Le chantier naval costarmoricain Efinor Sea Cleaner (25 salariés), spécialisé dans les bateaux de dépollution en aluminium, a effectué une démonstration de son drone maritime USV Mass Cleaner le 9 juin, sur le port de Paimpol. L’aboutissement de deux années de développement.
Lauréat du programme d’investissement et d’accompagnement IBreizh, porté par Iberdrola France, gestionnaire via sa filiale Ailes Marines du parc éolien en mer de Saint-Brieuc, ce drone de 5,5 mètres sur 2,4 se veut multiservice. Ce petit bateau en aluminium qui ressemble à un catamaran est en effet une plateforme modulaire.
Des modules démontables pour des utilisations différentes
"Les deux modules qui sont installés sur ce premier modèle de démonstration sont des modules de déchets, solides d’un côté et liquides de l’autre, comme les hydrocarbures, affirme Benjamin Lerondeau, directeur opérationnel d’Efinor Sea Cleaner. Ils sont démontables et peuvent être remplacés par d’autres modules permettant le déploiement d’un barrage anti-pollution flottant, pour la mesure de la qualité de l’eau, pour des interventions sous-marines…"
Un drone téléopérable ou autonome
Le drone dispose de quatre caméras, dont une sous-marine. Avec sa propulsion électrique, il dispose d’une autonomie de 8 heures. Ce premier prototype en taille réelle est manipulé par un opérateur à l’aide d’une mini-console disposant de deux joysticks, à vue ou à distance, via la 5G ou, éloigné des côtes, via le fournisseur d’internet par satellite Starlink. Mais il peut également fonctionner en totale autonomie. "Pour les déchets liquides, il enverra une alerte à son propriétaire, pour que des mesures complémentaires puissent être prises, reprend Benjamin Lerondeau. Tous les essais sont filmés et l’IA intervient pour optimiser son action."
La partie IA, notamment pour la détection des déchets, est co-développée avec l’entreprise OSE Engineering, basée en Région Parisienne.
Un premier achat en cours de discussion
Le prix catalogue de ce drone maritime d’Efinor Sea Cleaner, basé à Paimpol, est de 300 000 à 500 000 euros, en fonction des options choisies. Ses clients peuvent être des ports, pour des actions autonomes de dépollution. Son premier acheteur pourrait d’ailleurs être un port français, les discussions sont en cours. Mais il peut aussi intéresser les opérateurs qui travaillent dans des milieux dangereux, les scientifiques, associations… L’engin est démontable pour un envoi plus facile sur site en cas d’urgence.
IBreizh a financé le développement à hauteur de 100 000 euros
Iberdrola France ne sera pas ce premier acheteur. "Nous n’avons pas beaucoup d’objets dérivants sur le parc éolien et nous avons un navire de surveillance sur place 24 h sur 24, explique Marie Thabard, direction des opérations offshore d’Iberdrola France. Grâce à IBreizh, Efinor a bénéficié d’une subvention de 100 000 euros et nous allons lui donner la possibilité de tester son drone sur le parc éolien. La vocation du programme est de financer des initiatives et de leur permettre de les tester en conditions réelles."
Le programme IBreizh, co-piloté avec la Région Bretagne, est prévu pour durer jusqu’en 2029. Le dernier appel à manifestation d’intérêt en date, consacré à la surveillance et la sécurité des parcs éoliens en mer, a récompensé trois lauréats : le bretillien Nanocode, le brestois Quiet-Oceans et le francilien Seaowl. Se sont associés au programme la CCI Côtes-d’Armor, le Pôle Mer Bretagne, France Énergies Marines, le Comité régional de la Conchyliculture Bretagne Nord et le Comité régional des pêches maritimes et élevages marins de Bretagne.