De l’aveu même de son PDG Samuel Sancerni, c’est une sécurité bienvenue dans un contexte où "la situation géopolitique mondiale brouille tous les repères". La société DMS (150 salariés, CA 2025 : 50 M€), industriel de la radiologie numérique basé à Gallargues-le-Montueux (Gard), obtient auprès de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) un financement pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros, structuré en 3 tranches : l’entreprise débloque la première pour un montant de 4 millions d’euros et se réserve la possibilité de tirer les 2 autres (pour 6 M€ et 10 M€) plus tard, en fonction de ses besoins de croissance.
Une percée dans l’imagerie interventionnelle
La BEI intervenant ici pour soutenir l’innovation industrielle en santé, DMS flèche ces fonds vers le développement de nouvelles technologies, dans le cadre de son plan stratégique "Imaging 2030". Le premier produit sera un arceau de bloc opératoire : destiné aux radiologues interventionnels, il pourra guider directement un acte thérapeutique par l’image. "Ce financement va nous permettre de finaliser la R & D de l’arceau et de lancer la commercialisation avant 2028 si le nouveau règlement européen applicable aux dispositifs médicaux est allégé. Monté sur bloc mobile, il s’adressera aux salles de première intention (pour les actes de routine, NDLR)", décrit Samuel Sancerni.
Un saut technologique grâce à la robotique
DMS va aussi financer l’invention de "la salle de radiologie 4.0". Connue pour ses tables de radiologie haut de gamme, de type mécanique, l’entreprise veut franchir un cap avec ce nouveau système robotisé : disposant d’éléments robotiques 5 axes, l’appareil sera plus versatile et permettra de faire plus d’examens. Il embarquera aussi de l’intelligence artificielle pour faciliter l’interprétation d’images médicales. "La France manque de personnel paramédical. Ce saut technologique permettra de sécuriser le diagnostic, tout en donnant plus de liberté dans le pilotage de l’examen", commente le PDG, qui évoque un lancement espéré pour 2030 ou 2031.
Le potentiel de la croissance externe
Enfin, si l’enveloppe accordée à DMS ne peut pas financer des acquisitions (pour des raisons réglementaires), elle pourra aider les synergies accompagnant toute croissance externe : implémentation des technologies, extension de la gamme de produits, etc. En effet, DMS regarde, au-delà de son portefeuille de solutions actuel, de nouveaux vecteurs de croissance en Europe : produits complémentaires à son futur système d’imagerie interventionnelle, technologies pour salles d’urgence, etc.
"Dans un marché difficile, certains fabricants sont fragilisés et pourraient être tentés de se consolider avec nous. Nos partenaires institutionnels partagent cette volonté de garder sous contrôle européen les technologies d’imagerie médicale", estime Samuel Sancerni.
Des lancements de court terme
Avant de lancer ces futurs produits, DMS finalise ceux qu’elle a développés ces dernières années. La chaîne de production installée pour son mobile de radiologie motorisé sera inaugurée sous peu. De même, l’autorisation de mise en marché de son mobile non-motorisé est attendue pour l’automne.
Enfin, DMS va commencer le déploiement aux États-Unis de ses tables d’ostéodensitométrie (mesure de la densité osseuse) en fin d’année 2026. Alors qu’elle réalise 10 millions d’euros (sur un CA de 50 millions) sur ce créneau, le marché américain pourrait représenter de 20 à 30 % de cette activité à court terme. Un autre facteur d’accélération à l’export pour DMS, qui vend déjà dans 140 pays via ses distributeurs.