« En mars 2012, j'ai connu de grosses difficultés : Durisotti avait été placé en liquidation judiciaire et j'avais perdu du chiffre d'affaires. Mais heureusement je suis sorti de ce redressement en juillet dernier. Pour une entreprise familiale comme la mienne, le sacrifice pour en arriver là a été grand puisque j'ai dû me séparer de 103 de mes salariés. Toute l'organisation a été repensée, certains ateliers ont été regroupés. C'était le moment de se repositionner.
Un spécialistedu management de crise
Dans ce redressement, j'ai été accompagné par un spécialiste des entreprises en difficultés dans le domaine industriel. Le regard extérieur de Francis Pozas, un professionnel rompu à ces techniques m'a permis de prendre de la distance. Il connaît bien le secteur de l'automobile et a déjà travaillé auprès de trois grands constructeurs automobiles. Durisotti est la 27e entreprise qu'il a aidée à redresser. Je l'ai contacté après huit mois de redressement judiciaire. Son regard m'a permis d'y voir plus clair, nous avons travaillé ensemble de novembre 2012 jusqu'à la sortie de la procédure RJ en juillet. Quand on a la tête dans le guidon, qu'il faut traiter à la fois le côté humain et la production, ce n'est pas évident de trouver une sortie de crise. Avec l'intervention de Francis Pozas, j'ai pu présenter à l'administration et au tribunal un plan de projet en interne qui a été accepté.
103 licenciements
Pour en arriver là, j'ai dû supprimer 103 postes. Il a donc fallu repenser l'organisation de l'entreprise. Certains ateliers ont été rassemblés, c'est le cas de l'atelier de finition en sortie de ligne qui a été supprimé. La finition est maintenant répartie et gérée dans chacun des ateliers en amont. On a demandé plus de polyvalence à nos équipes. La plus grande responsabilité des salariés a permis plus d'encadrement, des circuits plus courts et moins cloisonnés. Prenons l'exemple du contrôle qualité : avant on pouvait entendre des choses comme « ils nettoieront après », aujourd'hui les salariés évitent de salir et gagnent en qualité sur chacun des postes. Depuis ces modifications, on ressent plus de motivation dans nos équipes : avec les changements de poste, certains ont gagné en grade. J'ai aussi entamé un plan de formation diplômante pour 20 à 30 de mes salariés.
Envisagersereinement l'avenir
Aujourd'hui, nos résultats se maintiennent, nous retrouvons du CA et surtout nous avons toujours la confiance des constructeurs : de nouveaux contrats ont été négociés. Le carnet de commandes se porte mieux : il s'étoffe de mois en mois auprès de clients comme les véhicules CRS, Vinci, Peugeot Sport pour les véhicules rallye ou le BTP. Dans ce nouveau plan stratégique, je mise sur un développement de l'activité de transformation d'utilitaires auprès des constructeurs mais aussi sur le renforcement et le développement de certaines lignes de produits comme le froid, le transport pour les personnes à mobilité réduite et la refonte de certaines gammes pour répondre à une demande qui évolue. Durisotti évolue, petit à petit, vers un métier d'équipementier avec des cabines plus approfondies et une sophistication du produit.
Miser sur l'export
J'ai décidé aussi de miser sur la sous-traitance. C'est un marché complémentaire qui débute mais qui est prometteur. Un commercial va bientôt être nommé pour démarcher la France. J'ai des objectifs à atteindre sur l'export avec les marchés européens et du Maghreb, où un contrat de véhicules de gendarmerie marocaine a été passé par exemple. Avec une croissance de 6 à 8 % du CA attendue et l'objectif de monter à 15 % dans les prochaines années. Je vais aussi m'ouvrir à des opérations de croissance externe. La vision dans le temps est de nouveau rassurante. »
DURISOTTI
(Sallaumines)Dirigeant : Jean-François Durisotti251 salariésCA 2012 : 40 M€www.durisotti.com