Lancé officiellement le 17 septembre 2013 par Jean-Pierre Masseret, président de la région Lorraine, et Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre, le Pacte Lorraine devait mobiliser 300 millions d'euros d'investissements pour générer 1,6 milliard d'euros supplémentaires, par effet de levier. L'objectif ? La création de 16.000 emplois, et la "recherche de nouvelles gammes de produits différenciants" ou encore "développer de nouveaux marchés".
Dans une contribution rendue publique le 27 novembre, le Conseil économique, social et environnemental de Lorraine (CESEL) estime que l'année 2014 a été "conforme aux attentes" : 266 demandes enregistrées, près de 50 M€ engagés par la région Lorraine, près de 44 M€ du côté de l'Etat.
En 2015, le bilan est bien différent : le CESEL note que cette année a été celle de "l'essoufflement". En matière d'emplois, les chiffres montrent l'ampleur entre ce qui avait été annoncé et la réalité. Les projets "Pacte" en 2014 ont permis de créer 2.136 emplois, contre 961 créations et 1.519 maintiens en 2015. Des chiffres bien loin des 16.000 créations attendues. En terme de projets, seuls 97 ont été présentés devant le Secrétariat permanent, l'organe censé enregistrer tous les projets candidats au financement "Pacte". Problème : le Conseil régional de Lorraine a voté des aides pour 186 projets. En terme de financement, la Région a engagé 31,3 M€ et l'Etat 21,4 M€.
En guise de conclusion, le CESEL note que "le Pacte Lorraine représente 145,7 M€ d’aides pour soutenir 353 projets qui représentent 385,7 M€ de coût direct. L’effet de levier du Pacte Lorraine est donc de 1 pour 2,6. Ce taux reste faible, en raison notamment de nombreux dossiers qui relèvent de plans d’actions et non d’investissements. En effet, sur les 353 dossiers financés au titre du Pacte Lorraine, seuls 78 concernent des investissements industriels."
Loin de vouloir enterrer ce Pacte déjà bien malade, le CESEL propose quelques pistes : réassurer la gouvernance ; établir un bilan qualitatif et quantitatif appronfondi ; maintenir les comités de suivi. Noyé dans la future Grande Région, lesté d'un bilan peu flatteur, le Pacte Lorraine aura certainement toutes les peines du monde a terminé dignement son existence.