Féria : Un business arlésien
# Services

Féria : Un business arlésien

Du 10 au 13avril, près de 500.000 personnes sont attendues à Arles, à l'occasion de la Féria de Pâques. Avec un budget de 2M€ pour la seule organisation des spectacles tauromachiques, et une moyenne de cinq euros de retombées pour chaque euro investi, l'événement est une manne importante pour le tissu économique d'Arles, et notamment pour les hôtels, restaurants et commerces du centre-ville. Entre bodegas, aficionados et paseo, enquête sur un business 100% arlésien.

Bon an mal an, au gré des conditions météorologiques, la Féria de Pâques attire à Arles environ 500.000 personnes, dont 60.000 se rendent aux spectacles tauromachiques, dans les Arènes de la ville. Les autres profitent de l'ambiance survoltée qui règne dans la cité, ainsi que des multiples animations festives et culturelles. Au total, les retombées économiques pour la ville d'Arles et son territoire immédiat sont évaluées à cinq euros pour chaque euro investi. Une manne financière dont les bénéficiaires les plus directs sont sans surprise les organisateurs des événements tauromachiques. Depuis 1999, la délégation du service public de la gestion des Arènes d'Arles est confiée par la ville à la société Jalabert Frères, qui gère un budget d'organisation d'environ 2M€ par édition pour la Féria de Pâques, l'événement qui représente 60% de son activité. «Nous ne vivons pas de subventions, prévient Luc Jalabert, dirigeant de la société avec son frère Marc. Nous sommes une entreprise privée qui participe à un degré très important à la vie économique du territoire, par notre investissement».




Retombées économiques

En effet, outre le personnel directement dédié à l'organisation de l'événement tauromachique - pendant la féria, l'effectif de la société passe de 5 à 300 personnes -, c'est tout un tissu économique local qui bénéficie des retombées de la féria. «Durant ces quatre jours, tous les hôtels sont complets, à Arles et à quarante kilomètres à la ronde », confirme Francine Riou, directrice adjointe de l'Office de tourisme de la ville, pour qui la diversité des publics implique un panier moyen compris entre 100 et 1.000 euros par jour. « C'est le plus gros week-end de l'année, et le début de la saison touristique», ajoute-t-elle. Car pour les visiteurs, venus à près de 50% de l'étranger, et notamment d'Italie et d'Espagne, les corridas ne représentent qu'une partie de l'attraction offerte par la ville. «D'ailleurs, seuls 10% d'entre eux viennent aux arènes, confie Luc Jalabert. Tous veulent profiter des fêtes de rue, des musées, des boutiques de prêt-à-porter ou de décoration, des restaurants, des bodegas... Pour certains de ces établissements, leur chiffre d'affaires se fait quasi exclusivement pendant la féria. Et tous les secteurs d'activité sont concernés. D'ailleurs, quand une édition de la féria est froide ou pluvieuse, et que la fréquentation baisse, c'est un coup dur pour tout le monde».




La féria et les entreprises

Ainsi, les petites sociétés locales participent à leur niveau au succès de l'organisation de la féria, par le biais d'achats de places ou d'espaces publicitaires. Pour autant, si des PME et des banques soutiennent ouvertement l'événement, les grandes entreprises restent pour le moment assez frileuses en matière de sponsoring. «Elles viennent sur la pointe des pieds, car la tauromachie reste aujourd'hui encore politiquement incorrecte, regrette Luc Jalabert. C'est d'ailleurs cette mauvaise image qui nous handicape en terme de TVA. Notre secteur est à 19,6%, contrairement à d'autres activités artistiques. Il nous faudra nous battre sur ce dossier, pour faire tomber les barrières». En attendant, la société Jalabert Frères envisage déjà de renouveller sa candidature à la délégation de service public, qui prend fin en 2010.

# Services