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Faut-il généraliser la semaine de quatre jours ?
France # Qualité de vie au travail

Faut-il généraliser la semaine de quatre jours ?

Une mission d’évaluation parlementaire, rendue publique mercredi 16 octobre et ayant reçu un avis favorable de la Commission des affaires sociales, défend ce mode d’organisation du travail tout en reconnaissant que ce n’est pas la panacée.

Concentrer sa semaine de travail sur quatre jours séduit les salariés mais les inquiète également — Photo : JustLife

C’est un serpent de mer qui agite régulièrement les débats. La semaine de quatre jours, souvent présentée comme la solution idéale pour améliorer la vie des salariés, mérite d’être "mise en œuvre, autant qu’il le soit possible", a lancé le 17 octobre Stéphane Viry, député Liot des Vosges au micro de franceinfo. Co-rapporteur d’une mission d’évaluation déposée à l’Assemblée nationale, l’élu estime que cette organisation du travail, même si elle "n’est pas la panacée", permet de mieux "articuler vie privée et professionnelle". Pour autant, précise-t-il, pas question de la rendre obligatoire par la loi, car cela dépend des cas et des situations.

D’autres pays testent cette organisation

Dans leurs travaux, les rapporteurs de la mission d’évaluation se sont notamment basés sur des expériences menées au Royaume-Uni et au Portugal. Là-bas, "les entreprises n’ont pas perdu en termes de productivité, ou de chiffre d’affaires, et les salariés vont mieux", constate Stéphane Viry. En Belgique, qui l’autorise depuis 2022 dans ses entreprises, elle ne connaît, en revanche pas un gros succès, puisque seuls 0,75 % des salariés en CDI l’auraient adoptée selon une enquête publiée récemment par l’expert en RH Acerta Consult.

Pour les salariés… "oui, mais"

En France, quelque 150 entreprises de toutes tailles ont déployé la semaine de quatre jours. C’est le cas, par exemple, d’Initial Expertise, une start-up basée à Reims, de l'entreprise de BTP drômoise Structa ou du fabricant normand de produits d'hygiène Pimpant. Le patron du distributeur lyonnais de produits high-tech Laurent de la Clergerie a même publié l'an passé un livre invitant les employeurs à "oser la semaine de 4 jours".

Plus généralement, il est estimé que 11 % des salariés de l’Hexagone travaillent à ce rythme (en tenant compte du temps partiel choisi ou subi).

Si elle séduit sans réserve un actif sur deux a révélé, en avril dernier, une étude du groupe Adecco et du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), qui avait sondé 3 000 personnes à l’automne 2023, la formule a aussi ses faiblesses. Beaucoup d’employés redoutent, entre autres, le changement de rythme hebdomadaire qui en découle. En particulier, l’accumulation de fatigue liée à l’allongement des journées. La difficulté pour la garde des enfants, les problèmes d’organisation du travail dans un temps plus court et "l’existence de contreparties négatives" inquiètent également.

Au choix des entreprises

L’ancien Premier ministre Gabriel Attal avait lancé une vaste expérimentation autour de cette semaine de quatre jours dans les administrations comme l’Urssaff Picardie où cela "a été un fiasco total" ont rapporté plusieurs médias. Un bilan général devrait être effectué en 2025. En attendant, le nouveau gouvernement n’envisage pas de la généraliser. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a estimé, début octobre, sur franceinfo, que cela "doit se décider au niveau des entreprises et par branche".

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