2009 annus horribilis. C'est le constat fait par les responsables de Dunkerque Promotion, qui tenait son assemblée générale le 17juin. En chiffres, 2009 se traduit par une baisse des projets (-25%) gérés par l'agence de promotion économique dunkerquoise. «Il y a un léger frémissement en 2010, note le directeur Christian Fraud. Mais la gestion d'un projet prend 14mois en moyenne.» En clair, les bonnes nouvelles économiques attendront 2011. «C'est une année économique difficile, a concédé le président Michel Delebarre, aussi député-maire de Dunkerque. Il y a l'arrêt annoncé de la raffinerie. On aimerait qu'un responsable de Total nous explique les actions de réindustrialisation.»
«Le territoire n'est pas mort»
C'est toujours la grogne chez les élus. Pour les responsables de Dunkerque Promotion, il est urgent de rappeler «que le territoire n'est pas mort, martèle le directeur Fraud. Nous sommes toujours à disposition des investisseurs». Du coup, la campagne de publicité «Made in Dunkerque», qui rassemble une cinquantaine d'entreprises devrait se décliner à la radio et dans la presse. Diffusée uniquement en France et pas en Belgique, «compte tenu de la médiatisation des annonces économiques négatives» en 2009.
Pourtant, il y en a des projets sur Dunkerque. L'un des plus prometteurs, c'est la création d'un centre de tests de tubes. Actuellement, l'Europe ne compte que deux sites, à Brest et Edinburgh (Écosse), des centres universitaires qui n'ont pas vocation à répondre à la demande du marché. «C'est la pénurie, assure Christian Fraud. Nous pourrions avoir un transfert de technologie de l'Ifremer Brest.»
Vers une spécialisation ?
Le marché, proche au démarrage du million d'euros, pourrait spécialiser un peu plus Dunkerque sur les pipelines. Et cela quelques mois après l'annonce du contrat des 700km de l'oléoduc du Kazakhstan. Mais il y a un hic: selon des syndicalistes de l'usine Europipe à Grande-Synthe, ce marché pourrait être rapatrié au siège de la société, en Allemagne. «On a bien vu avec l'exemple de BP qu'il y a besoin d'une technicité, rétorque Christian Fraud. En Asie, les concurrents sont moins chers mais la filière française peut retrouver ses lettres de noblesse par la technicité et la qualité.» Un projet qui ne devrait pas avoir en tout cas de problèmes d'aménagement foncier. Près de 200 à 300hectares de terrain, en zone industrialo-portuaire, situés au port Ouest, près de l'A16, vont être déclassés et accessibles aux entreprises. Les parcelles devraient être vendues par lot de 35hectares. Sous réserve, a averti Dominique Naëls, le président de la CCI, «qu'il y ait un bon prix»...
Gabriel Thierry
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