Des rois nains qui se voyaient maîtres du monde

Des rois nains qui se voyaient maîtres du monde

Et si l’élection régionale à venir n’était finalement que le symbole de la décrépitude de nos institutions et de celles et ceux qui les animent ? Bien loin des promesses d’une réforme territoriale qui devait moderniser notre France et donner un véritable coup de fouet à la décentralisation. Souvenez-vous. À entendre François Hollande et Manuel Valls, en passant de 22 à 13 régions, on allait voir ce qu’on allait voir ! Les Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Catalogne et autres Lombardie n’avaient qu’à bien se tenir. Elles allaient voir fondre sur elles des territoires neufs, agiles, puissants, forts économiquement et budgétairement vertueux. Des territoires français tellement attractifs qu’ils allaient forcément convaincre les plus grands groupes mondiaux de venir s’installer chez eux. Sans préjuger de ce qu’il adviendra dans les prochaines années, on peut avoir quelques doutes. Selon un récent rapport de Standard & Poor’s, si les budgets des nouvelles régions françaises vont bien doubler comparés aux finances d’avant-réforme (une moyenne de 2 milliards d’euros), ils resteront 10 à 30 fois inférieurs à ceux de leurs homologues européennes. Difficiles dans ces conditions d’être attractifs. De quoi dégonfler l’ego de certains candidats qui se voient déjà maîtres du monde alors qu’ils régneront dans les faits sur des royaumes nains. Une perspective qui ne semble toutefois pas émousser leur énergie. La campagne bat son plein et les candidats sont dans les starting-blocks. C’est toujours bon à prendre pour notre démocratie. On peut néanmoins regretter une campagne qui semble oublier les débats autour de l’entreprise, alors que la réforme était justement censée renforcer la compétence économique des Régions. Avec des candidats semblant parfois plus intéressés par la place du FN et les alliances entre partis. Reste désormais à espérer que cette réforme de nos Régions soit simplement une étape avant la vraie révolution qui fera alors de nos territoires français de véritables compétiteurs face à leurs homologues européens.