En fin d’année 2024, Groupe Mène a ajouté une nouvelle PME dans son giron, un rachat signé le 24 décembre. Le groupe lavallois s’appuie déjà sur trois ateliers de mécanique de précision et une entreprise de traitement de surface. Désormais, il a aussi un pied en Loire-Atlantique avec CSDL (Chaudronnerie Soudure Denis Laurent), qui va lui apporter de nouveaux savoir-faire.
Avec son équipe de dix salariés, l’entreprise de Soudan près de Châteaubriant portera à 80 personnes les effectifs de Groupe Mène. Avec cette nouvelle structure, le chiffre d’affaires du groupe pourrait dépasser les dix millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, contre 8,5 millions d’euros en 2024, sous réserve de la dynamique économique des différents marchés.
Diversifier le portefeuille
"Ce rachat ne vise pas à alimenter nos autres sites, l’idée étant d’abord d’avoir de nouvelles cordes à notre arc. Je crois beaucoup à la sécurisation des activités par la diversification, commente le dirigeant du groupe, Yoann Mène. Sur chacun de nos sites, gérés de manière indépendante, nous appliquons une stratégie pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Si un secteur se porte moins bien, nous pouvons nous recentrer sur d’autres clients. C’est vrai pour chaque site, mais aussi pour l’ensemble du groupe."
Un atelier moderne
CSDL opère dans la chaudronnerie et la soudure. L’atelier conçoit et fabrique des pièces pour l’industrie et gère également la maintenance liée à ces pièces. L’atelier compte, parmi ses 200 clients, beaucoup de carrières et de fonderies, et travaille aussi pour des secteurs de l’industrie comme l’agroalimentaire ou encore pour le machinisme agricole. L’entreprise créée en 2007 par Denis Laurent (qui a aujourd’hui décidé de se réorienter) a déménagé d’Erbray à Soudan en 2019 pour disposer d’un bâtiment neuf de 1 700 m2 dont 1 500 m2 d’atelier. En conséquence, les effectifs et le chiffre d’affaires ont doublé. Le résultat net en 2023 était de 163 000 euros.
Un nouveau secteur touché
Dans ses nouveaux locaux, CSDL s’est lancé dans la construction de bateaux en coque inox. À la chaudronnerie et la soudure industrielles, s’est ainsi ajoutée depuis quelques années la chaudronnerie navale. "C’est de la réparation, de l’amélioration et de la création. Actuellement, une coque de 18 mètres de long et 9 mètres de large est en cours de construction dans l’atelier. Les clients sont des particuliers ou des petites structures professionnelles. Nous allons essayer de maintenir cette activité qui est nouvelle pour nous", explique Yoann Mène.
Cent ans de proximité
Le groupe dispose d’ateliers de mécanique de précision pour servir des clients en majorité à proximité des sites. C’est l’ADN du groupe de la famille Mène, aux commandes depuis 1926. "Le fait qu’on soit situé au même endroit depuis cent ans fait que nous travaillons beaucoup avec les acteurs locaux, avec environ 150 clients chez Mène", glisse le chef d’entreprise. Il s’agit historiquement de Cuma, entreprises de TP et mécaniciens-concessionnaires agricoles, et d’industriels locaux de l’agroalimentaire, de l’électronique, du secteur automobile et de pièces métalliques.
Une acquisition charnière
À Bonchamp-lès-Laval, où il siège dans l’agglomération lavalloise, le groupe dispose d’un atelier, Mène Bonchamp, avec un parc de 25 machines et d’une entreprise de traitement de surfaces des métaux, Galvanoplastie. Ce sont ses deux principales entités, employant chacune entre 28 et 30 personnes et réalisant respectivement autour de 3,5 millions et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. "En 2023, Mène Bonchamp a enregistré son plus gros chiffre d’affaires, de plus de 4 millions d’euros, et en 2024, c’est Galvanoplastie qui a réalisé un record avec 3,2 millions d’euros de chiffre d’affaires", précise Yoann Mène.
Des interventions spécifiques
Dans le sud du département, avec Mène Renazé, et en Sarthe, à La Flèche avec Action Mécanique, Groupe Mène détient deux ateliers de cinq salariés spécialisés dans l’usinage. Le groupe réalise des pièces de toutes tailles à l’unité, en petites séries ou en prototypage. Ses équipes travaillent de multiples matières : l’acier, l’inox, l’aluminium, le bronze, le plastique, etc.
"Dans 90 % des cas, le client fournit les plans et notre dessinateur industriel refait des adaptations pour recréer des pièces cassées, par exemple. Nous faisons beaucoup de la refonte de pièces à changer ou du rétrofit de lignes de production. Nous nous adaptons autant que possible aux clients", assure le dirigeant.
Assumer une grande réactivité
Le groupe ne dispose pas de service commercial. "Pour une entreprise comme la nôtre, le premier travail commercial est de satisfaire les clients existants", poursuit Yoann Mène. "Nous sommes très agiles, afin de garantir la plus grande réactivité à nos clients. Et nous acceptons pour cela d’avoir une activité fluctuante. Notre visibilité va de quelques jours chez Galvanoplastie à quelques semaines dans nos ateliers, en fonction des commandes et de la dynamique économique. Depuis le dernier trimestre 2024, la crise du secteur automobile mais aussi celle du monde agricole fait que nous avons moins de demandes." Galvanoplastie est également touché par le ralentissement de l’activité du constructeur nautique vendéen Bénéteau. "Nous traitons les balcons et chandeliers de ses bateaux, en grande partie en inox, précise Yoann Mène. Sur ce type de produits, nous pourrons peut-être trouver des synergies en interne avec CSDL."