Demeyère : L'as du meuble en kit veut sa 7e usine au Nord
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Demeyère : L'as du meuble en kit veut sa 7e usine au Nord

À Bousbecque, la société Meubles Demeyère est en passe de racheter l'ancienne usine textile Beaulieu pour y créer, d'ici à 2012, un nouveau site industriel, son 7een France. À la clé: 150emplois et 40 à 45M€ investis par le groupe lillois centenaire qui veut doubler à 5ans son chiffre d'affaires, tiré par l'export.

Une demi-douzaine de sites industriels en France ne suffit plus aux Meubles Demeyère. «Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est de la capacité», confie Bernard Demeyère, petit-fils du fondateur de l'enseigne centenaire depuis 2009. Une nouvelle usine de production va donc voir le jour. Il est prêt à lâcher 40 à 45M€. Et l'entrepreneur de calculer avoir investi plus de 300M€ ces trente dernières années. Pour son nouveau projet, Bernard Demeyère a retenu Bousbecque où il s'apprête à reprendre l'usine du groupe textile belge Beaulieu, fermée l'année dernière. Le terrain s'étend sur 150.000m² dont 30.000m² bâtis. «Tous nos sites ont une réserve foncière mais nous avons tendance à les spécialiser», explique le P-dg dans son vaste bureau-salon de Pérenchies, site axé sur le petit mobilier et les meubles encombrants, voués à être intégrés à la future usine.




10millions de meubles produits par an

Pour continuer à produire dans l'Hexagone, le groupe nordiste mise sur un process très industrialisé, la maîtrise de la chaîne logistique et les volumes: 7millions de meubles en 2008, près de 10millions cette année. Son rayon: le meuble en kit, d'entrée de gamme. Ses clients s'appellent Conforama, But, Alinéa, Castorama, La Redoute et même Ikea. Avec Bousbecque, la production quotidienne passera de 30.000 à 40.000meubles. Bernard Demeyère avoue qu'on lui fait «un pont d'or» dans certains pays de l'Est comme la Pologne. Jusqu'à présent, le P-dg résiste et espère être soutenu par les pouvoirs publics français.




476efortune made in France Chaque jour, Demeyère prouve que produire dans l'Hexagone reste possible. «Nous allons mettre en avant le plus possible le made in France», prévient l'héritier nordiste de 62ans, épaulé par deux frères. La famille est classée 476efortune du pays selon le magazine Challenges. Également dans l'affaire, son fils de 35ans est basé à Singapour. Présent en Asie depuis 33ans, Demeyère y complète sa gamme avec des produits locaux. Il achète, par exemple, les chaises assorties aux tables qu'il fabrique.

Croissance externe aussi Bernard Demeyère veut poursuivre également sa politique de croissance externe, en fonction des opportunités. Il y a 3ans, il a ainsi acquis la société Domoform, en liquidation à Nersac (Charente). Devenue FIMK, tout simplement pour Fabrication industrielle de meubles en kit, cette unité spécialisée en éléments de cuisine emploie 150personnes à ce jour. Au moment du rachat, Demeyère avait repris 85 des 130salariés du site, avec la promesse de retrouver le niveau initial sous 2ans. Pari relevé et même dépassé. La prochaine cible, vraisemblablement pour 2011, est identifiée selon Bernard Demeyère. Tout juste sait-on que le capitaine d'industrie s'intéresse aux innovations dans le montage de meubles. Dans son showroom de Pérenchies, certains bureaux n'ont déjà plus de chevilles ni de vis, encore moins de clous.

Devenir le nº2 européen Avec près d'un millier de salariés, Demeyère a déjà une certaine taille mais se prépare à changer de dimension. Bernard Demeyère veut devenir le nº2 européen de son secteur. Il est aujourd'hui dans le top5. Avec son futur site industriel, Demeyère espère atteindre le niveau de son principal concurrent danois, sur le marché spécifique du meuble d'entrée de gamme. Il s'appelle Tvilum: un groupement d'entreprises racheté par un fonds américain. Bernard Demeyère s'est fixé un objectif: doubler son chiffre d'affaires d'ici à 5ans. En 30ans, il a déjà été multiplié par vingt. Cette année, le roi du meuble en kit devrait terminer à 200M€, contre 190M€ en 2009. La moitié est réalisée à l'export, en Europe à 80%; le reste dans 90pays. C'est l'international qui tire l'activité de Demeyère dont la moitié des sites industriels sont des plateformes logistiques permettant «l'éclatement» des marchandises dans toute l'Europe. Son autre force.

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