Pour Martial Demange, le dirigeant du groupe immobilier Avinim, cette opération va lui faire gagner "près de trois ans". Basé à Épinal, dans les Vosges, son groupe, qui réalise près de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, vient de reprendre 100 % du capital de Réseau Brokers, une société parisienne spécialisée dans la transaction immobilière pour les professionnels.
Vers les 400 mandataires travaillant pour Avinim
Employant six salariés pour un cchiffre d’affaires d’environ 5,7 millions d’euros, Réseau Brokers s’appuie sur un réseau de 80 mandataires déployés à l’échelle nationale : bâti depuis 2017, ce dernier a permis à Réseau Brokers de se voir confier 8 600 mandats pour finaliser 1 500 opérations depuis la création de l’entreprise, par Martial Biu et Mikaël Dahdi.
Et c’est ce réseau de mandataires, des indépendants qui travaillent pour le groupe et sont rémunérés sur chaque transaction signée, qui intéressait Martial Demange. "Notre premier objectif, à court terme, c’est de passer le cap des 100 mandataires pour renforcer les territoires qui ne sont pas encore couverts par des représentants d’Avinim. Ensuite, nous irons jusqu’à 400 mandataires à l’échelle nationale. Là, nous aurons un maillage très fin du territoire", fixe le dirigeant.
Différents métiers qui permettent de renforcer les fonds propres
Après la transaction, le nouvel ensemble formé par le groupe Avinim et Réseau Brokers emploie une trentaine de salariés et pèse plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. Revendiquant un positionnement atypique, le groupe de Martial Demange opère sur cinq grands métiers. "Comme une major du BTP sauf que nous n’avons pas les mêmes moyens", constate le dirigeant vosgien en énumérant les activités sur lesquelles le groupe opère : la transaction, la construction, le financement, le conseil et la production d’énergie.
La structuration par métier permet au groupe de faire remonter les bénéfices filiale par filiale et in fine, de renforcer les fonds propres, nécessaires pour mener une stratégie de développement. "L’année dernière, nous étions à 37 millions de fonds propres, et nous allons encore un peu augmenter sur cet exercice, que nous avons bouclé fin mars", détaille Martial Demange.
11 mois de négociation pour convaincre
Après le rachat de Réseau Brokers, le dirigeant du groupe Avinim peut désormais s’appuyer sur un réseau de 90 mandataires à l’échelle nationale. Et pour atteindre son objectif de 400 mandataires, Martial Demange compte sur un développement en propre mais aussi sur la franchise. "C’est moi qui ai pris l’initiative de contacter les dirigeants de Réseau Brokers", retrace Martial Demange. Âgés d’une quarantaine d’années, et en plein développement, les deux dirigeants parisiens n’étaient pas vendeurs. Mais le dirigeant du groupe Avinim ne voulait pas l’entendre : "C’est l’année dernière que nous avons lancé la stratégie visant à créer un réseau de mandataires. Il fallait donc le monter de toutes pièces. Une autre façon pour aller plus vite, c’était d’approcher le réseau numéro un dans le domaine, le Réseau Brokers".
Au bout de 11 mois de négociation, Martial Demange a réussi à convaincre les dirigeants de Réseau Brokers. Suite à la reprise, le dirigeant d’Avinim s’est lancé dans un tour de France pour écouter tous les mandataires de son nouveau réseau. "À l’issue de cette phase de rencontre et de consultation, nous leur présenterons le plan stratégique de développement du groupe", précise Martial Demange.
Devenir "proactif" et non plus "suiveur" des clients
Dès l’exercice 2026-2027, le dirigeant vosgien compte lancer une nouvelle phase de développement, en déployant les différents métiers du groupe sur de "grandes agences", correspondant à des "grands quarts de France" sur lesquels Martial Demange veut pouvoir "représenter physiquement les métiers" d’Avinim.
"Nous sommes en croissance, nous ne manquons pas de travail et nos carnets de commandes, dans tous les métiers, sont remplis"
Déjà amené à opérer partout en France depuis les Vosges, pour suivre ses clients dans leurs stratégies d’implantations, le groupe devrait franchir une nouvelle étape. "Avec le Réseau Brokers et notre stratégie de déploiement, nous serons alors proactifs et non plus suiveurs", se félicite le dirigeant d’Avinim, en estimant que le chiffre d’affaires du groupe pourrait "doubler" en trois ou quatre ans, une fois la stratégie engagée.
Un positionnement qui paie
Opérant dans un secteur chahuté, Martial Demange se dit "confiant" : "Nous sommes en croissance, nous ne manquons pas de travail et nos carnets de commandes, dans tous les métiers, sont remplis", argumente le dirigeant. Encore très orienté il y a quelques années sur le commerce et le marché des bureaux, le groupe Avinim s’est repositionné sur les activités industrielles. "Nous nous sommes adaptés à l’évolution du marché et cela nous a plutôt servis", constate Martial Demange.
Parmi les belles références du groupe, figure notamment l’investissement de la Scierie Gaiffe, installée dans les Vosges, à Champ-le-Duc et Jussarupt : sur les 65 millions d’euros injectés dans l’opération, 14 millions d’euros ont été consacrés à des bâtiments. "Sur la construction, nous sommes positionnés sur des bâtiments allant de 5 000 à 10 000 mètres carrés", précise Martial Demange.
Sur les transactions, le groupe prend position sur des opérations inférieures à quelques milliers de mètres carrés. Autre facteur expliquant la croissance du groupe, la capacité à "autogénérer du chiffre d’affaires". Comme le décrit Martial Demange : "Une opération de transaction peut nous permettre de placer des panneaux photovoltaïques. Ou la recherche de locaux dans une ville peut aboutir à les construire."