Échalotes : Les producteurs manifestent contre les semis
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Échalotes : Les producteurs manifestent contre les semis

Les producteurs finistériens d'échalotes font face à la concurrence des échalotes de semis, plus faciles à récolter. Ils demandent le retrait du marché de ces variétés.

Les producteurs finistériens d'échalotes de tradition se sont mobilisés le 14 janvier à Morlaix, bloquant la ville avec des tracteurs avant d'aller déverser des échalotes sur la RN12. Ils demandent le retrait de certaines variétés issues de semis, qui déséquilibre le marché.




L'échalote finistérienne : 80 % de la production européenne

« La filière traditionnelle subit de plein fouet la concurrence déloyale des produits de semis. Certaines variétés de semis, commercialisées en tant qu'échalotes, s'avèrent être en réalité des oignons, explique la FDSEA. Depuis plusieurs mois maintenant, des discussions sont en cours et il faudra attendre encore de longs mois avant qu'un consensus ne se dégage entre la France et les Pays-Bas, afin de mieux cadrer les futures inscriptions de produits de semis. Mais en attendant ? Le produit de semis continue sa progression. Le ministère français, pourtant sollicité à de nombreuses occasions, ne semble pas comprendre l'urgence du problème à sa juste valeur », expliquent les producteurs. Le syndicat agricole estime à 10.000 tonnes le volume de semis pour 45.000 à 50.000 tonnes au niveau national d'échalotes contre 4.000 tonnes il y a 5 ans dans un marché national de 40.000 tonnes. Le sujet doit être abordé à la fin du mois par la Commission européenne. À lui seul, le Finistère représente 80 % de la production européenne d'échalotes de tradition. « L'État est très attentif à la conjoncture actuelle du marché de l'échalote de tradition et aux très mauvais résultats économiques de la filière dans le Finistère », a déclaré Jean-Luc Videlaine, préfet du Finistère, dans un communiqué.




« Les discussions vont reprendre »

« L'Union européenne ne dispose pas, à ce jour, de position harmonisée sur la dénomination de produits de semis, précise le préfet. Certaines variétés, notamment néerlandaises, ont ainsi été inscrites au catalogue officiel européen comme « échalotes de semis » alors que la France souligne qu'elles auraient dû être considérées comme des « oignons », à l'image de marque moins valorisée. L'étiquetage obligatoire doit informer lisiblement le consommateur du type d'échalote commercialisé, semis ou tradition, avec également mention du pays d'origine. Les discussions vont reprendre et l'État français a demandé à inscrire le sujet à l'ordre du jour du prochain Comité Permanent des Végétaux de la Commission européenne, prévu à la fin du mois de janvier ».

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