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Dolinnov espère lever 5 millions d’euros pour son nouvel antidouleur
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Dolinnov espère lever 5 millions d’euros pour son nouvel antidouleur

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Ayant déjà levé près d’un million d’euros fin 2024, la biotech montpelliéraine Dolinnov cherche à réunir 5 millions d’euros supplémentaires. La start-up développe une nouvelle approche antidouleur unique au monde et souhaite la conduire jusqu’aux essais cliniques.

Dolinnov entend concrétiser l’élaboration de son médicament antidouleur pour le revendre ensuite à un industriel pharmaceutique — Photo : Dolinnov

Promotrice d’une solution antidouleur pour le traitement de douleurs sévères, la biotech Dolinnov a levé 500 000 euros auprès d’un investisseur en décembre 2024, montant quasiment doublé par un soutien de Bpifrance. "Nous recherchons encore quelques business angels sur le premier trimestre 2025, avant d’entamer une série A à hauteur de cinq millions d’euros, auprès de fonds d’investissement spécialisés", annonce Grégoire Serra, qui a cofondé la société en octobre 2024.

Ces financements seront destinés à la réalisation des études précliniques, en particulier des études de toxicité réglementaire indispensables pour obtenir l’autorisation de lancer un premier essai clinique chez l’homme d’ici un an et demi.

Pour lutter contre la douleur, "seulement six molécules sont utilisées aujourd’hui, souvent avec des effets secondaires importants", constate Grégoire Serra, cofondateur de Dolinnov — Photo : LSPhoto Stéphane Morsli.

Une "révolution" dans le traitement de la douleur

Cette solution antidouleur sera destinée aux patients atteints de maladies rares engendrant des douleurs extrêmes et aux patients atteints de neuropathie post-chimiothérapie. "Le domaine de la douleur a été délaissé pendant un moment par l’industrie pharmaceutique. Seulement six molécules sont utilisées aujourd’hui, souvent avec des effets secondaires importants. Pourtant, 20 % de la population française est concernée par des douleurs chroniques", explique Grégoire Serra. "Nous proposons une approche de rupture dans le traitement des douleurs chroniques en ciblant un régulateur du système nerveux périphérique, à l’inverse des antidouleurs classiques. Cette stratégie permet d’éviter certains effets secondaires, notamment l’accoutumance et la dépendance".

Développer pour revendre à un industriel pharmaceutique

Basée à Montpellier, Dolinnov est jeune. Mais comme beaucoup de start-up de la biotech, elle a été créée pour faire aboutir des années de recherche académique. En l’occurrence, elle valorise la découverte de Stéphanie Ventéo, chercheuse à l’Institut des neurosciences de Montpellier (INM - Inserm), qui a identifié en 2014 une protéine impliquée dans la chronicisation de la douleur (FXYD2). La chercheuse s’est associée à Grégoire Serra, alors en poste à l’Inserm Transfert (filiale de valorisation de l’Inserm) et à l’entrepreneur Jean-Philippe Annereau, dirigeant de la biotech Medetia, pour créer Dolinnov.

La start-up développe une modalité de traitement basée sur une technologie antisens oligonucléotide conjugué (L-ASO) qui parvient à inhiber la protéine.

Aujourd’hui, Dolinnov a pour objectif de faire valider ce médicament, en démontrant son efficacité, pour ensuite être revendu à un industriel pharmaceutique autour de la phase 2 des essais cliniques. Celui-ci prendra alors en charge la fin des essais et la commercialisation, un modèle classique dans l’industrie des biotechnologies.

D’autres valorisations envisagées à moyen terme

Même après avoir atteint cet objectif, Dolinnov garde des perspectives, promet Grégoire Serra. "Nous exploitons quatre brevets : un brevet cible (protéine responsable de la douleur), un brevet produit (composé antisens), un brevet sur la technologie de vectorisation, à savoir la conjugaison de l’antisens (L-ASO) et un autre sur la voie d’administration du médicament (voie intraveineuse). Dolinnov a vocation à devenir un des leaders français des technologies antisens oligonucléotides conjugués. Nous allons pouvoir utiliser ces brevets pour traiter d’autres types de douleurs et nous étendre sur d’autres aires thérapeutiques."

Pour 2025, la société prévoit ses premiers recrutements, au moins trois, voire plus si les financements le permettent.

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