Trente-quatre industriels basques associés pour un meilleur recyclage de leurs déchets plastiques : le projet Iparla, présenté comme inédit par l’association de professionnels Pays basque Industries (PBI), a pour ambition de recycler une partie des 350 tonnes de déchets de plastique produits chaque année sur le territoire, leur évitant ainsi l’enfouissement ou l’incinération.
Grouper les collectes pour les petites et moyennes industries
D’un côté, Iparla doit permettre à des acteurs industriels de petites et moyennes tailles qui produisent chacun de petites quantités de déchets de s’associer pour une collecte commune. Car "à moins de 10 à 15 tonnes par gisement", les solutions de collecte n’existent pas, explique Thibault Hourquebie, délégué général de PBI, qui a établi une cartographie locale des déchets.
Par ailleurs, l’expérimentation Iparla lancée en mars pour deux ans développe un second volet, celui de boucles circulaires de réemploi de plastiques. Ainsi, la société EBL Polyester à Mauléon-Licharre (15 salariés, 1,8 M€ de CA) fabrique par exemple des pièces de verrouillages pour des composteurs avec du plastique recyclé, à la demande de la PME Agec basée à Lahonce (9 salariés, 4,2 M€ en 2022), spécialisée dans l’équipement de déchetteries.
Plusieurs dizaines de tonnes visées
De la même façon, le fabricant de mobilier de bureau Sokoa à Hendaye (260 salariés, 116 M€ de CA) s’est associé au plasturgiste Somocap à Jatxou (52 salariés, 5,6 M€ en 2022) qui fabrique une pièce en plastique recyclé issu des déchets d’emballages de la société de circuits électroniques BMS Circuits à Monguerre (240 salariés, 154 M€ de CA). Chez Sokoa, la première étape a été de faire "revenir la production de cette petite pièce de Chine à Jatxou", explique Timothée Achéritogaray, directeur général de l’entreprise basque, avant de viser la fabrication de pièces beaucoup plus techniques.
"On est sur une phase d’essai, on ne va pas traiter tout le plastique du Pays basque d’un seul coup, mais avec des pièces plus importantes, à terme, on pourra espérer plusieurs dizaines de tonnes", ajoute Thibault Hourquebie.
Selon le Secrétariat général à la planification écologique, sur les 1,3 million de tonnes de plastiques industriels produits en France en 2021, un peu plus de 22 % ont été recyclés, à l’image de l’ensemble des emballages en plastique, loin de l’objectif de 50 % fixé par l’Union européenne à ses États membres pour l’an prochain.
Recycler en local
Le projet basque, encore dans sa phase d’essai, doit faire ses preuves d’ici 2026. "Nous sommes prêts à y consacrer du temps et des moyens sans savoir si on aura des résultats, mais on pense que ça doit faire partie de la solution", insiste Timothée Achéritogaray.
Le plasturgiste local Somocap, engagé depuis les prémices du projet, veut "aller plus loin" dans la logique de "montée des enjeux RSE". "L’objectif est de pouvoir recycler en local de plus en plus de déchets, afin d’éviter qu’ils ne traversent toute la France ou l’Europe", affirme sa dirigeante Stéphanie Sorhouet.
Reste que le coût du recyclage, toujours supérieur à celui de l’enfouissement ou de l’incinération, est encore un frein. "Si votre produit est 30 % plus cher, ça ne marchera pas, alors il faudra peut-être poser des contraintes ou inciter les entreprises avec des crédits d’impôt. Je pense que c’est une des clés pour que le sujet prenne d’autres proportions", ajoute Stéphanie Sorhouet.