L’éco-organisme national Twiice, chargé de structurer la filière de recyclage des emballages professionnels en plastique, a inauguré mi-novembre à Gouesnou près de Brest (Finistère), sa première presse mobile montée sur camion. Objectif : collecter et compacter les emballages en polystyrène expansé directement chez les professionnels. Ces contenants, "volumineux et légers, utilisés en caisses marée, pour le calage de l’électroménager ou le transport de fenêtres", détaille Benoît Le Dreff, responsable des opérations. "L’idée, c’est d’aller chercher les petits volumes auprès des criées, mareyeurs, poissonniers ou artisans. Ceux qui ne disposent pas de suffisamment de matière pour installer une presse fixe sur leur site."
Des expérimentations avec des industriels locaux
Interrogé sur le coût global de l’initiative, Twiice reste discret. On sait néanmoins que l’Alliance to End Plastic Waste, organisation internationale engagée contre la pollution plastique, finance le projet à hauteur de 170 000 à 200 000 euros. Le camion opérera dans tout le Finistère, au plus près des producteurs de déchets. Plusieurs partenaires soutiennent l’expérimentation : le groupe brestois Tribord (gestion des déchets dans le Grand Ouest), le parisien Valorplast (spécialiste de la reprise et du recyclage des emballages ménagers plastiques), ou encore la coopérative d’achat E. Leclerc-Scarmor. Cette dernière garantit un volume minimal issu de 23 supermarchés du département. En l’absence de solution de valorisation adaptée, la plupart des emballages en polystyrène partent aujourd’hui vers l’incinération ou l’enfouissement. "Notre ambition est d’éviter ces traitements inadéquats", insiste Benoît Le Dreff.
Une seconde vie dans le BTP
Une fois compactée puis recyclée, la matière trouve principalement preneur dans le secteur du BTP, "pour l’isolation thermique par l’extérieur", poursuit-il. L’année de test doit permettre à Twiice d’évaluer la performance économique et environnementale du dispositif, mais aussi d’identifier d’éventuels freins à son déploiement plus large. L’objectif annoncé est de traiter une centaine de tonnes de polystyrène (110-120 tonnes) dès cette première année. À l’échelle nationale, la filière pèse 55 000 à 60 000 tonnes par an, avec un taux de recyclage encore limité, autour de 35 à 50 % selon Twiice. Si l’expérimentation s’avère concluante, l’éco-organisme envisage une montée en puissance, avec une extension possible du dispositif à d’autres départements, voire à l’international.
En cinq ans d’existence, Twiice (9 salariés, 30 entreprises partenaires) revendique trente projets pilote de réemploi et de recyclage à travers toute la France.