C'était la révolution du printemps 2013 : le domaine skiable d'Oz-Vaujany ne renouvelait pas la délégation de service public de la Sata, gestionnaire historique depuis 25 ans du site et de celui de l'Alpe-d'Huez. Les cinq communes (Vaujany, Oz-en-Oisans, Allemond, Villard-Reculas et Bourg-d'Oisans) ont choisi l'option de la Société publique locale (SPL). Claude Gardet, le directeur général, explique que ce statut de « société privé à actionnariat publique permet d'avoir la souplesse commerciale du privé alors que les communes gardent le pouvoir décisionnaire. C'est bien pour une moyenne station comme la nôtre, quand la rentabilité n'est pas l'enjeu. Notre objectif est d'avoir un domaine bien géré, avec des financements pour renouveler le matériel et créer des richesses sur le territoire, en termes d'hébergements, commerces, etc. Un poste en remontée mécanique crée six à sept emplois en station. Nous n'avons pas de marge à deux chiffres, ce n'est pas un site facile, il y a des coûts. Mais le domaine peut tourner par la vente des forfaits et même dégager une légère marge et payer un loyer aux communes. » Les coûts globaux sont de 6 M€, le chiffre d'affaires prévisionnel de ce premier hiver 2013-2014 est de 7 M€. Claude Gardet admet « hériter du savoir-faire de la Sata. Mais le chiffre d'affaires se fait par les lits touristiques, nous sommes des communes de séjours. Il y en a 4.000 sur Oz-en-Oisans et 3.000 sur Vaujany, avec 1.000 supplémentaires dans les trois à quatre ans sur chacune. Les hébergeurs sont là donc le chiffre d'affaires est facile à estimer. À nous de les garder, de ne pas les décevoir. » Sur la période des fêtes de fin d'année, les objectifs ont été atteints avec une « très forte fréquentation ».
Attirer les Grenoblois
Claude Gardet reconnaît que, même si Oz-Vaujany représente 20 % du chiffre d'affaires du grand domaine Alpe-d'Huez, « le gros challenge est de s'entendre avec l'exploitant voisin qui a été évincé... Mais chacun a besoin de l'autre. Les défis cet été ont été lourds à relever, il faut le reconnaître ; tout le monde doutait... Les salariés sont maintenant rassurés, le changement est réussi socialement. Le gros travail qui reste à faire aujourd'hui, c'est la commercialisation locale. » Alors que 50 % de la fréquentation est étrangère, Oz-Vaujany veut se faire connaître sur Grenoble et Lyon comme une alternative à l'Alpe-d'Huez, avec un tarif spécifique, « sans se couper du Grand domaine... C'est un exercice pas facile. » La station a mis en place un nouveau site de vente en ligne et espère passer de 5 % de fréquentation locale à 10 %, devenant un concurrent direct de Chamrousse et des Sept Laux, dans le massif de Belledonne. La SPL est observée par tous les acteurs de la montagne. « Nous avons la possibilité de tout réécrire sur une page blanche. C'est inédit dans le paysage français des exploitations de domaines skiables. »
SPL Oz-Vaujany
(Vaujany - 38) DG : Claude Gardet 8 salariés CA prévi. 2013-2014 : 7 M€ 04 76 11 42 70 www.oz-vaujany.com