À Dunkerque, Patrick Martin recueille les inquiétudes et plaide l’apaisement
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À Dunkerque, Patrick Martin recueille les inquiétudes et plaide l’apaisement

Toujours mobilisé malgré le report sine die du grand rassemblement patronal initialement prévu le 13 octobre, le président du Medef Patrick Martin a profité de son passage sur la Côte d’Opale pour prendre le pouls de ses adhérents.

Patrick Martin, président du Medef, et Eric Lelieur, président du Medef Côte d’Opale, près de Dunkerque le 8 octobre 2025 — Photo : Julie Dumez

Il est venu s’extraire du "microcosme politico-médiatique hystérique pour se reconnecter au terrain". En visite à Dunkerque, "sur un territoire emblématique de ce que la France sait faire", Patrick Martin vient prendre la température. À l’issue d’une journée de visite sous le signe de l’industrie où il a pu parcourir Aluminium Dunkerque et SNF Flocryl, le président du Medef a rencontré une centaine de chefs d’entreprise locaux.

La morosité s’installe

Si la place Dunkerquoise fait aujourd’hui figure de proue de la réindustrialisation avec la promesse de 20 000 créations d’emplois portés notamment par l’arrivée de deux gigafactories et d’un EPR, il n’en demeure pas moins que "l’inquiétude et la morosité s’installent". Selon Eric Lelieur, président du Medef Côte d’Opale et vice-président de la CCI Littoral Hauts-de-France, "nos entreprises ne fonctionnent pas trop mal, mais quantité de TPE-PME souffrent par manque de lisibilité à court terme". Avec pour conséquences, un report, voire un gel, des investissements et des embauches. Les grands groupes mettent aussi le pied sur le frein. Comme ArcelorMittal Dunkerque qui vient de renoncer à son projet de four à chaux décarboné.

"Le débat est monopolisé par des enjeux de fiscalité alors que la croissance est très faible et que l’emploi se retourne. Redescendez sur terre !"

L’instabilité politique conduit en outre "à une forme d’incompréhension, voire de colère envers nos décideurs", prévient Patrick Martin. Et d’alerter : "Nous avons besoin de visibilité, de stabilité et qu’on nous fasse confiance. Le débat est monopolisé par des enjeux de fiscalité alors que la croissance est très faible et que l’emploi se retourne. Redescendez sur terre !", tonne même le patron des patrons. Ce dernier dénonce "un débat escamoté sur la question des super-riches". Sur l’emploi, il fustige les projets de suspension de la réforme des retraites, "une énorme erreur qui tirerait le pays vers le bas". Tout comme "le rabotage mal calibré des aides à l’apprentissage alors qu’il y a un problème d’emploi des jeunes".

"Tous ceux qui veulent fracturer le pays nous paraissent dangereux"

Autre cheval de bataille évoqué : la simplification. "À chaque jour, de nouvelles complexités, trop de normes qui nous font perdre un temps fou" et qui plombent la compétitivité des entreprises françaises.

Enfin, Patrick Martin ne manque pas de se révolter face au discours anti-économique. "Nous ne sommes pas des voleurs gavés d’aides ! Nous voulons que la France réussisse, recréer de la prospérité dans un message très positif et de cohésion sociale" soutient celui qui appelle plutôt à "un retour au calme" et "à une situation concurrentielle satisfaisante". De quoi aspirer en somme à un apaisement d’urgence, tout en prévenant : "Tous ceux qui veulent fracturer le pays nous paraissent dangereux".

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