Au mois d'avril dernier, le nouveau système d'information comptable et financier de l'État, baptisé Chorus, a entraîné bien des problèmes, notamment pour les entreprises qui travaillent avec la Défense. Entré dans sa phase de mise en service avec plus de quatre mois de retard, le logiciel Chorus a provoqué «des centaines de factures impayées et des retards aussi honteux qu'inadmissibles en période de crise et laissant quantité d'entreprises à la trésorerie exsangue au bord du gouffre», selon les mots de la fédération du BTP du Var.
5 Mds d'euros en retard
Au mois de juin, la Cour des comptes a estimé que le montant total des factures non acquittées s'élevait à 5milliards d'euros, tous ministères confondus. Dans le Var, où le militaire tient son importance, inutile de dire que nombre d'entrepreneurs ont été concernés, et notamment ceux du BTP, puisque le service d'infrastructure de la Défense du Sud-Est commande en moyenne 100M€ de travaux annuels. Et, lorsque les premières entreprises sont montées au créneau pour exprimer leur mécontentement, le Sid Sud-Est avait alors 1.500 factures en souffrance à traiter. «Nous avons fait notre maximum pour que les entreprises soient payées rapidement. Nous avons aussi mis en place des procédures de paiement accélérées pour les entreprises en difficulté», raconte Jean-Pierre Cordier, directeur régional du Sid Sud-Est. Et au mois de juin, la Défense prenait l'engagement de faire tout son possible pour résorber le problème avant la fin de l'été.
Vers un retour à la normale
Alors qu'en est-il aujourd'hui dans le Var? Certaines entreprises du BTP ont touché leurs premiers règlements. Dans le meilleur des cas, elles ont même récupéré la totalité de leurs créances. Au Sid Sud-Est, «nous sommes en bonne voie pour retrouver très prochainement un rythme normal», confie Jean-Pierre Cordier. Mais pour d'autres entrepreneurs, des paiements sont toujours en attente car les embouteillages se sont reportés auprès de la trésorerie générale des Landes, au sein de laquelle ont été regroupés tous les dossiers relatifs à l'immobilier de la Défense. Et, dans ce cas, les entreprises sont contraintes à la patience: «La direction des travaux maritimes a travaillé avec nous sur la base d'un bon partenariat et a toujours privilégié les entreprises les plus fragiles. Mais, lorsque le problème s'est déplacé vers Mont-de-Marsan, il était alors extrêmement difficile d'identifier des interlocuteurs», témoigne la fédération du BTP du Var. Quant aux intérêts moratoires dûs en cas de retard de paiement de l'État, ils ont eux aussi du retard, mais «ils seront payés, l'État y est tenu par la loi», certifie Jean-Pierre Cordier.
En avril2010, l'État et en particulier la Défense se retrouvaient sur le banc des accusés. En cause: le nouveau progiciel comptable et financier Chorus, dont le retard à l'allumage a provoqué un engorgement dans les circuits de paiement de la Défense. Résultat: des entrepreneurs en difficulté et en colère. Alors que la Défense avait pris l'engagement de résorber ces problèmes avant la fin de l'été, retour sur ce feuilleton, qui selon les entreprises varoises du BTP est engagé sur la bonne voie mais n'est pas encore totalement terminé.
Dossier réalisé par Hélène Lascols