S’affichant en pertes avec seulement 2 produits en portefeuille en 2022, le groupe DMS (150 salariés), basé à Gallargues-le-Montueux (Gard) près de Nîmes, réussit un spectaculaire redressement depuis trois ans. L’expert de l’imagerie médicale numérique, connu entre autres pour ses tables de radiologie, a bouclé un chiffre d’affaires 2024 de 46,1 millions d’euros (Ebitda : 6 %), et dispose désormais de 5 produits à divers stades de développement. Fort de cette santé retrouvée, DMS accueille de nouveaux actionnaires pour ouvrir un autre cycle de croissance : le groupe taïwanais Innolux, acteur mondial des technologies d’affichage et d’électronique, et sa filiale InnoCare Optoelectronics, ainsi que Bpifrance et le fonds NextStage AM (soit 21,7 % du capital à eux quatre).
Une nouvelle force de production
Ce nouveau tour de table permet à DMS d’injecter 7 millions d’euros dans ces projets de développement. Après l’inauguration de son usine de 5 500 m2, en 2022, le groupe finalise actuellement l’installation d’une nouvelle ligne de production pour le système mobile d’imagerie motorisé conçu par Solutions for Tomorrow, société suédoise acquise en 2023. "Les premières machines en sortiront au premier semestre 2026, s’ajoutant à la production en Suède", annonce Samuel Sancerni, PDG du groupe DMS.
Faciliter la gestion des patients
L’entreprise gardoise a déjà finalisé un autre mobile d’imagerie, non motorisé celui-ci, en attente d’une autorisation administrative de mise sur le marché, espérée d’ici novembre 2025. Créé pour les petites unités médicales, il permet d’amener un système d’imagerie vers les patients, et non l’inverse, évitant ainsi de les mélanger entre eux dans un service de radiologie. DMS prévoit d’en écouler 10 exemplaires en 2026, puis de 20 à 30 l’année suivante. "Nous destinons ce modèle à l’Europe, et le modèle motorisé aux États-Unis, en raison de la grande taille des hôpitaux américains", précise le dirigeant.
Un fort tropisme international
Par ailleurs, DMS veut aussi progresser sur le marché des tables d’ostéodensitométrie (mesure de la densité osseuse) : depuis 2022, sa production sur ce créneau est passée de 100 à 450 machines par an. Les investissements en cours lui permettront de fabriquer, en 2026, une version optimisée de la table actuelle, qui sera elle aussi destinée en priorité aux États-Unis (40 % du marché mondial de l’ostéodensitométrie à eux seuls). Globalement, DMS réalise 94 % de son activité à l’export, assurant de 5 000 à 6 000 expéditions par an. "La culture internationale de DMS est forte, avec 14 nationalités représentées dans nos effectifs, de sorte à couvrir tous les continents", souligne le PDG.
Des munitions pour la R & D
Enfin, DMS peut déclencher le financement pour les programmes de R&D autour de 2 autres produits programmés à l’horizon 2027. L’un d’eux sera un nouveau mobile de radiologie motorisé, "avec des équipements avancés". L’autre sera un arceau de bloc opératoire innovant, "qui devrait être suivi, à plus long terme, par un système pour les salles os-poumons", se projette Samuel Sancerni.
En hausse ces dernières années, le budget R & D se stabilise désormais à 4 millions d’euros par an. Mais avec l’arrivée de nouveaux actionnaires, DMS dispose encore de belles marges de manœuvre : aux 7 millions d’euros immédiatement disponibles pourraient s’ajouter 8 millions injectés par Innolux en deux tranches, et 8 millions de plus versés par Bpifrance en liaison avec cette troisième tranche. À DMS de tenir ses engagements, qui s’élèvent à 70 millions de chiffre d’affaires prévisionnel en 2027.