell s’est lancé en 2021.
Changement d’échelle
Sous la nouvelle entité intégrant Accelleran, l’entreprise azuréenne (qui compte à présent 40 collaborateurs) va désormais pouvoir adresser des hôpitaux, des ports, des aéroports, des sites logistiques ou militaires. Les demandes émanant du secteur de la Défense — grand utilisateur de drones notamment — vont crescendo. "Dans tous les sites qui comptent de grosses machines dont l’arrêt pourrait coûter cher ou être dangereux, c’est de là que nous recevons le plus de demandes", souligne Claude Seyrat.
Un tour de table de près de 8 millions d’euros
Pour soutenir la création de ce nouvel acteur franco-belge, qui conserve le nom Firecell et son siège social à Nice, la start-up a bouclé une levée de fonds de 7,9 millions d’euros, auprès de Bpifrance Digital Venture, de l’allemand Matterwave Ventures, du belge Qbic Fund Venture Capital et de Cogito Capital Partners.
La voici mieux armée pour accélérer la cadence et répondre à toutes les sollicitations.
Un premier produit intégré
Premier objectif : " dans six mois, il nous faut sortir un produit intégré, car aujourd’hui, il est interfacé mais il n’est pas encore intégré. L’utilisateur ne doit pas avoir le système Firecell et le système Accelleran mais ne doit voir qu’une boîte encore. Il ne doit avoir qu’une boîte."
D’ici la fin 2026, Firecell entend également ajouter une couche supplémentaire en s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour détecter des intrusions sur le réseau.
Une fusion à digérer
Mais au-delà du développement purement technologique, il est, pour le dirigeant niçois, un premier challenge de taille à passer. "Bien absorber et digérer la fusion est une étape énorme. Vingt personnes d’un côté, vingt personnes de l’autre… il faut vraiment que tout le monde apprenne à travailler avec tout le monde. C’est pour cela que cette année, nous ne visons pas une croissance exponentielle comme les années précédentes."
Firecell table ainsi sur un chiffre d’affaires autour de 5 millions d’euros pour 2026 contre 4 millions en 2025. Avant une année 2027 qui promet d’ores et déjà une belle accélération.