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Élection CPME : Amir Reza-Tofighi veut "redonner du souffle aux entreprises"
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Élection CPME : Amir Reza-Tofighi veut "redonner du souffle aux entreprises"

Amir Reza-Tofighi est un des trois candidats à la succession de François Asselin à la présidence de la CPME. Le PDG de Vitalliance veut redonner du souffle aux entreprises et au modèle social français.

Amir Reza-Tofighi, PDG de Vitalliance, est l’un des trois candidats à la présidence de la CPME — Photo : DR

Fils d’une famille de réfugiés iraniens né en France, PDG d’une entreprise pesant 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, Amir Reza-Tofighi vise la présidence de la CPME avec un objectif clair : redonner du souffle aux PME françaises et de la rationalité aux débats de politique économique. C’est dans cette perspective qu’il brigue la tête de ce syndicat patronal présidé depuis 10 ans par François Asselin. Le poste est aussi convoité par Alain Gargani et Gaëtan de Sainte Marie. Les 112 unions territoriales et les 122 fédérations composant la CPME départageront les trois candidats lors d’un vote ce 21 janvier.

Un serial entrepreneur

Âgé de 40 ans, Amir Reza-Tofighi a cofondé en 2005 la société Vitalliance alors qu’il était étudiant. Diplômé de Supelec (2008) et HEC (2009), il est aujourd’hui le PDG de cette entreprise de services à la personne. Vitalliance emploie 8 500 salariés (pour 200 M€ de CA) au sein de son siège social basé à Courbevoie (Hauts-de-Seine) et de ses 150 agences réparties sur le territoire français.

Ayant participé dans les années 2010 à la création de la plateforme de location de bateaux Click and Boat (il a revendu ses parts depuis) et de la plateforme de VTC Heetch (dont il est toujours actionnaire), Amir Reza-Tofighi a présidé entre 2016 et 2022 la Fédération française de services à la personne et de proximité (Fédésap). Il a intégré à cette date la CPME, dont il siège au comité exécutif depuis 2019.

"Revenir sur la politique de l’offre serait suicidaire"

Déclarant s’inscrire dans la continuité de François Asselin, Amir Reza-Tofighi milite pour une poursuite de la politique de l’offre. "Revenir dessus serait suicidaire", assure-t-il. Outre des mesures économiques visant à stimuler la croissance en soutenant les entreprises et la production, le dirigeant de Vitalliance défend une politique économique favorable aux TPE et PME, qui "ne sont pas de grandes entreprises en miniature". Il prône ainsi pour un assouplissement des normes et du code du travail, veut rendre les marchés publics plus accessibles aux PME, relever les seuils sociaux ou encore faciliter la transmission des entreprises à leurs salariés par des incitations fiscales.

Redonner de la valeur au travail en diminuant les charges salariales et patronales

Le quadragénaire défend aussi la valeur travail. Il faut pour cela "redonner du souffle aux entreprises et aux salariés face aux prélèvements". Afin d’augmenter les salaires, Amir Reza-Tofighi milite pour diviser par deux les charges salariales. Afin de redonner de la compétitivité aux entreprises, il veut aussi baisser les charges patronales, en menant "un travail technique de relissage de la courbe d’allègement de charges pour qu’elles soient moins importantes quand le salaire augmente".

Face à ces manques à gagner pour les finances publiques, l’entrepreneur appelle à une réforme de l’État (pour faire des économies) ainsi qu’à un transfert de la fiscalité, "vers le consommateur ou le produit, pour qu’elle touche moins le travail".

Modèle social en danger

Pour le dirigeant de Vitalliance, "il faut sortir de ce schéma de pensée de taxer le travail". Non seulement, cela rend les entreprises moins compétitives, mais en plus "on ne peut plus financer notre modèle social par le travail". Ainsi, "on ne devrait pas avoir de déficit au niveau de notre système de retraite. Je déplore qu’on vende du rêve aux gens. Mais c’est l’État – donc nous et nos enfants – qui comblons le déficit à la fin. C’est ahurissant !".

Une parole patronale forte

Dans un débat politique qu’il qualifie parfois de "lunaire", Amir Reza-Tofighi veut ramener de la rationalité économique. Pour cela, il défend une CPME à la fois "offensive" et "force de propositions" ainsi qu'"un front patronal fort".

Avec le Medef, "on n’est pas d’accord sur tout mais ce qui nous unit est plus fort que nos différences. On doit avoir une parole patronale très forte. C’est une parole rationnelle, qui va dans le sens de l’intérêt général. Elle doit être écoutée".

La voix de la CPME devra porter dès le jour de l’élection car le nouvel homme fort du syndicat patronal sera élu en plein débat budgétaire.

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