Suite à son transfert de propriété et de compétences de l’État à l’Eurométropole en 2021, la collectivité strasbourgeoise est depuis en charge de l’entretien et de l’exploitation du Pont de l’Europe, à responsabilité partagée avec son homologue allemande. La collectivité alsacienne a donc signé le 16 janvier la convention d’études la liant au Regierungspräsidium Freiburg (un échelon régional du land du Bade-Wurtemberg) dans leur projet commun de reconstruction du Pont de l’Europe qui relie depuis 1960 la France à l’Allemagne.
Cet axe privilégié de franchissement du Rhin, emprunté chaque jour par 27 000 véhicules, voitures et poids lourds sur deux fois deux voies, avait bénéficié de travaux de rénovation en 2023. Un chantier nécessaire projeté à dix ans.
Le pont dessert le Port du Rhin
Écartant l’hypothèse d’un renforcement du pont actuel à plus long terme, les collectivités frontalières ont souhaité lancer l’étude relative à la reconstruction du pont, dans la proximité immédiate de l’existant, afin de réduire l’impact sur le trafic pendant la durée des travaux, mais aussi faciliter les raccordements entre le nouvel ouvrage, les réseaux et les entrées de ville existantes.
Côté français, le Pont de l’Europe dessert notamment le Port du Rhin, un bassin qui regroupe 500 entreprises et totalise 10 000 emplois.
La future étude devra permettre d’identifier les besoins de part et d’autre du Rhin, et de définir les modèles de trafic attendus afin d’opter pour le dimensionnement adéquat, a notamment précisé Pia Imbs, la présidente de l’Eurométropole de Strasbourg.
Entre 30 à 40 millions d’euros de budget évoqués
Un budget de 1 million d’euros pour les études, et un autre de "30 à 40 millions d’euros" pour la construction de ce pont d’une longueur de plus de 250 mètres ont été évoqués (l’État dans le cadre du contrat triennal et les fonds européens seront notamment sollicités côté français). Le financement devant se répartir à parts égales entre les deux signataires. Le phasage administratif entre les deux pays, les études, autorisations et travaux ne laissent pas espérer de mise en service du nouveau Pont de l’Europe avant 2035.