Bonne nouvelle pour les usines tricolores d’Alstom. La compagnie ferroviaire Proxima vient de commander au groupe industriel français 12 trains à grande vitesse Avelia Horizon, pour un montant de 850 millions d’euros. Dix des seize sites hexagonaux d’Alstom vont bénéficier de ce contrat, dont les premières livraisons sont attendues en 2028.
Dix usines françaises d’Alstom concernées
L’usine de La Rochelle (Charente-Maritime) va assurer la gestion du projet et fabriquer les voitures passagers, celle de Belfort va produire les motrices tandis que le site de Villeurbanne (Rhône) réalisera le système informatique de contrôle-commande, le système d’information voyageurs et les équipements embarqués.
Les moteurs, quant à eux, proviendront d’Ornans (Doubs), les bogies du Creusot (Saône-et-Loire), la traction et les armoires électriques de Tarbes (Hautes-Pyrénées), les circuits électriques de Toulouse (Haute-Garonne), les transformateurs de Petit-Quevilly (Seine-Maritime), le design et la signalisation de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et les intérieurs de Valenciennes (Nord).
Employant 85 000 salariés dans le monde et ayant réalisé 17 milliards d’euros de chiffres d’affaires sur son dernier exercice, le groupe Alstom présente un carnet de commandes de 92 milliards d’euros, comportant des livraisons de rames de métro ou encore de trains.
Un contrat de maintenance pour Liséa près de Bordeaux
Le contrat inclut 15 années de maintenance, dans un atelier de Liséa, qui sera situé à Marcheprime (Gironde), près de Bordeaux. Détenue par Vinci (33,4 % des parts), la Caisse des Dépôts (25,4 %), Meridiam (24,4 %) et Ardian (16,8 %), cette société exploite la concession de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique Tours-Bordeaux. Elle s’apprête à construire, sur un terrain de 18 hectares, un atelier qui assurera la maintenance, le nettoyage et le stockage des trains. Sa mise en route doit générer la création d’une centaine d’emplois.
Proxima, un nouveau concurrent pour la SNCF
Pour financer cette commande, Proxima a annoncé avoir levé 1 milliard d’euros auprès d’Antin Infrastructure Partners au début de l’été. Cette jeune compagnie ferroviaire, qui commande à Alstom ses premiers trains, a été créée par Rachel Picard (ex DG de Voyages SNCF) et Tim Jackson (ex RATP Dev).
Elle compte concurrencer la SNCF avec des trains de dernière génération. Capables de circuler à plus de 300 kilomètres heure, les trains à double niveau seront utilisés pour desservir Bordeaux, Nantes, Rennes, Angers et Paris pour des trajets de 2 heures ou moins.
La fin du monopole de la SNCF a ouvert le marché du transport ferroviaire de voyageurs. Plusieurs start-up tentent de s’immiscer sur ce marché, avec des fortunes diverses. Si la start-up parisienne Kevin Speed compte faire rouler ses premiers trains en 2028, la société coopérative Railcoop, basée à Figeac (Lot), a été placée en liquidation judiciaire au printemps dernier.