Présenté par l’association Pays Basque Industries au mois de septembre dernier, le projet Iparla, a pris une nouvelle tournure avec la signature officielle, le 5 juin 2025, d’un partenariat financier avec l’Ademe.
L’organisme apportera une aide de 170 000 euros au groupement d’industriels basques, correspondant à la moitié du montant total de 380 000 euros de ce projet collaboratif visant à trouver des solutions locales de revalorisation des déchets plastiques industriels. Emmanuel Béjanin, le directeur régional délégué de l’Ademe Nouvelle Aquitaine, a été convaincu par l’aspect collaboratif de la démarche, l’ancrage territorial grâce à la création "d’une boucle fermée et de proximité, créatrice de valeur sur le territoire" et surtout le besoin de trouver des solutions de revalorisation de la matière plastique. "On estime qu’en France, 23 % du plastique donne lieu à une revalorisation matière. C’est trop faible", a rappelé le représentant de l’Ademe.
De premiers essais en cours
La première phase d’études et d’essais qui devrait durer environ trois ans comprend deux volets. Le premier vise à cartographier et identifier les gisements de plastique chez les industriels du Pays basque. Depuis le mois de septembre dernier, le volume de déchets cartographiés est passé de 400 à 800 tonnes (chutes de productions, emballages de composants, films plastiques de colisage…). Le second volet "économie circulaire" implique quatre industriels basques pour des essais de production de pièces à partir de ce plastique recyclé : un support de poire pour chaise, fabriqué par Somocap à la demande de l’entreprise Sokoa et des pièces de verrouillage (boutons de fermeture et charnières) pour des composteurs, fabriquées par EBL Polyester à la demande d’Agec.
Chez Somocap, une centaine de pièces recyclées ont été fabriquées, "mais les premiers déchets testés ne permettaient pas de répondre à toutes les contraintes techniques de Sokoa", explique Stéphanie Sorhouet, responsable commerciale et marketing de Somocap. De nouveaux essais ont été lancés au mois de juin à partir des chutes de plastique de nouvelles entreprises : Dassault (Anglet) et JBT Boursier (Cambo-les-Bains). "L’objectif, c’est d’avoir des pièces à 100 % en plastique recyclé, ce qui nécessite de qualifier les matières premières entrantes", ajoute Jean-Marc Bongiovanni, le directeur du développement d’EBL Polyester. Pour la seconde boucle entre EBL Polyester et Agec, les premiers essais vont prochainement démarrer.